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Prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine : l’UE va conclure

L’Union européenne a lancé mercredi la procédure devant lui permettre, d’ici jeudi, de mettre un point final à la saga du prêt de 90 milliards d’euros consenti par les 27 en décembre à l’Ukraine, mais bloqué depuis par la Hongrie. La ministre slovaque de l’Economie, Denisa Sakova, a pour sa part indiqué sur Facebook que les premières livraisons de pétrole russe n’étaient pas attendues avant les premières heures jeudi matin.


L’Union européenne a engagé mercredi une procédure qui devrait lui permettre, d’ici jeudi, de conclure la longue histoire du prêt de 90 milliards d’euros accordé par les 27 pays en décembre à l’Ukraine, mais qui est bloqué depuis par la Hongrie. Chypre, qui assure la présidence semestrielle du Conseil de l’UE, a annoncé mercredi en milieu de journée qu’elle avait lancé cette procédure, qui devrait mener, dans les 24 heures, à un accord final des 27, y compris de la Hongrie. Une fois l’obstacle hongrois levé, après des mois d’incertitudes et de rebondissements, l’UE espère rapidement verser une première tranche de ce prêt, essentiel pour financer la guerre de l’Ukraine contre la Russie.

« En principe, tous les obstacles sont levés », a déclaré mardi Kaja Kallas, la cheffe de la diplomatie de l’UE. Budapest a toujours posé comme condition à la levée de son veto la reprise des livraisons de pétrole russe via un oléoduc traversant l’Ukraine, endommagé par des frappes russes en janvier. Bien que ces deux sujets semblent distincts, le Premier ministre hongrois Viktor Orban, allié de Moscou, a su tirer parti de tous les moyens à sa disposition pour tenter d’obtenir ce qu’il voulait. « Pas de pétrole = pas d’argent » pour l’Ukraine, a-t-il souvent répété.

Cependant, même si l’Ukraine a annoncé mercredi la remise en fonctionnement de l’oléoduc Droujba (qui signifie « amitié » en russe), le pétrole ne coule toujours pas en Hongrie et en Slovaquie, ces deux pays de l’UE bénéficiant d’une dérogation pour continuer à se fournir en pétrole russe. Un responsable ukrainien du secteur énergétique a annoncé à l’AFP qu’à 12H35, le transit de pétrole avait été lancé depuis un tronçon de l’oléoduc en Ukraine. Toutefois, la ministre slovaque de l’Économie, Denisa Sakova, a indiqué sur Facebook que les premières livraisons de pétrole russe n’étaient pas attendues avant jeudi matin. Les diplomates chypriotes, prudents, ont donc fixé jeudi après-midi comme date limite pour la procédure écrite, à l’issue de laquelle l’accord sera définitivement validé.

Dans le jargon bruxellois, une procédure écrite fixe un délai pour chaque État membre afin de s’exprimer formellement sur son accord ou non. Une réponse positive équivaudra à un accord, permettant à la Commission européenne de prendre les mesures nécessaires au paiement à l’Ukraine d’une première tranche de ce prêt. L’UE a prévu de verser 45 milliards en 2026 et le même montant en 2027.

« Nous avons rempli tous nos engagements » en réparant cette infrastructure, a déclaré à des journalistes, dont l’AFP, le chef de la diplomatie ukrainienne Andriï Sybiga, dont les propos ont été mis sous embargo jusqu’à mercredi. À Bruxelles, diplomates et responsables européens restent prudents, conscients que la situation peut encore évoluer à la dernière minute.

Le Premier ministre slovaque, nationaliste, Robert Fico, a déclaré mercredi que la confiance entre l’Ukraine et son pays avait été altérée par cette situation. « Je ne serais pas surpris que le prêt de 90 milliards d’euros soit débloqué puis que les livraisons de pétrole soient de nouveau interrompues – si l’oléoduc Droujba est un jour rétabli », a-t-il affirmé lors d’un point presse après une réunion gouvernementale.