Procès « DZ Mafia » : 25 ans pour les chefs, lourdes peines pour les exécutants
Gabriel Ory, dit « Gaby », a été condamné à 25 ans de réclusion pour avoir « donné le go » pour le meurtre de Farid Tir, abattu aux côtés de Mohamed Amine Bendjaghlouli, tandis qu’Amine Oualane, dit « Mamine », a été acquitté des charges qui pesaient contre lui. Les peines prononcées à l’encontre des deux commanditaires présumés, Karim Harrat, dit « le Rant », et Walid Bara, sont respectivement de vingt-cinq ans de prison, alors que Zaineddine Ahamada et son complice Adrien Faure écopent de vingt-cinq ans de réclusion criminelle et de quinze ans de prison.
La justice a statué. Après quatre jours de retard et un procès éprouvé par des incidents divers, le jugement a été rendu concernant le double meurtre survenu à l’hôtel F1 en 2019 à Plan-de-Campagne, près de Marseille.
Gabriel Ory, surnommé « Gaby », identifié par les autorités comme un dirigeant de la DZ Mafia, a écopé de 25 ans de réclusion pour avoir « donné le go » au meurtre de Farid Tir, abattu aux côtés de Mohamed Amine Bendjaghlouli dans un contexte de trafic de drogue. Amine Oualane, dit « Mamine », autre figure emblématique de l’organisation criminelle, a été acquitté. Il était soupçonné d’avoir orchestré, depuis sa prison, le lien entre son ami d’enfance et Farid Tir.
Les deux présumés commanditaires, Karim Harrat, connu sous le nom de « le Rant », déjà condamné pour des infractions liées au narcotrafic à Marseille, et Walid Bara, resté en fuite, ont été condamnés à 25 ans de prison. D’autre part, Zaineddine Ahamada, accusé d’être le tireur, ainsi que son complice Adrien Faure, ont reçu respectivement 25 ans et 15 ans de réclusion.
Les peines infligées sont largement en deçà des réquisitions du procureur, qui avait notamment demandé la réclusion à perpétuité pour trois des accusés. Me Christine d’Arrigo, avocate de Gabriel Ory, a dénoncé un « verdict politique » à l’encontre de son client, affirmant que « la pression médiatique a été plus forte ».
Ce verdict clôt un procès sécurisé, mobilisant plus de 200 policiers, et caractérisé par une ambiance chaotique. « Nous n’avons fait qu’appliquer la loi, nous avons soulevé des points car nos serments le demandaient. Je préfère rompre avec la bienséance que faire de la rupture avec le droit », a justifié Me Raphaël Chiche, le défenseur de Walid Bara.
Dès la première semaine, les auditions ont été perturbées par le départ inattendu d’une capitaine de police avant la fin de son témoignage. Celle-ci n’avait pas averti le tribunal, envoyant par la suite un certificat de maladie. En réaction, les avocats de la défense avaient décidé de ne pas se présenter jusqu’à la semaine suivante.
Un jour de débats a également été perdu suite à un échange houleux entre la défense et le tribunal concernant le certificat médical d’une témoin absente. « Vous n’allez pas pleurer », avait alors déclaré une juge assesseure à Me Emmanuelle Franck, avocate de Karim Harrat, entraînant des suspensions répétées, une demande de récusation de la magistrate, puis un renvoi du procès.
Dans cette affaire, une ombre plane sur le dossier : celle de Driss Oualane, alias « Tatoo », l’informateur. C’est lui qui, dès le 1er septembre 2019, avait averti la police en désignant les coupables. Les avocats de la défense insinuent que les enquêteurs n’ont travaillé que sur les hypothèses fournies par celui qui s’est présenté comme un « ancien trafiquant de drogue ».
Au cours des débats, les accusés ont maintenu leur innocence, tandis que l’accusation a exposé pendant trois heures l’implication de chacun dans ce complot criminel ayant conduit à la mort des deux victimes, le 30 août 2019. Elle a également établi un « travail d’équipe », qu’elle a lié aux actions des avocats de la défense, accusés « d’occuper le terrain » au lieu d’approfondir les éléments du dossier. « Les faits, je les conteste de A à Z. Je vous demande de me juger avec les preuves, pas sur la politique de Darmanin », l’actuel ministre de la Justice, a insisté Amine Oualane lors de ses dernières paroles aux accusés.

