Tunisie

À Nairobi, Zenzri plaide pour la souveraineté des États et la réforme de l’ONU.

La cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, a réaffirmé, mardi, à l’ouverture du Sommet Afrique-France « Africa Forward », l’attachement de la Tunisie au respect du droit international et sa volonté de bâtir des partenariats durables au cœur du continent africain. Elle a exprimé l’espoir de voir une participation forte et constructive au Forum de Tunis sur l’investissement, prévu les 25 et 26 juin prochains.


La cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, a réaffirmé, mardi, lors de l’ouverture du Sommet Afrique-France « Africa Forward », l’engagement de la Tunisie envers le respect du droit international et sa volonté de construire des partenariats durables au cœur du continent africain.

Elle a adressé les salutations du président de la République Kaïs Saïed à ses homologues, le président de la République du Kenya, William Ruto, et le président de la République française, Emmanuel Macron, ainsi que ses vœux de plein succès pour le déroulement de ce sommet.

Dans son discours prononcé au centre international de conférence Kenyatta, à Nairobi, Zenzri a souligné que la Tunisie estime que la paix ne peut être fondée ni sur des rapports de force déséquilibrés, ni sur une application sélective du droit international, mais sur les principes de justice et d’équité, le respect de la souveraineté des États, de l’indépendance de leurs décisions et des droits de leurs peuples, en particulier leur droit à l’autodétermination.

Elle a également exprimé l’engagement de la Tunisie envers le rôle central des Nations unies et aux principes sur lesquels cette institution a été fondée, estimant que l’ONU reste le garant de la légitimité internationale et de la coexistence pacifique entre les peuples.

Cependant, la cheffe du gouvernement a souligné que la réforme du multilatéralisme est devenue une nécessité urgente, compte tenu des grandes mutations que traverse le monde.

Dans ce cadre, elle a réitéré l’appel de la Tunisie à accélérer la réforme du Conseil de sécurité de l’ONU et à refondre l’architecture financière mondiale, afin de la rendre plus juste, équitable et inclusive, de manière à répondre aux besoins des États et à combler le déficit de financement du développement.

D’autre part, Zenzri a noté qu’il est impossible d’évoquer le financement du développement sans aborder la question des fonds détournés, qu’elle considère comme un droit souverain des peuples auquel aucune concession ne doit être faite. Elle a, dans ce sens, appelé à établir un cadre international efficace et contraignant pour accélérer la restitution de ces fonds, en tant que garantie des droits des générations futures et de la préservation des richesses nationales.

Elle a également réaffirmé l’attachement de la Tunisie au principe des « solutions africaines à des défis africains », soulignant que les problématiques auxquelles le continent est confronté ne peuvent être réduites aux seuls aspects militaires ou sécuritaires, ni être traitées sans prendre en compte leurs causes profondes liées à la marginalisation, à la pauvreté et à la précarité. Tous ces facteurs alimentent les crises économiques et sociales, nourrissent la violence et l’extrémisme et favorisent la traite des êtres humains.

Fière de son appartenance africaine, arabe et méditerranéenne, la Tunisie croit en son rôle actif dans le renforcement des relations entre les pays africains, européens et le reste du monde. À ce titre, la cheffe du gouvernement a souligné que la réalisation du développement au niveau national est étroitement liée à une solidarité internationale plus approfondie, capable de répondre aux exigences d’un progrès juste et équilibré.

Dans ce contexte, elle a rappelé l’engagement de la Tunisie à établir des partenariats durables en Afrique, basés sur l’investissement commun et le transfert d’expertise dans plusieurs secteurs, notamment le bâtiment et les travaux publics, ainsi que l’exportation de services à forte valeur ajoutée dans les domaines de la santé, de l’enseignement et des technologies de l’information.

Elle a également exprimé l’espoir de voir une participation forte et constructive au Forum de Tunis sur l’investissement, prévu les 25 et 26 juin prochains. La Tunisie, a-t-elle affirmé, constitue une destination privilégiée pour l’investissement aux niveaux africain et international grâce à un climat des affaires favorable. Elle a enfin souligné les grandes opportunités offertes par des secteurs stratégiques tels que les énergies renouvelables, les technologies numériques, les industries mécaniques et électriques, ainsi que le bâtiment et les grands travaux, exprimant le souhait que cette rencontre débouche sur des partenariats constructifs et durables.