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Belgique et Canada : un avenir incertain pour un rapprochement à long terme ?

Une mission ministérielle est en cours au Canada réunissant les ministres-présidents de la Wallonie et de la FWB, avec une délégation belge qui se rendra à Montréal, Québec et Toronto. Le Québec a imposé des « quotas aux universités sur le nombre d’étudiants internationaux qui avaient le droit de demander un certificat d’acceptation du Québec ».


Une mission ministérielle est actuellement en cours au Canada, réunissant les ministres-présidents de la Wallonie et de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB). La délégation belge se rend dans les villes de Montréal, Québec et Toronto. Cette mission vise à renforcer les liens existants, mais aussi à explorer de nouvelles possibilités de partenariats dans des domaines variés tels que l’aérospatial, l’agroalimentaire, la culture et principalement l’enseignement supérieur. Plus de 80 représentants d’écoles supérieures wallonnes et bruxelloises font partie de cette délégation. Quel est l’objectif de cette mission ?

Le Québec souhaite-t-il accueillir des étudiants internationaux en ce moment ? La réponse est affirmative.

Le Québec cherche à attirer davantage d’étudiants internationaux, notamment des Belges. Il est important de noter que le Québec francophone est depuis longtemps un partenaire privilégié, avec des collaborations académiques et scientifiques avancées. De plus, cette « Belle province » est la destination favorite des étudiants belges en dehors de l’Europe, et chaque année, des centaines d’étudiants se rendent au Québec pour compléter une partie de leur cursus, notamment via le programme Erasmus.

Ce flux d’étudiants pourrait encore augmenter, car le Québec les invite à venir. Ce message a cependant été quelque peu obscurci ces derniers temps en raison d’un durcissement des politiques d’immigration canadienne, et les autorités locales souhaitent le clarifier.

« Il y a eu un débat national au niveau fédéral et provincial sur l’importance des étudiants internationaux et de l’immigration en général, et ce message a été mal perçu à l’étranger, » déclare Stéphane Pallage, un Belge originaire de Verviers, qui est également recteur de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). « Le Québec veut-il des étudiants internationaux en ce moment ? La réponse est oui. »

À la suite de ce débat, Stéphane Pallage explique que le Québec a mis en place des « quotas aux universités concernant le nombre d’étudiants internationaux pouvant demander un certificat d’acceptation du Québec. Ces quotas sont extrêmement loin d’être atteints par les universités québécoises. Nous avons de la place, beaucoup de place. »

Pour le recteur de l’UQAM, les étudiants francophones sont particulièrement recherchés. « Le Français est extrêmement important, et chaque fois qu’un étudiant francophone vient s’installer au Québec, même pour quelques années, cela renforce la vitalité de la langue au Québec, » souligne-t-il.

Les relations économiques sont-elles également au beau fixe ? Malgré les tensions suscitées par la saga du CETA en 2016, un accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada que la Wallonie avait refusé de signer en exigeant des garanties supplémentaires, les relations se sont stabilisées. Depuis, l’accord a été modifié et sa partie commerciale est appliquée temporairement. Le gouvernement wallon prévoit d’adopter définitivement un décret d’assentiment.

Les relations entre la Belgique et le Canada restent donc solides, et cette mission vise à les améliorer davantage. En effet, les autorités belges considèrent le Canada comme un excellent partenaire politique, diplomatique et commercial. Cependant, ce n’est pas l’essentiel. L’an dernier, le Canada était le 27e fournisseur et le 19e client de la Wallonie, indiquant une grande marge de progression. De plus, le Canada se montre particulièrement critique envers les États-Unis, qui ont augmenté les droits de douane sur les exportations canadiennes. Cette volonté de rapprocher le Canada d’autres pays pourrait être plus structurante que conjoncturelle.

« Le jour où Trump ne sera plus là, il ne faudra pas retomber dans nos vieux travers, » affirme Bernard Drainville, ministre québécois de l’Économie. Il ajoute : « Il ne faut pas oublier ce que nous avons vécu. Il faut se projeter sur le moyen-long terme. Cela est nécessaire pour nos enfants et les générations futures. »

Bernard Drainville, récent ministre de l’Économie dans le gouvernement de la nouvelle Première ministre québécoise Christine Fréchette, insiste sur le fait qu’il faut « résister à la tentation du conjoncturel. La responsabilité des politiques est d’exercer un leadership qui transcende le court terme et nous propulse dans la durée afin d’éviter de reproduire les mêmes problèmes dans 25, 50 ou 100 ans. »

Du côté wallon, on pense qu’il existe de nouvelles opportunités dans ce contexte, et cela justifie cette mission qui se termine ce vendredi. De plus, une nouvelle mission est prévue l’année prochaine au Canada, impliquant cette fois le gouvernement fédéral et les différentes régions du pays.