Belgique

Traitement des images d’amateurs à la RTBF : quel est le processus ?

Les UGC, ou « User Generated Content », sont des « contenus générés par les utilisateurs », souvent issus des réseaux sociaux et filmés par des témoins présents sur place. À la RTBF, des journalistes et membres de la rédaction sont spécifiquement formés à la vérification de l’authenticité des images avant publication.


Dans le jargon journalistique, on les désigne comme des UGC : « User Generated Content ». En français, cela se traduit par « contenus générés par les utilisateurs », c’est-à-dire des images prises par des amateurs. Ces images proviennent souvent des réseaux sociaux, réalisées par des témoins présents sur les lieux, sans être des journalistes professionnels.

Le point commun à ces contenus est leur apparition soudaine lors d’événements imprévus. Néanmoins, les UGC ne se limitent pas à ces circonstances : ils peuvent également être captés lors de festivals, de manifestations ou d’autres événements publics.

Aujourd’hui, les images ne proviennent plus d’une seule source. Elles arrivent de partout : agences de presse, journalistes sur le terrain, et surtout, des réseaux sociaux, qui sont devenus essentiels dans le flux d’information.

Pour les journalistes, cette multiplication des sources représente un défi majeur : s’assurer que les images sont authentiques avant toute publication.

À la RTBF, des journalistes et des membres de la rédaction reçoivent une formation spécifique pour cette mission de vérification.

Ils collaborent avec plusieurs agences d’information et surveillent les vidéos qu’elles diffusent. Parallèlement, ils recherchent eux-mêmes des UGC sur des plateformes sociales telles que X, Snapchat, Facebook ou Instagram.

Lorsqu’un journaliste se penche sur un sujet précis, il peut accéder à des contenus déjà identifiés. Inversement, en cas de doute, il peut demander une vérification auprès de ces équipes spécialisées.

Après l’incendie de Crans-Montana, les rédactions ont dû examiner minutieusement toutes les vidéos circulant en ligne. « Certaines images ont rapidement suscité des questions. Une vidéo montrant des personnes tentant de sortir d’un bar, par exemple, était difficile à authentifier : les images étaient floues et les visages semblaient très lisses, ce qui a généré pas mal de doutes », explique Anaïs Guissard, responsable des médias à la RTBF.

En effet, une vidéo diffusée en ligne n’implique pas nécessairement qu’elle soit vraie. De ce fait, la vérification de l’authenticité des images est devenue cruciale face à un contenu de plus en plus créé par l’intelligence artificielle.

Dans les rédactions, une règle demeure : aucune image n’est publiée sans avoir été vérifiée. Ce processus se déroule en plusieurs étapes.

Tout d’abord, l’origine de la vidéo est analysée : qui l’a publiée ? Est-ce un témoin crédible ou un compte récent, anonyme ou suspect ?

Ensuite, l’analyse porte sur le contenu lui-même. On identifie par exemple des éléments visuels tels que des bâtiments, des panneaux ou des paysages, ou encore la cohérence de la météo avec la date supposée de l’événement. L’heure de publication des contenus est également vérifiée.

Dans certains cas, les journalistes vont plus loin en utilisant la géolocalisation ou la recherche d’image inversée pour confirmer si la vidéo n’a pas déjà circulé auparavant.

Une fois les images authentifiées, une étape essentielle s’ensuit : contacter la personne qui les a filmées. Il s’agit souvent d’un témoin direct de l’événement. Son témoignage est précieux et peut donner lieu à une interview à distance en pleine actualité.

Cependant, cette démarche s’inscrit également dans une règle fondamentale : même si diffusées sur les réseaux sociaux, ces images restent la propriété de leur auteur. Les rédactions doivent donc obtenir leur autorisation pour les utiliser.

Lorsque la personne ne peut pas être retrouvée, la RTBF évalue au cas par cas la diffusion des images, en fonction de leur crédibilité et de l’importance de l’événement.