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« Dansons » de Céline Dion : Un choix français pour son retour mondial ?

Ce vendredi 17 avril, Céline Dion dévoile « Dansons », un titre composé avec Jean-Jacques Goldman. Dans une industrie dominée par les logiques de streaming et de renouvellement constant, ce retour ne se joue plus uniquement sur la performance musicale.


Céline Dion continue de captiver son public. Alors que de nombreux fans n’ont pu obtenir de places pour ses concerts, la chanteuse québécoise offre une consolation : une nouvelle chanson à écouter.

Le vendredi 17 avril, Céline Dion a publié « Dansons », un morceau écrit en collaboration avec Jean-Jacques Goldman. Dès les premières notes, l’inspiration des années 1990 est évidente. Cette collaboration emblématique marque également un retour… en français. Pourquoi choisir un titre francophone alors que le monde entier attendait son retour ?

Après des années marquées par des problèmes de santé, des apparitions rares mais observées de près, et une performance remarquée lors des Jeux olympiques de Paris, Céline Dion signe enfin son retour musical avec ce nouveau morceau. Dans un communiqué de presse annonçant la sortie de « Dansons », celui-ci est présenté comme de « véritables retrouvailles créatives » avec Jean-Jacques Goldman, et souligne son retour à ce « répertoire francophone qui a façonné les débuts de sa carrière ».

« Tout est très précis, assez léger, on reconnaît la patte Goldman. Cette chanson aurait pu trouver sa place dans S’il suffisait d’aimer de 1998, tant c’est précis. Le clin d’œil est vraiment hyper intelligent et hyper émouvant », analyse Jérémy Parayre, journaliste musical et auteur de Céline Dion, 45 ans de succès, album par album. Cette opinion est partagée par Thomas Pawlowski, auteur des 1.000 albums incontournables, qui souligne la dimension plus inattendue du morceau : « Dansons est une surprise. Ce n’est sans doute pas le titre que le grand public attendait à la première écoute. Et pourtant, il va plus loin : c’est une chanson poétique, qui invite à l’apaisement, à la prise de hauteur, à une forme d’unité. On est vraiment sur un titre qui a vocation à être intemporel », ajoute Jérémy Parayre.

Pour un retour aussi attendu, pourquoi ne pas avoir choisi l’anglais, qui pourrait toucher des fans dans le monde entier ? Pour Jérémy Parayre, ce choix est avant tout personnel. « En tant que fan, on peut se dire que c’est une opportunité ratée de ne pas revenir avec un single international », observe-t-il. « Mais en fait, elle nous avait déjà fait la même chose en 2016. Je pense que pour elle, c’était assez naturel de s’exprimer dans sa langue maternelle quand quelque chose d’important s’est produit dans sa vie. »

Du côté de Thomas Pawlowski, cette décision est encore plus artistique. « Céline Dion, c’est l’authenticité à l’état pur. Après une période d’absence, revenir dans sa langue d’origine prolonge cette vérité artistique qui la caractérise : cela renforce l’émotion, la sincérité, le lien avec le public. » Au-delà de la langue, c’est tout un imaginaire collectif qui est ravivé. « Le retour du tandem avec Jean-Jacques Goldman réactive une mémoire collective extrêmement forte, presque intime, chez le public francophone. Ici, Céline ne fait pas de démonstration vocale comme elle a pu le faire avec ‘L’Hymne à l’amour’ ou la reprise de Charlebois, ‘Ordinaire’, on est dans la nuance. »

Jérémy Parayre ajoute également : « Elle a toujours dit que ses chansons en français parlaient vraiment d’elle. Elles sont très proches de ce qu’elle vit, tandis qu’en anglais, son répertoire est beaucoup plus décorrélé de sa vie personnelle. »

« Il est certain que l’attention accordée à une chanson en français ne sera pas la même qu’à une chanson en anglais. Les fans l’écouteront, mais cela ne fera pas le poids à l’international. Pourtant, la joie de la retrouver, je pense que cela n’a pas tant d’importance pour le public international », souligne Jérémy Parayre.

Dans une industrie dominée par le streaming et le renouvellement constant, ce retour ne repose plus uniquement sur la performance musicale. « Aujourd’hui, dans les charts mondiaux, elle ne fera pas d’éclats, même avec un titre en anglais. L’événement se fera par un album, pas par un single », poursuit le journaliste.

En d’autres termes, le véritable retour se joue ailleurs : « Je pense que son retour international s’est opéré avec l’annonce de la résidence, et que son retour musical, lui, se fait dans sa langue maternelle. Elle avait une petite dette morale envers son public français et européen, après l’annulation des dates du Courage World Tour », ajoute-t-il.

Selon Thomas Pawlowski, il est même nécessaire de relativiser l’idée de retour : « Malgré la maladie, Céline Dion n’a jamais vraiment disparu. Elle est restée présente à travers des moments marquants : sa prestation aux Jeux olympiques il y a deux ans, son documentaire, ou encore la bande originale du film Love Again, qui comportait plusieurs titres originaux. Ce nouveau single est donc moins un retour qu’un nouveau chapitre. »