Stabilisation du marché : enjeux d’une approche économique intégrée
La bataille contre la spéculation, le monopole et la hausse des prix nécessite une approche économique intégrée qui place la souveraineté comme l’une des priorités stratégiques. Selon les derniers rapports de l’Institut national de la statistique (INS), on assiste à une envolée spectaculaire des prix de certains produits alimentaires de base.

La lutte contre la spéculation, le monopole et l’augmentation des prix nécessite, en complément des opérations de contrôle et de suivi, une approche économique intégrée qui place la souveraineté comme l’une des priorités stratégiques.
Cette souveraineté est d’autant plus cruciale qu’elle représente, comme le souligne à chaque fois le Chef de l’Etat, un pilier de la sécurité nationale, un levier d’autonomie économique et un facteur de valorisation sociale.
La Presse — Depuis quelques jours, à l’approche du mois de Ramadan, les prix de certains produits alimentaires de base connaissent une augmentation spectaculaire. Cette hausse est d’ailleurs confirmée par les derniers rapports de l’Institut national de la statistique (INS).
Selon les analystes, ces augmentations pourraient mener à une érosion effective du pouvoir d’achat des citoyens, déjà mis à mal.
Dans cette conjoncture, de nombreux ménages, en particulier ceux de la classe moyenne ou à faibles revenus, se voient contraints d’adopter des stratégies personnelles pour alléger cette pression, que ce soit par la réduction du gaspillage alimentaire, la recherche de promotions, de plus en plus courantes, notamment dans les grandes surfaces, ou encore la suppression de dépenses superflues.
Bien que de telles pratiques, qui sont courantes un peu partout dans le monde, soient importantes, elles demeurent insuffisantes face à la complexité des exigences quotidiennes.
Dès lors, il est nécessaire d’identifier d’autres mesures gouvernementales sécurisantes et beaucoup plus radicales.
À ce stade, l’État pourrait envisager, comme le soulignent de nombreux observateurs, « des dispositions de blocage, même temporaires, de certains prix de consommation de base, et l’allégement des taxes sur les produits de première nécessité ».
L’État pourrait également renforcer son soutien aux agriculteurs pour les aider à réduire les coûts de production, limiter les répercussions sur les prix, sécuriser les chaînes d’approvisionnement, bloquer le plafonnement des prix et ainsi stabiliser le marché.
De plus, les subventions directes, la régulation des marges des intermédiaires ou les aides exceptionnelles aux populations vulnérables constituent des options sérieuses.
Cap sur la productivité
Il serait par ailleurs essentiel d’affiner davantage les opérations de contrôle et de suivi du marché. À cet égard, on ne peut que se réjouir de la mobilisation, sur instructions du Président, d’unités sécuritaires pour lutter contre le monopole, la spéculation, l’augmentation des prix et le contournement des circuits légaux de distribution.
Cette initiative témoigne de la volonté de mettre un terme, ou du moins de réduire considérablement, les pratiques commerciales qui ont gravement impacté le quotidien des ménages tunisiens, entravé la consommation et, par conséquent, affecté l’économie nationale. D’ailleurs, les premiers bilans annoncés confirment l’efficacité d’une telle mesure.
Cependant, pour assainir durablement le commerce des pratiques illégales, il est impératif de moderniser encore davantage les outils de contrôle et de suivi. En effet, l’évolution du marché impose que les unités sécuritaires disposent de moyens technologiques avancés et, plus spécifiquement, de plateformes digitales permettant le suivi en temps réel des circuits de distribution, la traçabilité des produits et l’identification des anomalies.
En outre, il est reconnu que la lutte contre la spéculation et le monopole doit s’inscrire dans le cadre d’une approche économique intégrée, qui placerait la souveraineté productive au centre de ses priorités.
Il est vrai que nos principaux producteurs sont encore loin d’atteindre un niveau de compétitivité élevé, ce qui explique cette forte dépendance à l’offre étrangère. Il ne faut pas oublier que plus de 50 % de nos produits alimentaires sont importés.
L’amélioration du niveau de productivité permettrait donc, comme déjà souligné, de réduire cette dépendance, de sécuriser l’approvisionnement et de réactiver le marché.
Elle constitue également un rempart contre les éventuels dérapages commerciaux, un vecteur de création de richesse et une base de stabilisation sociale.

