L’OMS alerte sur l’épidémie de rougeole en Amérique, un mois et demi avant le Mondial.
L’Organisation panaméricaine de la Santé (PAHO) a mis en garde jeudi contre l’intensification de l’épidémie de rougeole sur le continent américain, avec « plus de 15.300 cas » signalés au compteur en 2026. Le ministère de la Santé américain a déclaré être « en coordination avec ses partenaires fédéraux » pour garantir la santé et la sécurité pendant la Coupe du monde.
La méfiance envers la vaccination entraîne des conséquences préoccupantes. L’Organisation panaméricaine de la Santé (PAHO) a averti jeudi de l’aggravation de l’épidémie de rougeole sur le continent américain, particulièrement à l’approche de la Coupe du monde 2026 qui se déroulera en juin aux États-Unis, au Mexique et au Canada.
Depuis 2025, le nombre de cas de rougeole sur le continent a considérablement augmenté, surtout dans les pays d’Amérique du Nord qui avaient auparavant éliminé cette maladie très contagieuse et potentiellement mortelle.
En 2025, plus de 14.700 cas confirmés de rougeole ont été signalés dans 13 pays des Amériques, entraînant des dizaines de décès, ce qui représente « environ 32 fois » le nombre de cas enregistrés en 2024, a précisé Jarbas Barbosa, directeur de la PAHO, lors d’une conférence de presse. Il a également indiqué qu’en 2026, la tendance se maintient et s’accélère, avec « plus de 15.300 cas » déjà comptabilisés, principalement au Mexique, au Guatemala, aux États-Unis et au Canada. « La réapparition de la rougeole dans les Amériques constitue un revers significatif, mais qui peut être entièrement surmonté » grâce à la vaccination, a-t-il ajouté.
La rougeole se manifeste par de la fièvre, des symptômes respiratoires et des éruptions cutanées, et peut entraîner des complications graves, telles qu’une pneumonie ou une inflammation du cerveau, pouvant causer des séquelles ou la mort. Bien que les vaccins contre la rougeole soient extrêmement efficaces et que ces pays aient réussi à éradiquer cette maladie il y a plusieurs décennies, l’augmentation du vaccin-scepticisme et les difficultés d’accès aux vaccins dans certains pays ont contribué à la résurgence des infections.
« Les gens ont oublié. Parce qu’ils ne voient plus d’épidémies massives et beaucoup d’enfants mourir autour d’eux, ils se demandent pourquoi se vacciner. Cependant, la rougeole n’a jamais été éradiquée (globalement) comme la variole, et dès que ce virus trouve une personne vulnérable, il l’attaque sans pitié », souligne Daniel Salas, responsable des programmes de vaccination pour l’organisation.
Dans ce contexte, et avec la Coupe du monde 2026 imminente aux États-Unis, au Mexique et au Canada, où le virus est en circulation, le médecin exhorte les touristes à vérifier leur statut vaccinal et à prendre de nombreuses précautions en cas de doute sur une contamination.
Près de sept millions de visiteurs sont attendus dans les 16 villes hôtes de cet événement unique, qui pour la première fois accueillera un tournoi de 48 équipes et 104 matchs. En plus des stades, chaque ville organisera des « fan festivals » où des milliers de supporters se rassembleront pour regarder les matchs sur des écrans géants.
« La rougeole est une maladie transmissible par voie aérienne et qui se propage très facilement. Le virus peut rester en suspension dans l’air jusqu’à deux heures après le départ d’une personne infectée », rappelle-t-il.
Contacté par l’AFP, le ministère de la Santé américain, actuellement dirigé par une personnalité opposée à la vaccination et dont la gestion de l’épidémie de rougeole a été fortement critiquée, a déclaré être « en coordination avec ses partenaires fédéraux » et travailler « en étroite collaboration avec la FIFA et les acteurs locaux pour garantir la santé et la sécurité des Américains et des visiteurs étrangers pendant la Coupe du monde ».

