Démantèlement d’un site de fabrication de drogue à Villers-le-Bouillet
Ce lundi matin, la police a découvert un laboratoire clandestin de fabrication de drogues de synthèse à Villers-le-Bouillet, en Hesbaye, où plus de 160 kilos de produits finis de type 4-CMC ont été saisis pour une valeur marchande estimée à près de 400.000 euros. En 2025, 41 laboratoires clandestins ont été démantelés en Belgique, un chiffre record selon les données de la Police fédérale.
Ce lundi matin, la police a découvert un laboratoire clandestin de production de drogues de synthèse à Villers-le-Bouillet, en Hesbaye. Cette installation, apparemment en activité depuis plusieurs mois, se situait dans un parc industriel, à proximité de l’autoroute E42.
Les premières constatations des experts de la police et de l’INCC (Institut National de Criminalistique et de Criminologie) indiquent qu’une organisation criminelle y produisait des cathinones synthétiques. Ces substances, proches de la cathinone naturellement présente dans le khat, ont des effets stimulants et euphorisants. Elles apparaissent généralement sous forme de poudres blanches ou brunâtres, mais peuvent également se présenter sous forme de cristaux ou de comprimés. Parmi les plus connues se trouvent la 3-MMC et la 4-CMC.
Au total, plus de 160 kilos de produits finis de type 4-CMC ont été saisis dans le hangar servant de laboratoire clandestin à Villers-le-Bouillet, avec une valeur marchande estimée à près de 400.000 euros. Le site était sécurisé par un homme armé d’un pistolet-mitrailleur équipé d’un silencieux, selon les précisions du parquet de Liège.
La RTBF a pu constater sur place que les criminels avaient soigneusement séparé les activités en différentes zones : stockage des produits chimiques, transformation, séchage, cristallisation et entreposage du produit fini. À l’intérieur du bâtiment, une forte odeur presque irritante régnait. Par mesure de sécurité, les produits devaient être évacués dans la journée.
Des perquisitions ont également été effectuées à Verviers, Liège, Remouchamps et Villers-l’Évêque. À Villers-l’Évêque, un entrepôt servait aux trafiquants pour cacher d’importantes quantités de produits chimiques nécessaires à la fabrication de drogues, ainsi que des déchets issus de la production.
À Remouchamps, plusieurs suspects d’origine polonaise ont été arrêtés alors qu’ils résidaient temporairement dans un logement de vacances.
Selon les informations recueillies par la RTBF, l’enquête a été déclenchée grâce à l’observation d’un policier de la zone Secova. Lors d’une intervention pour un accident près de Remouchamps, ce dernier a remarqué qu’une camionnette transportait des fûts. Suspicion confirmée, il a alerté la Police judiciaire fédérale, ce qui a conduit à l’ouverture d’une enquête il y a environ deux mois.
Lors des perquisitions simultanées menées aujourd’hui, sept personnes ont été arrêtées et placées en garde à vue, a rapporté le parquet de Liège. Les investigations sont conduites par la Police judiciaire fédérale de Liège, sous la direction d’un juge d’instruction.
La découverte d’un laboratoire de production de drogues de synthèse en région liégeoise n’est pas un fait inédit. L’année dernière, quatre installations de ce type ont été découvertes dans la province. En 2025, 41 laboratoires clandestins ont été démantelés en Belgique, un chiffre record selon les données de la Police fédérale. Cela inclut également la découverte de sites de stockage et de dépôts sauvages de déchets.
L’expansion des laboratoires de drogues de synthèse se poursuit, comme le souligne la police dans son dernier rapport annuel. Bien que ces installations soient principalement situées dans les provinces du Limbourg et d’Anvers, « la région de Liège, le Hainaut et, pour la première fois, la province de Luxembourg sont désormais touchés », ajoute-t-elle.

