Clôture de la 40e édition de la Foire internationale du livre de Tunis, affluence importante.
Le rideau est tombé ce dimanche au Parc des expositions du Kram, marquant la fin de la 40ème édition de la Foire internationale du livre de Tunis (FILT), qui a eu lieu du 23 avril au 3 mai 2026. Le nombre de visiteurs a atteint, le vendredi 1er mai, 35 000, un chiffre record jamais enregistré par le Parc des expositions du Kram depuis sa création.

Ce dimanche, la 40ème édition de la Foire internationale du livre de Tunis (FILT) au Parc des expositions du Kram s’est clôturée. Les visiteurs ont eu l’occasion, durant ces dix jours, de découvrir les dernières évolutions dans les domaines de la culture, de la pensée, de la philosophie, de l’histoire, de la critique, ainsi que plusieurs études dans diverses disciplines scientifiques.
Cette édition, qui s’est tenue du 23 avril au 3 mai 2026 avec l’Indonésie comme invitée d’honneur, a rassemblé des éditeurs de plus de 35 pays, offrant aux lecteurs plus de 148 000 titres en différentes langues. La FILT a connu une forte affluence, particulièrement durant les week-ends et les jours fériés.
Le vendredi 1er mai, jour de la Fête du Travail, le nombre de visiteurs a atteint un chiffre record de 35 000, un événement jamais enregistré par le Parc des expositions du Kram depuis son ouverture, selon Mourad Khlifa, chargé des exposants.
L’affluence du public, point fort de cette édition
Au-delà de cette affluence, la FILT a rassemblé de nombreux points forts, parmi lesquels une augmentation des ventes. De nombreux exposants tunisiens et d’un certain nombre de pays arabes l’ont signalé dans des déclarations à l’agence TAP, exprimant leur satisfaction d’avoir réalisé des bénéfices grâce à l’intérêt des visiteurs pour l’achat des ouvrages exposés.
Un des aspects les plus notables de cette édition a été la participation pour la première fois de plusieurs maisons d’édition, ainsi que le retour d’autres après une absence de 6 à 10 ans.
Farid Zahran, président de l’Union des éditeurs égyptiens, a noté dans une interview à l’agence TAP l’importance d’exploiter cette forte participation d’éditeurs arabes, en les encourageant à continuer à participer aux futures éditions de la Foire de Tunis, incitant ainsi d’autres éditeurs à venir.
Il a estimé que la Foire « traverse une période charnière qui en fait une destination majeure pour les éditeurs arabes, en raison des changements régionaux actuels », faisant allusion à l’instabilité dans certaines régions ayant provoqué des reports ou annulations de plusieurs foires.
Cependant, les organisateurs de la Foire internationale du livre de Tunis n’ont pas su tirer pleinement parti de cette occasion. Cette édition a plutôt souffert de divers problèmes en matière d’organisation, de logistique et de communication.
Ces dysfonctionnements ont affecté la fréquentation des événements avec les grands noms invités à la Foire.
Des critiques ont été formulées à l’encontre des responsables de la foire, tant par les visiteurs que par les exposants, les éditeurs, les acteurs culturels, et des observateurs attentifs au secteur du livre et de l’édition.
Problèmes organisationnels
Malgré le succès populaire, l’un des principaux défis de cet événement historique, qui coïncide avec son 40ème anniversaire, a été constitué par les problèmes organisationnels et d’aménagement des espaces dédiés aux exposants.
Dès les premiers moments, des signes de désorganisation étaient visibles, notamment un retard dans l’affichage du plan de répartition des stands au Parc des expositions du Kram, traditionnellement affiché dans le hall principal. Ce retard de trois jours a désorienté les visiteurs, compliquant leur recherche des stands d’éditeurs. Ce plan n’a été consultable qu’une fois affiché.
La difficulté d’accès à ce plan a été exacerbée par l’absence d’un site web dédié à la Foire, ou de publications des informations sur ses réseaux sociaux, dans un pays comptant 11 millions d’internautes, dont près de 8 millions d’utilisateurs de Facebook.
Un certain nombre d’exposants arabes se sont également plaints du manque de clarté dans la numérotation des stands et du retard dans l’installation de certains d’entre eux.
Ces problèmes ont conduit à un entassement de caisses de livres dans les allées en attente de rangement, perturbant l’exposition lors des premiers jours.
