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Mort de Medhi Narjissi : la FFR ne porte « aucune responsabilité pénale »

La Fédération se déclare prête à assumer ses responsabilités tout en souhaitant « rétablir la vérité des faits face à ceux qui instrumentalisent le drame ». Selon le président Florian Grill, il n’y a « aucune responsabilité pénale ni de la FFR ni de la DTN », car « aucune baignade en mer n’était prévue au programme ».


La Fédération française de rugby (FFR) a décidé de reconnaître ses responsabilités, tout en cherchant à « rétablir la vérité des faits face à ceux qui instrumentalisent le drame ». C’est le message principal délivré par son président, Florian Grill, concernant la tragédie qui frappe le rugby français depuis l’été 2024. Le 7 août, Medhi Narjissi s’est noyé au large d’une plage sud-africaine pendant une séance de récupération en mer, dans le cadre d’une tournée de l’équipe de France U18. Une enquête judiciaire est en cours, durant laquelle Grill a été entendu et la FFR est mise en examen en tant que personne morale pour homicide involontaire.

« J’ai lu et relu tous les éléments. Je ne vois, et je confirme, aucune responsabilité pénale ni de la FFR ni de la DTN [Direction technique nationale]. Et il y a une raison simple et très claire à cela : aucune baignade en mer n’était prévue au programme », souligne d’abord le président de la Fédération dans une interview accordée à *Midi Olympique* ce lundi.

**Pas de démission envisagée**

Florian Grill aborde ensuite les circonstances du drame. Narjissi avait été emporté par les flots sur une plage réputée dangereuse près du cap de Bonne-Espérance. « La triste réalité, c’est que la faute a été commise sur place, et uniquement sur place. C’est une décision individuelle de sortir du programme établi qui a causé le drame », déclare-t-il.

Le dirigeant justifie son intervention en précisant que « le secret de l’instruction a été violé » à travers la publication d’articles citant ses déclarations dans le journal *L’Equipe*. « La DTN avait, en amont, constitué une équipe très capée, avec tous les diplômes nécessaires pour encadrer le stage […] il n’y a pas lieu de prévoir des personnes titulaires de diplômes pour surveiller des baignades qui n’auraient jamais dû avoir lieu », avance-t-il.

Cette prise de position peut être interprétée comme une réponse aux critiques formulées par l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGESR), dont le rapport, publié en avril 2025, met en lumière « la préparation défaillante du séjour » par la FFR. Le préparateur physique de l’équipe de France U18, Robin Ladauge, destitué de son poste dans la fonction publique en août 2025, ainsi que l’ancien manager, Stéphane Cambos, suspendu pour deux ans dont un ferme, ont déjà été mis en examen pour homicide involontaire dans ce dossier, respectivement en mai et juin 2025.

Interrogé sur la possibilité d’une démission en cas de condamnation de la FFR, Florian Grill a rejeté cette éventualité : « Je sais que l’opposition réclamera ma démission. Je le dis, ces attaques ne sont pas dignes […] J’entends la colère et la douleur de la famille. Les autres, je ne les écoute pas. »