Nio Firefly : moins chère et plus puissante qu’une R5 E-Tech, pourquoi cet échec en Europe ?
Nio a annoncé avoir livré 50 000 unités fin mars et maintient un tarif de 119 800 à 125 800 yuans, soit environ 14 700 à 15 500 euros. En Allemagne, Nio n’a immatriculé que 6 voitures sur les deux premiers mois de 2026, dont 5 en février uniquement.
50 000 unités ont été livrées fin mars, le tarif reste inchangé et quelques ajustements ciblés sont à noter. Le constructeur chinois Nio améliore sa citadine électrique Firefly sans remettre en question ce qui fonctionne. Ce modèle est attendu avec impatience en France, où il fera face à la Renault 5 E-Tech et à la future Volkswagen ID. Polo.
La Firefly de Nio devait être commercialisée en France en octobre 2025, marquant ainsi l’entrée du constructeur sur le marché français après une expansion progressive en Europe. Cependant, selon des informations récentes d’Electric Vehicles (EV), **les ventes restent marginales et la marque a entamé une réorganisation en profondeur de ses activités en Europe**.
Nio rencontre plusieurs difficultés sur le vieux continent. En Allemagne, qui est le plus grand marché automobile en Europe, la marque n’a immatriculé que 6 véhicules durant les deux premiers mois de 2026, dont 5 en février seulement. Ce faible chiffre n’est pas un cas isolé pour Nio, qui a réalisé en 2025 **seulement 1 129 ventes de véhicules en Europe**.
Le chiffre le plus élevé a été atteint lors du lancement de la Firefly (sous le nom Firefly en Europe), effectué en décembre dernier, ce modèle étant proposé autour de 30 000 euros. En résumé, la situation est compliquée.
Néanmoins, la concurrente des R5 E-Tech et Mini Cooper électrique subit **une mise à jour esthétique en 2026**, comme l’a annoncé la marque sur le réseau social chinois Weibo.
Nio propose une nouvelle couleur inspirée des briques rouge-orangé du centre historique de Porto, une référence dont l’appréciation pourra varier selon les sensibilités. De nouveaux jantes bicolores à motif *« trajectoire d’étoile »* et un bouclier inférieur en noir mat complètent cette mise à jour visuelle. Bien qu’aucune innovation majeure ne soit à signaler, l’attention portée aux détails contraste avec la banalité de certains restylages concurrents.
Concernant ses dimensions, la Firefly demeure une véritable citadine : long de 4 mètres, avec un empattement de 2,61 mètres, et un coffre avant de **92 litres**, communément appelé « frunk » dans le jargon des véhicules électriques.
### L’habitacle se modernise, sans excès
À l’intérieur, Nio déploie la version 1.4.0 de son système d’infodivertissement Aster. Parmi les nouveautés, on trouve un système de localisation panoramique pour le stationnement, la possibilité de diffuser des jeux Nintendo Switch sur l’écran central, des sonorités de verrouillage personnalisables, un anneau d’ambiance lumineux, ainsi que des rétroviseurs à atténuation automatique avec mémoire de position.
La liste des fonctionnalités est longue, certaines semblant plus axées sur le marketing que sur l’usage quotidien. Cependant, d’autres, telles que le capteur de pression des pneus en temps réel ou l’aide au stationnement, répondent à de véritables besoins pratiques.
L’ensemble donne l’impression d’une voiture en évolution continue grâce à des mises à jour *over-the-air* que la marque déploie régulièrement sur son parc existant.
### Un moteur plus musclé, des chiffres qui restent raisonnables
La puissance du moteur électrique passe de 141 à **161 ch**. Le temps pour atteindre 100 km/h est réduit à 7,9 secondes, contre 8,1 secondes auparavant. La batterie de 42,1 kWh reste identique, avec une autonomie annoncée de 420 km selon le cycle CLTC, qui est significativement plus favorable que les normes européennes WLTP. En effet, en Europe, la version actuellement commercialisée affiche **330 km** d’autonomie.
Les prix sont maintenus : ils varient de 119 800 à 125 800 yuans selon la finition, ce qui équivaut à environ 14 700 à 15 500 euros. Nio propose également **une option de location de batterie**, abaissant ainsi le prix d’entrée à environ 9 800 euros. Cette stratégie commerciale, utilisée depuis plusieurs années par la marque, permet de rendre l’entrée sur le marché plus accessible.
Cette approche a manifestement porté ses fruits, comme en témoigne le total de 50 000 livraisons annoncées fin mars. Cependant, en Europe, la progression demeure laborieuse, et William Li, le PDG de Nio, qui n’a jamais caché ses ambitions en Europe, a dû reconnaître en 2025 que sa progression était « *bien plus lente que prévue* ». C’est un euphémisme.

