Tunisie

Onudi : Première journée internationale des femmes dans l’industrie, participation à renforcer.

En Tunisie, plus de 520 entreprises d’industrie manufacturière sont dirigées par des femmes. Selon les statistiques de l’Agence de promotion de l’industrie et de l’innovation (Apii), environ 521 entreprises employant plus de 40 mille personnes sont dirigées par des femmes.


En Tunisie, plus de 520 entreprises du secteur manufacturier sont dirigées par des femmes. Lassaad Ben Hassine, représentant de l’Onudi Tunisie, souligne que ce chiffre reflète l’importance de la contribution des femmes tunisiennes à la dynamique industrielle du pays. Bien que leur participation soit encore concentrée dans des secteurs tels que le textile et l’agroalimentaire, il indique que « l’enjeu aujourd’hui est de diversifier cette présence en améliorant leur positionnement dans les chaînes industrielles d’avenir ».

L’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (Onudi) Tunisie a célébré hier à Tunis la première Journée internationale des femmes dans l’industrie, en partenariat avec le Centre de la femme arabe pour la formation et la recherche (Cawtar), sous le thème : « Les femmes façonnent l’avenir de l’industrie ».

Proclamée en novembre 2025 lors de la 21e Conférence générale de l’Organisation, cette journée a pour but, selon Lassaad Ben Hassine, de valoriser l’égalité entre les genres et l’autonomisation des femmes comme fondamentaux d’une industrialisation inclusive et durable. « Le message est clair : l’industrie de demain doit être inclusive. Elle repose sur l’égalité des chances, implique toutes les compétences et accorde aux femmes la place qu’elles méritent en tant qu’actrices à part entière de l’innovation, de la production et de la prise de décision », a-t-il déclaré aux médias.

S’appuyant sur des études, Ben Hassine affirme que les industries les plus inclusives sont non seulement plus équitables, mais aussi plus compétitives, innovantes et résilientes. Il a indiqué que la femme tunisienne joue un rôle majeur dans l’industrie nationale. Selon des statistiques récentes de l’Agence de promotion de l’industrie et de l’innovation (Apii), environ 521 entreprises du secteur manufacturier en Tunisie, employant plus de 40 000 personnes, sont dirigées par des femmes.

« Ce chiffre reflète le rôle que joue la femme tunisienne dans le secteur industriel, tant en tant qu’entrepreneure qu’au sein d’activités productives contribuant à la dynamique industrielle du pays », a-t-il commenté. Il a cependant précisé que cette présence est principalement observée dans certains secteurs, en particulier le textile, qui représente 55 % de ces entreprises, ainsi que l’agroalimentaire.

« L’enjeu aujourd’hui est de franchir une nouvelle étape. Il ne s’agit plus seulement de reconnaître la contribution des femmes, mais de renforcer et diversifier leur présence, tout en améliorant leur positionnement dans les chaînes industrielles d’avenir, notamment les métiers techniques, l’industrie 4.0, l’innovation, l’entrepreneuriat industriel et les postes de décision », a-t-il ajouté.

Au niveau mondial, les femmes représentent 41 % de la main-d’œuvre industrielle, un pourcentage qui met en avant leur contribution essentielle, selon Ben Hassine. Néanmoins, il a souligné que la participation des femmes dans le secteur reste un potentiel largement sous-exploité. « Elles sont souvent moins présentes dans les métiers techniques, les fonctions liées à l’innovation, ainsi que dans les postes de décision. »

Il a ajouté : « Au-delà de leur présence dans le secteur industriel, l’enjeu réside dans leur positionnement et la qualité de leur contribution. Il s’agit de leur permettre d’innover davantage et d’accéder aux postes de décision. » Selon lui, les opportunités pour les femmes scientifiques et ingénieures sur le marché du travail sont encore limitées. « En Europe, par exemple, les femmes représentent 45 % des scientifiques et des ingénieurs, mais seulement 22,4 % dans les industries manufacturières et 35 % des postes de direction dans ces industries. »

Ces chiffres révèlent qu’elles restent sous-représentées dans les domaines technologiques et industriels. Ben Hassine explique que cela commence dès le plus jeune âge, notamment lors de l’orientation scolaire et de la formation, puisque les femmes ne constituent que 35 % des diplômés dans les disciplines scientifiques, technologiques et mathématiques au niveau mondial.

Soukeina Bouraoui, professeure de droit et directrice exécutive du Cawtar, a fait savoir que le taux de participation des femmes dans le secteur industriel est passé de 1 % à 10 % au cours des dix dernières années, marquant une nette progression, bien qu’encore insuffisante. « Cela reflète le chemin parcouru par les femmes durant cette période. Bien qu’elles soient traditionnellement plus présentes dans des secteurs proches de l’agriculture, comme l’agroalimentaire, elles investissent aujourd’hui de nouveaux domaines, tels que les énergies renouvelables ainsi que les industries électronique et mécanique. »

Elle a conclu en affirmant que cette évolution traduit une nouvelle dynamique qui est en train de transformer la réalité des femmes. Pour renforcer leur participation dans l’industrie, elle a précisé que les femmes ont besoin de trois types de soutien : un soutien politique à travers des politiques sectorielles ciblées, le renforcement de la confiance en soi, ainsi que la confiance des hommes, appelés à travailler à leurs côtés pour promouvoir un développement économique inclusif.