Belgique

Carburant en hausse : le vélo attire de nouveaux adeptes.

Milo, 6 ans, a trouvé un petit VTT bleu avec une sonnette qui lui plaît pour aller à l’école. Véronique, une senior dynamique, envisage de prendre un vélo classique, musculaire et non électrique, à cause de la hausse des prix des carburants.


Un vélo pour Milo et sa mère, tel est l’objectif de l’après-midi. « Pour pouvoir aller à l’école et moi de la maison au travail. Ça peut être chouette ! » Milo semble ravi avec ce petit VTT bleu. « Parce qu’il a une sonnette », précise le garçon de 6 ans. Ce qui motive cette famille, « d’abord c’est d’acheter en seconde main. Et puis, c’est moins cher aussi, vu le prix de… tout pour le moment ! » souligne la maman. « Pourquoi ne pas trouver un vélo moins cher, et éviter de consommer du carburant par exemple ? »

Véronique partage cette perspective. Cette senior dynamique souhaite « depuis longtemps déjà ! » se mettre au vélo, « et un vélo classique, musculaire, pas électrique ! » La situation actuelle, avec la hausse des prix des carburants, l’a « poussée dans le dos ». « Je me suis dit : pourquoi attendre ! C’est le bon moment ! On ne sait pas vers où on va, avec le monde actuel. Si l’essence devient vraiment trop chère, qu’on se retrouve bloqué… J’aurai toujours le vélo pour effectuer mes petits trajets, disons, dans un rayon de 15-20 km maximum. »

D’autres optent pour l’achat, comme Damien, qui a dépensé 100 euros pour un vélo presque neuf. « C’est pour un collaborateur de mon entreprise, qui a besoin d’un vélo. Celui-ci fera parfaitement l’affaire. » D’autres préfèrent louer chez Pro Velo (via le programme « Si t’es vélo »). Maxime Depasse, responsable de l’antenne Pro Velo Mons, observe une augmentation notable dans ses statistiques. « D’habitude, c’est plutôt fin mai que notre flotte est entièrement louée. Là, on y est presque, un bon mois à l’avance ! » La formule de location permet de tester un deux-roues avant un éventuel achat. Pour un vélo classique (non électrique), le coût est de 30 euros pour trois mois de location.

L’événement a attiré plus de monde que d’habitude. « Et les vélos partent plus vite aussi », remarque une Montoise, un brin déçue. « Je vais repartir bredouille, je pense. Je cherchais un vélo pliable, pour mes trajets en train. Il y en avait quelques-uns, mais ils sont très demandés. J’aurais dû venir encore plus tôt ! Ce n’est rien. Je retenterai une autre fois. »

Sur place, Stan Randour, bénévole au Bike Repair Social Club, observe les nouvelles acquisitions, conseille les acheteurs, et resserre quelques boulons avec sa trousse à outils. « Le Bike Repair Social Club c’est un atelier participatif de réparation de vélos, ouvert un dimanche sur deux après-midi. Nous sommes deux mécanos vélo bénévoles et nous aidons les gens, on leur apprend les bons gestes… »

Stan ne constate pas beaucoup « d’anciens automobilistes repassés au vélo » dans ses ateliers. « Selon moi, ceux qui vont commuter de la voiture vers le vélo, vont souvent opter pour un vélo électrique ou une location temporaire. » Au sein du club, des cyclistes aux profils variés se rencontrent : amateurs de seconde main, de citytrips à vélo, passionnés, bricoleurs, chipoteurs… « Certains viennent aussi par nécessité, avec des vélos en très mauvais état. Ce sont souvent des étudiants. Ils ont récupéré des vélos un peu épaves, dont ils ont bien besoin pour aller au cours ou rentrer chez eux, souvent en dehors du centre-ville. »

À la sortie du stand, nous croisons Adrien, un étudiant français inscrit au conservatoire de Mons, tout souriant. « Merci Pro Velo ah ah ! Ça y est, j’ai trouvé ! Un vélo, c’est cher, surtout pour un étudiant précaire. Dans le contexte actuel, on regarde à toutes les dépenses. Il faut jobber, il faut se débrouiller tout le temps. On est plusieurs à être dans des situations un peu difficiles. Et je vous avoue que j’attendais vraiment cette bourse… »