France

Violences faites aux enfants : Plus de 80 % des parents admettent des violences verbales ou psychologiques

Selon un baromètre publié ce vendredi par la Fondation pour l’enfance, 83 % des parents déclarent avoir eu recours à au moins une violence verbale ou psychologique au cours des douze derniers mois. Au cours des 12 derniers mois, 30 % des parents déclarent avoir donné « une tape », 22 % avoir une fessée et 19 % « avoir utilisé des mots dévalorisants comme « stupide » ou « paresseux » ».


Sept ans après l’adoption de la « loi anti-fessée », les violences envers les enfants demeurent un problème persistant. D’après un baromètre publié ce vendredi par la Fondation pour l’enfance, 83 % des parents témoignent avoir eu recours à au moins une forme de violence verbale ou psychologique au cours des douze derniers mois. De plus, un quart des parents considère la fessée comme une méthode « efficace » et « acceptable ».

La Fondation déplore que « les violences éducatives ordinaires restent profondément banalisées, voire normalisées », à l’occasion de ce baromètre Ifop réalisé tous les deux ans. En effet, 32 % des parents affirment encore que certains enfants nécessitent des punitions corporelles pour apprendre à bien se comporter, 25 % estiment que la fessée est une méthode efficace pour éduquer, et 23 % soutiennent que les parents qui recourent à des punitions corporelles agissent de manière justifiée.

Le baromètre met également en lumière une différence marquée entre les hommes et les femmes. En effet, 40 % des pères considèrent que certains enfants ont besoin de punitions corporelles pour bien se conduire, contre 25 % des mères. La loi instaurée le 10 juillet 2019, souvent désignée comme « loi anti-fessée », a inscrit dans le Code civil que « l’autorité parentale » doit être exercée « sans violences physiques ou psychologiques ».

Avec cette législation, la France est devenue le 56e pays à interdire ce type de violences. Un arrêt de la Cour de Cassation, rendu en janvier dernier, a renforcé cette position en précisant qu’aucun droit de correction parental n’existe dans la législation française. Cependant, la Fondation pour l’enfance note avec regret que « la légitimation de ces pratiques comme outils pédagogiques persiste » et que les « violences ordinaires » continuent d’exister.

Sur les douze derniers mois, 30 % des parents rapportent avoir donné « une tape », 22 % avoir administré une fessée et 19 % avoir utilisé des mots dévalorisants tels que « stupide » ou « paresseux ». Au total, 37 % des parents ont recours à au moins une forme de violence physique au cours de l’année passée.