
Eau potable en Tunisie : plus d’un million de m³ perdus par la chaleur chaque jour
Les fortes températures en Tunisie entraînent une évaporation de plus d’un million de mètres cubes d’eau quotidiennement durant le mois de juin. Selon Anis Ben Rayana, les réserves des barrages tunisiens étaient d’environ 1,4 milliard de mètres cubes à fin juin 2026.
Les températures élevées observées en Tunisie mettent à rude épreuve les ressources en eau du pays. D’après Anis Ben Rayana, expert en affaires agricoles, plus d’un million de mètres cubes d’eau s’évaporent chaque jour au mois de juin en raison de la chaleur exceptionnelle.
Lors d’une intervention sur Express Fm le samedi 18 juillet 2026, l’expert a précisé que les réserves des barrages tunisiens atteignaient environ 1,4 milliard de mètres cubes à la fin juin 2026, un niveau considéré « positif » comparé à l’année précédente, bien que la canicule persiste.
Cette évaporation massive entraîne une pression supplémentaire sur les ressources disponibles et cause des perturbations dans l’approvisionnement en eau potable dans plusieurs régions.
Anis Ben Rayana a clarifié que les problèmes d’approvisionnement ne résultent pas seulement d’une disponibilité limitée des ressources, mais aussi de contraintes techniques et énergétiques. Il a mentionné les travaux programmés par la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (SONEDE), les pannes techniques imprévues et les coupures d’électricité, qui impactent directement le pompage.
Il a ajouté que la SONEDE gère près de 1 500 stations de pompage électriques et environ 1 200 forages profonds. En conséquence, toute interruption de courant perturbe automatiquement la distribution de l’eau, en particulier dans les zones qui dépendent des nappes souterraines.
L’expert a également signalé des situations variées selon les régions, avec certaines zones comme les gouvernorats de Zaghouan et de Siliana bénéficiant d’une amélioration d’approvisionnement, alors que Tabarka continue de rencontrer des difficultés.
Il a fait savoir qu’une amélioration soutenue devrait se produire à partir de mars 2027, lorsque sera mise en service une nouvelle station d’une capacité de 400 litres par seconde. Pour le gouvernorat du Kef, le raccordement de la ville et de ses délégations au système de Bir El Haffi est prévu dans les semaines à venir. De plus, les études pour le projet de transfert d’eau de Barbara vers le Kef avancent, avec un coût estimé à environ 2 milliards de dinars.
Dans les régions centrales et méridionales, notamment au sud de Sfax, les perturbations dans l’approvisionnement sont principalement attribuées à la dépendance aux forages profonds et aux problèmes d’alimentation électrique nécessaires au bon fonctionnement des installations.
L’expert a aussi mis en garde contre la situation d’approvisionnement dans le Sahel et le nord de Sfax, qui repose sur une station exploitée au-delà de ses capacités ainsi que sur le barrage de Nebhana et des forages dans le gouvernorat de Kairouan. Il a précisé que les réserves du barrage de Nebhana avaient fortement chuté, ne dépassant pas 5 millions de mètres cubes cette année.
Pour alléger la pression sur le réseau, Anis Ben Rayana a annoncé l’entrée en service de la station de dessalement d’eau de mer de Sousse, prévue pour juillet et début août. Cette installation devrait aider à améliorer l’approvisionnement en eau potable dans les régions du Sahel et du nord de Sfax, qui font face à des problèmes récurrents liés au stress hydrique.
