Tunisie

Sidi Bouzid inaugure une centrale solaire de 50 MW.

Une nouvelle centrale solaire photovoltaïque d’une capacité de 50 mégawatts est entrée en exploitation mardi à El Khobna, dans la délégation de Mezzouna, au gouvernorat de Sidi Bouzid. Cette centrale, réalisée dans un partenariat avec le groupe norvégien Scatec et la société japonaise Aeolus, a nécessité un financement de 135 millions de dinars.


Une nouvelle installation énergétique a été mise en service mardi à El Khobna, dans la délégation de Mezzouna, au gouvernorat de Sidi Bouzid, avec l’ouverture d’une centrale solaire photovoltaïque d’une capacité de 50 mégawatts. L’inauguration a eu lieu aujourd’hui avec la ministre de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, Fatma Thabet Chiboub, dans un contexte où les énergies renouvelables connaissent une forte croissance en Tunisie.

Cette infrastructure vient après la mise en production d’une centrale similaire à Tozeur, illustrant ainsi une accélération des projets solaires à l’échelle nationale. Elle fait partie d’un programme global de 500 mégawatts développé sous un régime de concessions, visant à diversifier les sources de production d’électricité et à diminuer la dépendance aux hydrocarbures.

D’après Wael Chouchane, le secrétaire d’État chargé de la Transition énergétique, ce projet s’inscrit dans la stratégie énergétique à l’horizon 2035. Cette stratégie vise à atteindre 35 % d’énergies renouvelables dans le mix électrique d’ici 2030 et 50 % d’ici 2035. Il a précisé que cette centrale pourrait réduire les coûts de production de l’électricité d’environ 30 millions de dinars par an.

Sur le plan opérationnel, le projet va renforcer l’approvisionnement en énergie de la région. Faical Tarifa, le président-directeur général de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz, a annoncé qu’elle pourrait répondre à près de 70 % des besoins en électricité du gouvernorat, notamment en période de forte demande estivale. Il a également souligné les économies financières anticipées, estimées à près de 60 millions de dinars par an sur les coûts de gaz.

Avec une superficie de 100 hectares, la centrale est le fruit d’un partenariat international entre le groupe norvégien Scatec et la société japonaise Aeolus, financé à hauteur de 135 millions de dinars par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement. Ce montage devrait limiter la consommation de combustibles fossiles et diminuer les importations de gaz naturel d’environ 13 millions de dollars par an, tout en générant près de 8 millions de dollars d’économies annuelles sur les coûts d’exploitation.

Pour Nafaâ Baccari, le directeur général de l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie, cette centrale est le troisième projet de ce type en Tunisie, après ceux de Kairouan et Tozeur, lancés dans le cadre d’accords de concession de 2019. Il a annoncé que le programme continuera dans d’autres régions, notamment à Gafsa et Tataouine, pour atteindre la capacité globale prévue de 500 mégawatts.

Dans le gouvernorat de Sidi Bouzid, le développement du solaire est prévu avec la construction de nouvelles installations totalisant 300 mégawatts, ainsi qu’un projet majeur de 198 mégawatts, considéré comme le plus important du pays. À terme, la capacité de production régionale pourrait atteindre 400 mégawatts d’énergie renouvelable, faisant de la région un pôle majeur de production électrique solaire.

Lors de son allocution, la ministre a souligné l’importance des compétences nationales dans le succès de ces projets, insistant sur le fait que l’engagement de l’entreprise publique et des acteurs locaux est essentiel en complément des investissements étrangers. Elle a également appelé à une mobilisation accrue des institutions pour soutenir le déploiement de ces projets et accélérer leur réalisation.