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Linux et IA : Ubuntu progresse, à l’inverse de Windows

Canonical a publié sa feuille de route : l’IA va s’inviter dans Ubuntu tout au long de 2026, en local et par petites touches. Jon Seager, VP Engineering chez Canonical, a posé le plan IA de la distribution dans un long billet publié sur le Discourse Ubuntu le 27 avril.

Canonical a publié sa feuille de route : l’IA sera intégrée à Ubuntu tout au long de 2026, de manière locale et progressive. Pas de chatbot phare, pas de dispositif global de désactivation, et une intention manifeste de ne pas reproduire l’approche de Microsoft avec Copilot.

Dans un long article publié sur le Discourse Ubuntu le 27 avril, Jon Seager, vice-président de l’ingénierie chez Canonical, a dévoilé le plan d’intégration de l’IA pour la distribution dans les douze mois à venir.

Deux types de fonctionnalités sont envisagées : les fonctions « implicites », invisibles, qui améliorent les fonctionnalités existantes, comme la reconnaissance vocale ou la synthèse pour l’accessibilité, et les fonctions « explicites », plus visibles, comme les agents de dépannage, d’automatisation ou d’analyse des journaux côté serveur.

Tout cela reposera sur un principe clair : l’inférence locale par défaut, à travers des modèles diffusés sous forme de Snaps préconfigurés pour le matériel de la machine.

Il convient de noter qu’Ubuntu 26.04 LTS vient tout juste de sortir, et Canonical se concentre déjà sur sa prochaine grande promesse. La phrase officielle qui sert de guide : « Ubuntu ne devient pas un produit IA, mais peut être renforcé par une intégration réfléchie ».

Ni Copilot, ni Firefox : la troisième voie de Canonical

Le contexte rend cette annonce particulièrement pertinente. En décembre 2025, Mozilla a subi une violente réaction après que son nouveau PDG ait annoncé son intention de transformer Firefox en « navigateur moderne basé sur l’IA ». Cela a entraîné un recul public, avec la promesse d’un « interrupteur d’IA » pour le premier trimestre de 2026, et de nombreuses critiques.

De son côté, Microsoft a passé le début de 2026 à retirer discrètement le terme « Copilot » de Notepad, du Snipping Tool et des Paramètres, après une chute de près de 14 % de son action en janvier en raison du scepticisme entourant sa stratégie d’IA. En somme, l’intégration forcée de l’IA au système d’exploitation a été testée, sans succès.

Canonical a donc la possibilité de se positionner après cette tempête, et cela se reflète dans son discours. Des modèles ouverts plutôt que propriétaires, une inférence locale plutôt que basée sur le cloud, un confinement Snap pour les agents, et un argument central : l’IA pourrait permettre à un débutant de comprendre pourquoi son microphone ne fonctionne pas, sans avoir à lire plusieurs pages de journaux.

Sur le papier, cela semble judicieux. Cependant, la première vague de fonctionnalités ne sera disponible qu’à la fin de 2026, et un Snap n’a jamais permis de transformer un petit modèle local en GPT-5.

Un autre aspect qui suscite des critiques : Jon Seager a explicitement rejeté l’idée d’un bouton « désactiver toute l’IA », jugé « complexe à implémenter de manière honnête ».

En résumé, si une fonction utilise un modèle, cela signifie qu’elle intègre de l’IA. Le contrôle se fera au niveau du Snap, et non au niveau du système. Mozilla a reculé sur ce point. Canonical, pour sa part, ne le fera pas.