Comment survivre aux pires drames? La vision d’une journaliste suisse

Ancienne correspondante en Asie pour la chaîne publique suisse alémanique SRF, Karin Wenger a troqué le micro pour la plume. Elle a publié cette année trois livres consacrés à des survivantes et survivants rencontrés lors de ses voyages en Asie. La journaliste zurichoise a travaillé partout en Asie depuis qu’elle a commencé à couvrir le continent en tant que reporter en 2009. Dès le début, elle a rendu visite plusieurs fois aux personnes de tous horizons rencontrées lors de ses reportages. Confinée à Bangkok pendant la pandémie de Covid-19, elle a enfin eu le temps d’écrire leurs histoires, de raconter les épreuves qu’ils et elles ont surmontées et leur extraordinaire esprit de survie. Les reportages de Karin Wenger montrent les conséquences de la guerre, de la corruption, du fondamentalisme et de la production de vêtements bon marché. Survivre aux catastrophes Dans Jacob le prisonnier (Jacob der Gefangene en allemand), l’autrice accompagne un prisonnier indien pendant dix ans.

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«Négocier avec le diable» ou les dilemmes moraux de la médiation de paix

La médiation de paix est nécessairement un travail discret. Les médiatrices et médiateurs parlent peu de ce qui se passe en coulisses ou des dilemmes moraux auxquels la fonction les confronte. Ces spécialistes sont des rouages importants de la diplomatie suisse et joueront à terme un rôle pour obtenir la paix en Ukraine. «Dans un conflit, il y a tout de suite une tendance à déshumaniser l’autre partie», explique Pierre Hazan, conseiller senior auprès du Centre pour le dialogue humanitaire à Genève (HD Centre), quand on l’interroge sur le titre de son livre Négocier avec le diable, publié en septembre. «Très souvent, on parle de personnes qui ont commis des crimes de guerre. Que l’on veuille limiter l’étendue de l’insécurité régionale et internationale, stabiliser la situation ou aider à trouver une sorte de règlement, on est obligé de négocier et on ne le fait pas avec les gentils.» Ces personnes ont leurs propres intérêts, relève-t-il. Elles ne recherchent peut-être pas…

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La guerre en Ukraine contribue au sous-financement d’autres crises

Début décembre, l’ONU va lancer son appel humanitaire pour 2023, un appel à l’attention des donateurs et donatrices qui s’annonce record. Cette année, l’écart entre les besoins et les fonds reçus s’est creusé pour la plupart des agences onusiennes. La guerre en Ukraine est l’un des facteurs qui alimentent le sous-financement, mais pas le seul. Le HCR, l’Agence des Nations unies pour les réfugiés, affirme qu’il est confronté cette année à un déficit de financement sans précédent, en particulier pour les crises prolongées, qui touchent une part importante des personnes que l’organisation aide. Il ajoute avoir déjà dû réduire ses services aux personnes réfugiées ou déplacées à l’intérieur de leur propre pays (PDI). Dans son «rapport sur le sous-financement» publié en septembre, l’agence a mis en évidence 12 pays où ses opérations ne sont même pas couvertes à 50%. Fin octobre, elle a lancé un nouvel appel aux dons, précisant qu’elle avait besoin d’au moins 700 millions de dollars (693…

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La guerre est-elle une affaire d’hommes?

Vingt-sept conflits armés font rage actuellement dans le monde et, comme toujours dans l’histoire de l’humanité, les acteurs clés sont des hommes. La guerre est-elle l’enfant du «sexe fort» et les femmes pourraient-elles changer la politique de sécurité? La politologue Leandra Bias a mené des recherches sur l’autoritarisme et l’antiféminisme qui lui permettent d’apporter des réponses claires. swissinfo.ch: Le cliché selon lequel ce sont surtout les hommes qui font la guerre se vérifie-t-il? Leandra Bias: Les guerres sont dominées par les hommes dans la mesure où ils sont représentés de manière disproportionnée en politique et prennent donc la plupart du temps la décision de s’engager dans un conflit. En outre, les armées du monde sont en grande partie composées d’hommes. Mais cela ne signifie pas que la guerre soit biologiquement une affaire masculine. On éduque les garçons à être plus agressifs et on dénie aux filles le droit de l’être, en Suisse également. Dès que les femmes…

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Comment la Suisse peut contribuer à rendre l’ONU à nouveau crédible

Début 2023, la Suisse occupera pour la première fois un siège au Conseil de sécurité de l’ONU. Un vrai défi. Mais la Suisse a des atouts dans sa manche pour promouvoir paix, sécurité et réformes au sein de l’appareil onusien. Dès janvier prochain et pour deux ans, la Suisse siégera en tant que membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, un organe composé de quinze membres. Mais au contraire des cinq membres permanents du Conseil (Russie, Chine, États-Unis, France et Grande-Bretagne), elle ne disposera pas de droit de veto. Alors que cette institution a été instaurée pour assurer la paix et la sécurité dans le monde, sa crédibilité est aujourd’hui mise à rude épreuve face à une guerre en Ukraine qui s’éternise, Moscou ayant usé de son droit de veto pour bloquer toute résolution condamnant cette invasion. Dépourvue de droit de veto, la Suisse pourra-t-elle aider à des réformes? Professeur honoraire à l’Institut universitaire des hautes études internationales de…