Les critiques se sont aussi dirigées vers la disposition des stands : certains, entourés de hauts murs, masquaient leur vue des passants, réduisant ainsi leurs chances de profiter de l’affluence, contrairement à d’autres dont la configuration était plus avantageuse.
Une crise de répartition de stands et des propositions pour résoudre ce problème
En plus de l’absence d’un système efficace pour permettre aux visiteurs de trouver facilement les stands, la répartition des espaces d’exposition a été vivement critiquée.
Les exposants ont fait état du fait que certaines maisons d’édition occupent depuis des années des emplacements stratégiques sans transparence dans ces attributions.
Un éditeur a suggéré la création d’une application électronique permettant à chacun de choisir l’espace du stand et de payer en ligne, avec des tarifs plus élevés pour les emplacements stratégiques, afin d’assurer équité et rentabilité dans la gestion de la Foire.
Une autre éditrice a proposé de réorganiser les stands en fonction de l’importance des maisons d’édition, suggérant que le hall principal accueille les grandes maisons, qui attirent le plus les lecteurs lors des foires internationales.
Elle a également recommandé de réserver un espace dédié à chaque pays, portant clairement son nom et regroupant les maisons d’édition nationales, afin de faciliter la recherche des visiteurs.
De nombreux éditeurs se sont plaints, dans des déclarations concordantes, de la séparation géographique des éditeurs tunisiens d’avec leurs homologues étrangers, placés dans des espaces différents.
Ils ont expliqué que la proximité avec leurs confrères étrangers favoriserait des opportunités de partenariat et d’échange des droits d’édition et de traduction.
Cette proximité est également considérée comme une opportunité de promouvoir le livre tunisien et de soutenir sa diffusion.
Manquements dans la promotion des rencontres avec les invités
Malgré la présence de figures intellectuelles et culturelles du monde du livre comme Gvantsa Jobava, présidente de l’Union internationale des éditeurs, et Saïd Khatibi, lauréat du Prix international du roman arabe, la promotion des rencontres avec ces invités s’est révélée insuffisante.
Les visiteurs ont critiqué le manque de publicité pour les conférences et les événements. Beaucoup d’amateurs ont découvert ces rencontres par hasard, grâce à des diffusions en direct des stands, ce qui les a empêchés de se rendre sur place.
Par ailleurs, plusieurs éditeurs ont souligné une « mauvaise programmation des horaires », avec des rencontres importantes se tenant en matinée, pendant les heures de travail et de cours.
Une programmation l’après-midi aurait été plus judicieuse pour garantir une meilleure affluence et refléter l’intérêt des lecteurs tunisiens pour ces invités.
L’importance d’une préparation en amont
Malgré ces manquements, l’afflux de lecteurs est la clé de cette édition. Ce succès ne concerne pas uniquement les jeunes et les adultes ; l’espace dédié aux enfants et adolescents a également connu une forte affluence.
Cette fréquentation confirme l’engouement des familles tunisiennes pour la lecture et pour la culture en général.
Cela contredit l’idée que les Tunisiens ne s’intéressent pas à la lecture, malgré la baisse du pouvoir d’achat et l’augmentation des prix de certains ouvrages.
L’afflux massif des visiteurs et des éditeurs prouve que cette 40ème Foire internationale du livre de Tunis a été un événement majeur, comme en témoigne son succès commercial et son dynamisme culturel.
Cela indique un intérêt croissant pour le livre et la culture, tant chez les Tunisiens que chez les éditeurs de divers pays.
Ces éléments soulignent la nécessité de mettre en place rapidement un organisme permanent chargé de la programmation de cette Foire internationale du livre de Tunis tout au long de l’année.
Cette mission devrait commencer à la fin de chaque édition, après une évaluation approfondie de l’édition précédente, pour éviter les problèmes organisationnels rencontrés cette année.
Les expériences antérieures montrent que la préparation des programmes culturels et des invités commence deux ans avant l’édition d’une foire internationale du livre, et non deux mois avant.
Pour garantir un succès à la hauteur de la réputation de la Tunisie et de ses intellectuels lors de cette 40ème édition, de nombreux éditeurs, exposants et spécialistes de la culture ont souligné l’importance pour le ministère des Affaires culturelles de continuer à superviser son organisation.
Ils ont suggéré de confier les tâches organisationnelles et esthétiques à de jeunes spécialistes, sous la supervision d’éditeurs et de professionnels ayant une réelle expérience de nombreux événements internationaux, afin d’améliorer les problèmes organisationnels et d’assurer le rayonnement de cet événement pour les éditions futures.

