Tunisie

Quand le café de contrebande menace le secteur formel

L’Association Nationale des Petites et Moyennes Entreprises (ANPME) tire la sonnette d’alarme face à l’« aggravation dangereuse » du marché informel du café. Selon les données partagées par l’association, le café de contrebande s’écoule désormais à des tarifs oscillant entre 20 et 25 dinars le kilogramme, tandis que le prix du kilogramme sur le marché officiel avoisine les 34,500 dinars.


L’Association Nationale des Petites et Moyennes Entreprises (ANPME) tire la sonnette d’alarme face à l’« aggravation dangereuse » du marché informel du café.

Dans un communiqué publié ce mardi 19 mai, l’organisation patronale exprime son vif mécontentement quant à la prolifération de ce produit en dehors des circuits légaux, dénonçant une rupture flagrante de l’égalité des chances entre les entreprises structurées, respectueuses de la loi, et les réseaux clandestins.

Selon les données partagées par l’association, le café de contrebande s’écoule désormais à des prix défiant toute concurrence, allant de 20 à 25 dinars le kilogramme, avec en prime une livraison gratuite pour les commandes groupées.

Cette situation constitue une anomalie économique majeure, alors que le prix du kilogramme sur le marché officiel avoisine les 34,500 dinars.

Pour l’ANPME, un tel écart s’explique par l’essor exponentiel du commerce illicite, une tendance particulièrement visible dans les zones frontalières où les prix subissent une décote encore plus agressive.

L’impact de ces pratiques frauduleuses est lourd de conséquences pour le tissu économique tunisien. L’organisation souligne que cette concurrence déloyale asphyxie les PME en règle, fragilise l’investissement et menace directement la pérennité des emplois.

De plus, ce manque à gagner prive l’État de précieuses recettes fiscales, tout en faussant les règles de la saine concurrence sur le marché national.

L’ANPME rappelle que les opérateurs légaux sont soumis à des charges fiscales, sociales et logistiques importantes, tout en s’astreignant à de stricts cahiers des charges et normes sanitaires.

À l’inverse, l’économie parallèle prospère en toute impunité et hors de tout contrôle, mettant en péril l’avenir même du secteur formel.

Face à cette crise, l’association exhorte les autorités compétentes à réagir énergiquement en intensifiant les contrôles sur les routes de la contrebande et les réseaux de distribution clandestins.

Elle réclame des mesures de sauvegarde urgentes pour les entreprises en règle, ainsi qu’une application stricte et inflexible de la loi à l’ensemble des acteurs de la filière.

Enfin, l’organisation appelle à l’élaboration d’une véritable stratégie nationale capable de freiner l’expansion de l’informel, tout en insistant sur la nécessité de protéger les consommateurs contre des produits d’origine douteuse, totalement exempts de contrôle sanitaire.

La protection de l’économie nationale et la survie des PME dépendent aujourd’hui d’une réelle volonté politique de traquer le commerce parallèle.

Pour l’association, c’est l’unique voie possible pour restaurer un climat des affaires équitable, garantissant les droits de l’État, des entrepreneurs et des citoyens.