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«Je n’étais pas du tout préparé à l’idée de la guerre en Ukraine»

La mobilisation «partielle» décrétée par Moscou a été un tournant pour beaucoup de Russes. Le 21 septembre 2022, tout a changé, comme en témoigne Vladislav Dontchenko, objecteur de conscience et requérant d’asile en Suisse. Depuis l’invasion de l’Ukraine, une sorte de contrat social tacite était en vigueur en Russie. L’«opération militaire spéciale» visant à «dénazifier et démilitariser» l’Ukraine devait être menée par des militaires professionnels, tandis que la population civile suivrait les événements à la télévision. Mais la mobilisation «partielle» décrétée par Moscou le 21 septembre 2022 a tout changé. Désormais, rentrer chez soi le soir après le travail et se retrouver deux jours plus tard sur le front à Kherson ou Bakhmout est un scénario inacceptable, mais plausible. Enrôlés de force, des citoyens sans véritable formation militaire et dépourvus de toute motivation guerrière ont peu de chances de survivre aux combats. Dans ces circonstances, une conscription en Russie…

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SWISSCOY: Davantage de soldates suisses au service de la paix

Les femmes sont encore minoritaires dans les missions internationales de maintien de la paix. Le contingent SWISSCOY de l’armée suisse au Kosovo démontre l’importance de leur engagement. Au seuil de la trentaine, la Grisonne Iris Probst affiche un large sourire lorsque nous la rencontrons durant sa pause. Son agenda déborde pourtant entre un exercice pour lutter contre les incendies, une séance de sport et une autre consacrée au comportement à adopter en situation de crise. L’odeur âcre du feu imprègne ses cheveux et ses vêtements. Désormais soldate, cette ex-journaliste affirme à SWI swissinfo.ch «peaufiner ses connaissances dans les domaines de la sécurité et de la paix». Elle avoue s’être déjà intéressée durant ses études à la prévention des conflits. «Après mon engagement, j’aimerais peut-être travailler dans ce domaine», dit-elle. Elle vient de passer trois mois à Stans-Oberdorf, dans le canton de Nidwald, à suivre la formation prodiguée par SWISSINT, le Centre de…

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La Chine redessine les rapports de force au Conseil des droits de l’homme

Malgré les efforts des pays occidentaux et des ONG, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a refusé de débattre de la situation dans le Xinjiang, en Chine. Une position qui porte atteinte à la crédibilité de l’organe chargé de la protection des droits humains partout dans le monde. Analyse. Le 6 octobre, le Conseil des droits de l’homme (CDH) de l’ONU à Genève a rejeté un «projet de décision» historique visant à ouvrir un débat sur la situation des droits humains dans la province chinoise du Xinjiang. Le CDH n’avait encore jamais, en 16 ans d’existence, pris pour cible un membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU. À l’approche du vote, la question était sur toutes les lèvres: le principal organe de défense des droits humains des Nations unies peut-il se mettre d’accord pour organiser un débat sur les violations présumées, qui, selon l’ONU, pourraient constituer des «crimes contre l’humanité», lorsque l’un des pays les plus puissants du monde, la Chine, est mis en cause?

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Bill Browder dénonce les failles de la Suisse en matière de corruption russe

L’investisseur Bill Browder se bat contre la corruption et le blanchiment d’argent. Il réclame que les États-Unis et les organisations internationales fassent davantage pression sur la Suisse et explique pourquoi. Dans notre série d’interviews, plusieurs leaders de l’opposition russe reprochent à la Suisse son laxisme en ce qui concerne les actifs russes. Ils affirment que la politique de sanctions de la Suisse est trop timide, compte tenu de son importance pour les capitaux et les matières premières russes. Bill Browder est le militant le plus virulent contre la corruption en Russie. Directeur général de Hermitage Capital Management, une société de gestion de fonds basée à Londres, il s’est fait connaître pour son engagement contre le blanchiment d’argent, en particulier avec l’affaire Magnitsky. SWI swissinfo.ch: quelle est votre impression sur l’actuel procureur général de la Confédération suisse, Stefan Blättler? Bill Browder: Le nouveau procureur général a l’occasion de…

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«Une Amérique latine instable est la dernière chose dont le monde a besoin en ce moment»

La Suisse cessera, d’ici à la fin 2024, sa coopération bilatérale au développement en Amérique latine. Ira Amin de l’ONG helvétique Vivamos Mejor évoque les conséquences de cette décision pour la région. La Suisse va mettre fin à sa coopération bilatérale au développement en Amérique latine. Ira Amin travaille pour une œuvre d’entraide helvétique qui lutte contre les disparités sociales sur ce continent. Vivamos Mejor L’œuvre d’entraide suisse Vivas Mejor, fondée en 1981 par un médecin et certifiée Zewo, améliore les conditions de vie des personnes défavorisées en Amérique latine. L’organisation fournit une aide temporaire à l’autonomie aux communautés touchées par la pauvreté au Guatemala, en Colombie, au Nicaragua et au Honduras. Elle prépare les enfants en bas âge à l’entrée à l’école, aide les jeunes à se lancer dans la vie active et soutient les régions rurales dans la gestion durable de l’eau, du sol et de la forêt. swissinfo.ch: Le retrait de la Suisse d’Amérique latine…

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