Covid long : les patients ne sont pas des malades fictifs.
Les chercheurs de l’Unité de recherche en physiologie moléculaire de l’université de Namur analysent les anticorps de patients ayant développé des symptômes après une infection par le virus, suggérant une maladie auto-immune. En Belgique, selon une enquête récente de santé publique (Sciensano), 4% de la population âgée de plus de 15 ans souffrent d’un covid long.
Douleurs chroniques, fatigue, troubles de la concentration, dépression… Les symptômes associés au covid long sont peu spécifiques. De ce fait, certains médecins estiment qu’il pourrait s’agir d’une maladie psychosomatique.
Des chercheurs de l’Unité de recherche en physiologie moléculaire de l’université de Namur ont émis une hypothèse différente : celle d’une maladie auto-immune.
« Nous sommes partis de l’idée qu’au moment de l’infection par le virus, le malade fabrique des anticorps qui persistent ensuite dans son sang et sont responsables, au moins en partie, des symptômes du covid long », explique Charles Nicaise, directeur de l’Unité de recherche en physiologie de l’UNamur.
Pour étayer cette théorie, les chercheurs ont sélectionné environ quinze patients ayant développé des symptômes après une infection au virus. Les anticorps présents dans leur sang ont été isolés et administrés à des souris de laboratoire.
« Nous avons ensuite soumis les souris à des tests de sensibilité à la douleur, consistant à gratter les coussinets de leurs pattes avec des tiges plus ou moins fines. Les souris ayant reçu les anticorps réagissent plus vite que les autres. Elles sont devenues plus sensibles. »
### Une nouvelle qui va faire plaisir aux malades
Les souris ont également été testées sur leur mémoire, en essayant de retrouver leur chemin dans un labyrinthe. « Là par contre, on ne voit pas de différence entre les souris traitées et les souris normales », constate Charles Nicaise. « Ce qui laisse supposer que le covid long serait une maladie multifactorielle, avec d’autres mécanismes impliqués dans la génération des symptômes. »
Au CHU UCL Namur, où la sélection des patients souffrant de covid long a été effectuée, le professeur Pierre Bulpa estime que « cette recherche prouve qu’il y a bien une maladie sous-jacente au covid long. »
Il reste cependant beaucoup de temps et de recherche avant, éventuellement, de développer un outil de diagnostic, reconnaît le chef du service des soins intensifs du CHU UCL Namur. Quant à un traitement, cela semble encore plus hypothétique. « Mais cette nouvelle va déjà faire beaucoup de bien aux patients qui se sentent incompris. »
En Belgique, selon une enquête récente de santé publique (Sciensano), 4 % de la population âgée de plus de 15 ans souffre de covid long, des chiffres comparables à ceux des autres pays européens.

