Météo : Hiver 2025-2026 avec records de pluie et de températures.
Cet hiver a été marqué par trois tempêtes : Goretti, Nils et Pedro. Selon les données de Météo-France, le mois de février est devenu le mois le plus pluvieux jamais enregistré depuis 1959 avec des cumuls équivalents à « deux fois la normale et un excédent de 100 % ».
Nous avons tous constaté que cet hiver a été particulièrement atypique. « Une saison marquée par de nombreux phénomènes météorologiques », déclare Christine Berne, climatologue à Météo-France. « Un hiver réellement exceptionnel marqué par de nombreuses intempéries », ajoute l’institution. Entre des pluies presque quotidiennes, des crues historiques et une douceur record, la France a connu un trimestre difficile, surtout dans l’Ouest du pays. Ce dernier figure parmi les dix hivers les plus arrosés depuis 1959 et se classe au quatrième rang des plus doux depuis 1900. 20 Minutes dresse le bilan de cet hiver avec Météo-France et Vigicrues.
Tempêtes : Goretti, Nils et Pedro en seulement deux mois
Au total, trois tempêtes ont marqué cette saison : Goretti, Nils et Pedro. La tempête Goretti a touché les côtes de la Manche dans la nuit du 8 au 9 janvier, avec des rafales atteignant 160 km/h et jusqu’à 180 km/h sur des caps exposés. Un mois plus tard, la tempête Nils, considérée comme la plus violente depuis Klaus en 2009 selon Météo-France, a balayé l’Ouest, notamment le Sud, les 11 et 12 février avec des rafales atteignant 162 km/h à Biscarrosse dans les Landes. Comme un adage le dit, jamais deux sans trois : Pedro a de nouveau frappé le pays, en particulier le Roussillon et la Corse, le 19 février avec des rafales de plus de 150 km/h sur l’île de Beauté.
Précipitations : février pulvérise les records
Sans grande surprise, le mois de février est devenu le mois le plus pluvieux jamais enregistré depuis 1959, avec des cumuls équivalents à « deux fois la normale et un excédent de 100 % », résume Christine Berne. Sur l’ensemble de l’hiver, l’excédent a atteint 35 %, le plaçant au 8e rang des hivers les plus pluvieux. Certaines villes ont même battu des records : 798 mm à Quimper, 737 mm à Durban-Corbières, 526 mm à Montpellier… « Il a beaucoup et souvent plu de la Bretagne à la façade ouest jusqu’en Méditerranée. Plus de deux jours sur trois ont vu de la pluie en Bretagne », précise Météo-France.

Crues : 49 jours en vigilance orange ou rouge, une première
Particularité de cet hiver : les crues exceptionnelles qui ont affecté l’Ouest du pays. Vigicrues évoque une activité sans précédent depuis 2006 avec un total de 49 jours de vigilance, dont 18 en rouge. « C’est la durée la plus importante depuis la création de la vigilance crues. C’est un record absolu », indique Lucie Chadourne-Facon, directrice du Service Central Vigicrues. Le pays a connu des crues majeures, notamment sur la Garonne (proche de 1981), la Maine (comparable à 1982), la Loire et la Charente (proche de 1994). Du 13 au 20 février, jusqu’à 174 tronçons d’eau étaient en vigilance, dont certains en rouge sur ces fleuves. « Ces épisodes de crues se distinguent par leur étendue géographique et leur persistance dans le temps », commente Vigicrues.
Températures : le 4e hiver le plus chaud depuis 1900
Malgré la pluie et les tempêtes, cet hiver a également enregistré une anomalie au niveau des températures, avec une augmentation de + 1,7 °C sur la saison, le plaçant au 4e rang des hivers les plus chauds depuis 1900. De plus, le mois de février affiche + 3,5 °C, devenant ainsi le deuxième mois de février le plus chaud derrière 1990. Une seule période de froid a été observée entre Noël et le Nouvel An, une intense vague de froid nationale, la dernière remontant à 2018. Le reste du trimestre s’est déroulé dans une douceur persistante, avec des températures dépassant 20 °C à la fin de février et atteignant jusqu’à 28 °C dans le Sud-Ouest. Cela s’accompagne d’un nombre de gelées très faible dans toute la France, selon Météo-France.
Ensoleillement : un hiver gris à cause de février
Il est indéniable que le soleil a été largement remplacé par la pluie. À tel point que l’ensoleillement est déficitaire d’au moins 5 % sur l’ensemble de l’hiver. Plus précisément, d’après les données de Météo-France, le mois de décembre a été plus ensoleillé que la normale (+ 10 %), le mois de janvier était proche de la normale, mais février a enregistré un net déficit d’ensoleillement (environ -20 %) malgré le retour du soleil en fin de mois. « L’ensoleillement est relativement médiocre », note Météo-France.
Et le changement climatique dans tout ça ?
Christine Berne est explicite : « On n’observe pas d’augmentation des précipitations dans notre pays. Pour l’avenir, on observe une légère tendance à l’intensification des précipitations mais pas à leur fréquence. » La succession des tempêtes ? « Elle ne peut pas être attribuée au réchauffement climatique ou au changement climatique. » Cependant, le prévisionniste rappelle que, dans une France à + 4 °C selon la TRACC, « on peut s’attendre à une augmentation des précipitations de l’ordre de 15 % en moyenne à l’échelle de la France en saison hivernale ». Enfin, les sols saturés retardent l’assèchement printanier, mais le risque de sécheresse estivale demeure bien réel.

