États-Unis : Une homosexuelle expulsée par l’ICE vers un pays répressif
Une Marocaine de 21 ans, qui avait fui son pays d’origine en raison de violences familiales et de la criminalisation de l’homosexualité, a été expulsée vers le Cameroun après avoir été incarcérée pendant près d’un an. Le centre de détention de Yaoundé accueille actuellement quinze migrants en situation irrégulière expulsés des États-Unis, aucun d’entre eux n’étant Camerounais.
Une Marocaine de 21 ans a quitté son pays d’origine en raison de violences familiales et de la criminalisation de l’homosexualité. Arrivée aux États-Unis début 2025 après un long trajet, la jeune femme a été emprisonnée avant d’être renvoyée vers le Cameroun, un autre pays où l’homosexualité est illégale, rapporte ce dimanche l’Associated Press. Pourtant, elle avait obtenu une ordonnance de protection d’un juge américain de l’immigration.
**Un an d’incarcération**
Initialement, la jeune femme avait fui le Maroc en raison des violences infligées par sa famille et celle de sa compagne. Après avoir été chassée de son domicile, elle a été menacée de mort. Sur les conseils d’un ami, elle a quitté le pays avec sa compagne pour se rendre au Brésil. Elle a ensuite traversé six pays pendant plusieurs semaines pour atteindre les États-Unis, où elle a sollicité l’asile.
Cependant, elle a rapidement été incarcérée. Sa détention a duré près d’un an, d’abord en Arizona, puis en Louisiane. « Il faisait très froid. Et on n’avait que de fines couvertures », a-t-elle raconté, ajoutant que les soins étaient insuffisants. Sa demande d’asile ainsi que celle de sa compagne ont été rejetées. Toutefois, elle a obtenu, contrairement à sa partenaire, une ordonnance de protection d’un juge de l’immigration, stipulant qu’elle ne pouvait pas être expulsée vers le Maroc car sa vie y était en danger.
**Une faille juridique**
Finalement, à trois jours de son audience de libération, la Marocaine de 21 ans a été menottée par les services de l’immigration et des douanes (ICE) et embarquée dans un avion à destination du Cameroun. Un pays qu’elle n’avait jamais visité et où elle est également en danger. Une fois sur place, elle a été placée en détention. On lui a laissé le choix de rester dans le pays ou d’être renvoyée vers le Maroc. Elle a accepté le transfert, mais la jeune femme vit désormais cachée. « Il est difficile de vivre et de travailler dans la crainte constante d’être retrouvée par ma famille », a-t-elle témoigné.
Comme elle, des dizaines de personnes ont été expulsées des États-Unis malgré leur protection par une ordonnance. À chaque fois, l’administration a contourné ce système en les renvoyant vers un pays tiers. Le centre de détention de Yaoundé accueille actuellement quinze migrants en situation irrégulière expulsés des États-Unis. Aucun d’entre eux n’est Camerounais.

