Mariage à 35 ans : la Tunisie ne modifie pas son modèle sociétal
Sana Naqira a alerté ce mercredi 22 avril 2026 sur un retard marqué du système du mariage et de la natalité en Tunisie, observant une hausse significative de l’âge moyen au mariage, estimé à environ 35 ans chez les hommes et 29 ans chez les femmes. Elle a averti que les indicateurs actuels ne permettent pas d’assurer le remplacement des générations, dans un contexte de vieillissement rapide de la population.
La professeure assistante en démographie, Sana Naqira, a alerté ce mercredi 22 avril 2026 sur un retard notable du système du mariage et de la natalité en Tunisie, constatant une augmentation significative de l’âge moyen au mariage, estimé à environ 35 ans pour les hommes et 29 ans pour les femmes.
Intervenant sur Express, elle a précisé que cette évolution est due à des facteurs à la fois structurels et conjoncturels. Parmi ces derniers, elle a mentionné la priorité donnée aux études et à l’insertion professionnelle, en particulier chez les jeunes femmes, qui choisissent de poursuivre des études supérieures et d’atteindre une stabilité économique avant d’envisager le mariage et la fondation d’une famille.
La spécialiste a également noté la tendance à la généralisation du modèle familial réduit, souvent limité à un ou deux enfants. Cette tendance s’explique, selon elle, par plusieurs raisons, notamment l’augmentation du coût de la vie et de l’éducation, la peur des responsabilités parentales, ainsi qu’un désir croissant d’autonomie. Elle a aussi mis en lumière un affaiblissement progressif des solidarités entre générations.
D’un point de vue démographique, Sana Naqira a estimé que la Tunisie est à un stade avancé de transition démographique, marqué par un faible taux de renouvellement des générations. Elle a averti que les indicateurs actuels ne garantissent pas le remplacement des générations, dans un contexte de vieillissement rapide de la population. Selon ses prévisions, le nombre de personnes âgées de plus de 60 ans pourrait dépasser les trois millions dans les dix prochaines années.
Face à cette situation, elle a appelé à une attention accrue sur les questions démographiques, en soulignant la nécessité de politiques incitatives favorisant la natalité, notamment pour encourager la venue d’un deuxième enfant, ainsi que des mesures de soutien supplémentaires destinées aux femmes actives afin de mieux équilibrer vie professionnelle et vie familiale.

