Seedance 2.0 : Hollywood ne craint pas cette IA vidéo
Une scène de bagarre entre Tom Cruise et Brad Pitt dans un décor apocalyptique est le produit de Seedance 2.0, le nouveau générateur vidéo d’IA développé par ByteDance, la maison mère de TikTok. La Motion Picture Association (MPA) a accusé ByteDance d’exploitation non autorisée d’œuvres protégées, en pointant des vidéos qui reprennent sans permission des personnages et scènes de films populaires.
Une scène de combat entre Tom Cruise et Brad Pitt dans un cadre apocalyptique crée un émoi à Hollywood. Ce n’est pas la bande-annonce d’un futur blockbuster américain, et c’est précisément là le problème. L’extrait vidéo, largement diffusé sur les réseaux sociaux, est le résultat de Seedance 2.0, le nouvel outil de génération vidéo par IA développé par ByteDance, la société mère de TikTok.
Lancé en février, Seedance 2.0 se présente comme capable de transformer du texte, des images, des séquences vidéo ou des fichiers audio en clips vidéo d’une qualité cinématographique. Il peut reproduire des mouvements de caméra ou des styles visuels, permettant ainsi la création de clips. Sa seule véritable concurrente est peut-être les versions les plus récentes de Veo, un modèle développé par Google.
### Une IA difficilement accessible en dehors de la Chine
Ces intelligences artificielles génératives prétendent offrir à quiconque la possibilité de réaliser un film de qualité professionnelle. Il n’est plus nécessaire de filmer, de monter ou d’engager une équipe technique ; tout peut être remplacé par une simple invite de quelques lignes de texte et des images de référence. Bien que le résultat soit de plus en plus impressionnant, il est généralement limité à quelques minutes. De plus, il est ardu de remplacer l’intention créative d’un véritable long métrage.
Pour l’instant, Seedance 2.0 est – officiellement, en tout cas – uniquement accessible en phase de test en Chine. Cependant, il est possible d’utiliser le modèle par l’intermédiaire de sites non officiels, souvent payants. Dreamina, la plateforme offrant l’accès aux fonctions d’intelligence artificielle générative de ByteDance, inclut déjà la version précédente de Seedance. Le lancement de la version 2 pour le reste du monde est prévu pour la semaine prochaine.
Cependant, Seedance ne plaît pas à tout le monde. La Motion Picture Association (MPA) a accusé ByteDance d’avoir exploité des œuvres protégées sans autorisation. L’association a notamment mis en avant des vidéos utilisant sans permission des personnages et des scènes de films populaires, tels que *Harry Potter* ou *One Piece*. Vendredi, Disney a mis en demeure l’entreprise, affirmant que Seedance 2.0 avait été entraîné sur une « bibliothèque piratée » comprenant des franchises comme *Star Wars* ou Marvel. Ce mardi, Netflix a donné trois jours à ByteDance pour cesser d’utiliser ses propriétés intellectuelles. D’autres entreprises ont également été préoccupées par ces problèmes : le générateur vidéo Sora d’OpenAI a essuyé des critiques similaires au printemps dernier.
### La guéguerre des IA génératives
Dans ce contexte, le syndicat des acteurs SAG-AFTRA a condamné la diffusion de deepfakes de célébrités, craignant que cet outil ne compromette leurs droits à l’image. Les acteurs s’inquiètent de voir leurs visages reproduits sans consentement.
Le fait que Seedance soit développé par ByteDance, la société mère de TikTok, déjà surveillée par le Congrès américain, donne une dimension stratégique à cette affaire. Face aux protestations, ByteDance a tenté d’apaiser les tensions. L’entreprise affirme respecter la propriété intellectuelle et indique travailler à l’ajout de mesures pour empêcher l’utilisation non autorisée de contenus protégés ou de visages réels. Cependant, elle ne précise pas encore comment ces restrictions seront mises en place.

