Voitures électriques : ventes en hausse et 10 000 bornes d’ici 2030
Le marché des voitures électriques en Tunisie a enregistré plus de 100 véhicules écoulés en trois mois, un volume équivalent à celui des trois dernières années cumulées, selon Nafaâ Baccari, directeur général de l’ANME. Actuellement, le pays compte environ 200 points de recharge pour plus de 400 véhicules électriques en circulation, avec un objectif d’atteindre 10 000 points de recharge d’ici 2030.
Le marché des voitures électriques en Tunisie connaît une dynamique sans précédent, soutenue par un ensemble de mesures incitatives mises en place par la loi de finances 2026. En seulement trois mois, plus de 100 véhicules électriques ont été vendus, un chiffre équivalent à celui enregistré au cours des trois dernières années cumulées, selon Nafaâ Baccari, directeur général de l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME).
Cette progression significative s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale de transition énergétique, qui vise à augmenter à 50 % la part des énergies renouvelables dans la production d’électricité et à diminuer les émissions de carbone de plus de 46 %. À cet égard, le secteur du transport, considéré comme l’un des plus gourmands en énergie et les plus polluants, se présente comme un levier prioritaire.
D’après le responsable, les récentes mesures fiscales ont été déterminantes dans cette évolution. La loi de finances 2026 a mis en place une exonération totale des droits de douane pour les véhicules électriques, une réduction de la TVA à 7 %, ainsi qu’une diminution de 50 % des frais de circulation et d’immatriculation. Ces dispositions ont conduit à une baisse des prix estimée à environ 30 %, rendant ces véhicules plus accessibles et stimulant ainsi la demande.
Dans ce contexte, le marché tunisien s’est considérablement diversifié, avec près de 40 modèles de voitures électriques actuellement disponibles. Cette concurrence accrue a favorisé une meilleure accessibilité, certains modèles étant désormais proposés à des prix proches de ceux des véhicules thermiques, autour de 50 000 dinars. D’autres modèles, plus haut de gamme, peuvent toutefois atteindre près de 150 000 dinars, selon les caractéristiques techniques et les attentes des consommateurs.
Le directeur général de l’ANME a indiqué que la tendance générale des prix est orientée à la baisse, une évolution qui devrait se poursuivre avec l’intensification de la concurrence et l’élargissement de l’offre.
Parallèlement à la croissance du marché, les autorités tunisiennes accélèrent le développement des infrastructures de recharge. Actuellement, le pays compte environ 200 points de recharge pour plus de 400 véhicules électriques en circulation. L’objectif affiché est d’atteindre 10 000 points de recharge d’ici 2030.
Dans ce cadre, un nouveau cahier des charges est en cours de finalisation. Ce dernier permettra aux entreprises et aux particuliers d’investir dans la création de stations de recharge sur l’ensemble du territoire. Les procédures d’installation devraient être simplifiées et accompagnées d’incitations, tandis qu’une plateforme numérique dédiée facilitera la localisation des bornes pour les utilisateurs.
Concernant les tarifs de recharge, ceux-ci seront libéralisés et dépendront de plusieurs facteurs, notamment le niveau d’investissement, la localisation des stations et la concurrence entre opérateurs.
Le responsable a aussi ajouté que la Tunisie nourrit des ambitions industrielles dans ce domaine. La loi de finances 2026 prévoit des mesures de soutien à la fabrication locale, en particulier dans le secteur des batteries, qui sont un composant central des véhicules électriques. Les matières premières bénéficieront d’exonérations fiscales et d’un taux de TVA réduit pour encourager les industriels à se lancer sur ce créneau.
Selon Nafaâ Baccari, certains acteurs ont déjà commencé la production de batteries, ouvrant la voie à l’émergence, à moyen terme, d’une véritable industrie nationale des véhicules électriques en Tunisie.

