Vu d’Europe : L’émigration en Russie ne cesse d’augmenter
Une baisse de 1,1 % a été enregistrée la semaine dernière, portant le taux d’approbation à 65,5 %. Selon l’analyste politique Ilya Graschenkov, il est peu probable que les autorités renoncent à leur contrôle sur la société.
Une baisse de 1,1 % a été constatée la semaine dernière, ce qui ramène le taux d’approbation à 65,5 %. Ce chiffre est le plus bas depuis 2022, avant même l’invasion de l’Ukraine. En février 2026, la popularité de Vladimir Poutine s’élevait encore à 74 %.
Des éléments autres que les critiques habituelles proviennent même de ceux qui soutiennent le chef du Kremlin. Le blogueur pro-guerre Ilya Remeslo, connu pour dénoncer les opposants au régime, a surpris l’opinion publique en demandant l’arrestation de Poutine. De manière inattendue, l’influenceuse Viktorija Bonjová est devenue la figure emblématique des manifestations, suscitant de vives réactions dans son pays après avoir déclaré à Poutine qu’il était déconnecté de la réalité et qu’il ne comprenait pas les véritables problèmes de la Russie, allant des inondations au Daghestan jusqu’à l’abattage du bétail en Sibérie.
Par ailleurs, plusieurs hommes d’affaires et banquiers ont fait part de leurs préoccupations au chef du Kremlin, suggérant un assouplissement du contrôle sur Internet, fortement pénalisant un secteur déjà affecté par les hausses d’impôts et le ralentissement économique, selon des sources de Reuters au Moscow Times. De plus, des sources proches du Kremlin cités par Bloomberg indiquent que, face au mécontentement de la société, les autorités pourraient lever certaines restrictions sur Internet et même permettre à l’application de messagerie Telegram, qui compte environ 100 millions d’utilisateurs en Russie au début de l’année, de continuer à fonctionner. Cependant, le blocage de Telegram continue pour l’instant.
L’analyste politique Ilya Graschenkov estime qu’il est peu probable que les autorités abandonnent leur contrôle sur la société, mais qu’elles chercheront à rendre les restrictions moins pénibles au quotidien. Il avance : « Elles rechercheront un équilibre entre sécurité et mécontentement, entre inertie répressive et nécessité de préserver le moral de la société. »
La situation actuelle pousse néanmoins certains résidents à envisager l’émigration. René Andrejs explique que « de nombreux Russes, qui ne sont pas indifférents au sort de leur pays, considèrent l’émigration comme un dernier recours – ils ne quittent le pays que s’ils sont confrontés à une menace directe ou si leurs proches risquent d’être mis en danger. » Il y a également un groupe notable pour qui la motivation principale à quitter le pays est de préserver leur niveau de vie et de vivre en sécurité.
Concernant les vagues d’émigration, la Russie a connu cinq d’entre elles depuis la révolution d’octobre 1917, la dernière étant liée à l’agression russe en Ukraine. Selon Andréjs, un parallèle s’impose ; « on observe un nouvel exode de personnes instruites et hautement qualifiées, ainsi que de figures démocratiques de la représentation politique russe. » Il souligne également que l’expérience de travail en ligne et à distance a profondément influencé cette vague d’émigration, mentionnant que « de nombreux Russes vivant en exil travaillent encore pour des entreprises russes. »
La plupart des émigrés des vagues précédentes nourrissaient un fort désir de retourner au pays, mais cela s’est souvent avéré impossible. Andréjs observe : « D’après mon expérience, la plupart des Russes considèrent toujours l’émigration comme une solution temporaire. »
Une émigrante, Dmitry, qui a quitté la Russie il y a quatre ans, a déclaré : « Nous avons pris une décision importante : les enfants ont commencé à aller au jardin d’enfants et à l’école en Arménie, et nous les avons choisis avec soin. Nous voulons qu’ils soient en sécurité. »
*Un article écrit par Klara Machkova, publié le 27 avril à 10h32.

