Climat des affaires : La Tunisie ne fait plus rêver les investisseurs étrangers.
Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, les marchés financiers ont baissé, mais ne se sont pas effondrés. À la fin de l’année 2025, la Tunisie est parvenue à attirer des flux d’investissements dépassant les 3,5 milliards de dinars et les prévisions tablent sur 4 milliards de dinars pour l’année 2026.
Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, les marchés financiers ont enregistré une baisse, mais n’ont pas subi d’effondrement. La montée des tensions suscite des interrogations sur l’avenir des flux d’investissements directs étrangers (IDE). Certains experts estiment que ce conflit pourrait influencer ces flux d’IDE.
Le climat des affaires reste un atout majeur pour améliorer les conditions d’investissement et d’entrepreneuriat, ainsi que pour renforcer la compétitivité nationale.
La Tunisie a déjà eu à gérer plusieurs chocs externes ces dernières années et a acquis une certaine expérience dans ce domaine. Le conflit au Moyen-Orient est une nouvelle épreuve parmi d’autres, dont les effets potentiels sur l’économie nationale sont divers, dans un contexte international marqué par une incertitude persistante. Des flux d’IDE ont tendance à se diriger vers des régions considérées comme plus sûres en période de risque géopolitique accru.
Dans cette nouvelle configuration géopolitique et économique, la Tunisie pourrait envisager de diversifier son portefeuille d’activités économiques et d’investissements, en élargissant ses marchés potentiels. Elle possède en effet des caractéristiques susceptibles de favoriser l’attraction des investissements : une ouverture économique, une volonté affichée de mener des réformes et d’attirer les capitaux étrangers, et des opportunités de placements rentables.
D’après le conseiller en investissement et fiscal, Khalil Laabidi, la Tunisie « dispose d’atouts comparatifs susceptibles d’attirer les entreprises qui quittent les pays du Golfe, mais elle doit lever de toute urgence les obstacles structurels qui freinent son attractivité ». Le départ des entreprises de ces pays représente une opportunité pour la Tunisie d’attirer ces flux d’investissements.
Pour saisir cette chance, « des actions immédiates s’imposent : le lancement de missions économiques ciblées vers les pays du Golfe, la mise en place d’un traitement prioritaire et effectif des dossiers d’investissement en provenance de ces zones, ainsi que des efforts de communication sur la stabilité macroéconomique et la qualité des fondamentaux institutionnels du pays ».
Avec l’aggravation de la situation, la Tunisie doit renforcer sa position en tant que destination attractive pour les investissements et les échanges commerciaux. Selon le directeur général de l’Agence de promotion de l’investissement extérieur, Fipa, Jalel Tebib, les récents événements dans les pays du Golfe pourraient solidifier la position de la Tunisie en tant que site attractif, voire un « refuge » pour les investisseurs étrangers, particulièrement ceux visant les grands marchés européens.
Dans une récente interview accordée à l’agence TAP, Jalel Tebib a souligné que les répercussions économiques du conflit au Moyen-Orient sont ressenties à l’échelle régionale et mondiale, et que plusieurs scénarios pourraient être envisagés pour tenter de résoudre la crise, selon divers analystes et experts économiques.
En 2025, la Tunisie a réussi à attirer plus de 3,5 milliards de dinars d’investissements, avec des prévisions de 4 milliards de dinars (MD) pour 2026. Cette attractivité est notamment due au secteur industriel, qui a capté la plus grande part des investissements.
Les données disponibles montrent que la répartition des flux d’investissements directs internationaux hors énergie place la France, l’Allemagne et l’Italie parmi les principaux partenaires de la Tunisie. De nouveaux acteurs économiques cherchent également un climat d’affaires propice, capable de leur offrir des compétences logistiques et un accès rapide aux marchés mondiaux, ce qui augmenterait la contribution de l’investissement étranger au produit intérieur brut (PIB), estimée entre 3 et 4 %.
La Tunisie a mis en œuvre plusieurs mesures pour améliorer le climat d’investissement, notamment la simplification des procédures pour les investisseurs, avec la suppression de plusieurs autorisations et une révision en cours de la loi sur l’investissement.
Le directeur général de la Fipa prévoit « la concrétisation de la moitié des intentions d’investissement enregistrées en 2025, dans un contexte où la crise au Moyen-Orient renforce l’attractivité de la Tunisie comme destination de repli pour les investisseurs étrangers ».
En matière de promotion, les autorités mettent en œuvre une nouvelle stratégie pour attirer les investissements directs étrangers, prenant en compte les évolutions sur la scène internationale. Cette stratégie vise à porter les investissements à 4 milliards de dinars en 2026, en ciblant des secteurs à forte valeur ajoutée tels que l’industrie des composants automobiles et aéronautiques, l’industrie pharmaceutique, l’économie numérique, ainsi que les industries mécaniques, électriques, agroalimentaires et textile-habillement. Elle cherche aussi à renforcer le taux d’intégration dans le secteur automobile, qui devrait augmenter de 40 à 55 % d’ici 2026.
La stratégie inclut la création de canaux numériques modernes sous le slogan « Investir en Tunisie » pour unifier et étendre la portée des programmes de promotion, conformément aux objectifs économiques et sociaux du gouvernement pour 2026. Elle met en exergue les atouts compétitifs du pays, tels que ses ressources naturelles, sa position géographique et son capital humain.
Ainsi, la Tunisie devrait relancer son activité économique dans le cadre de sa diplomatie économique et développer des IDE significatifs, tout en profitant de ses relations privilégiées avec certains pays amis pour établir des partenariats fructueux et renforcer ses structures de soutien au développement économique.

