Maroc

Mariam Elbahaoui : explorer l’univers créatif de l’upcycling

Mariam Elbahaoui, jeune artiste-peintre et sculptrice marocaine originaire d’Essaouira, a choisi de pratiquer l’upcycling pour transformer les déchets en véritables œuvres d’art à grande échelle. Elle a reçu un vibrant hommage lors de la 7e édition de Rihlat Fannane, organisée à Lalla Takerkoust, à 30 kilomètres de Marrakech.


Dans un style délicat et une vision approfondie, la jeune artiste-peintre et sculptrice marocaine Mariam Elbahaoui a choisi de produire une peinture qui résonne avec l’âme des amoureux de l’art. Cette tension dans ses œuvres se manifeste par l’interaction des formes et des couleurs.

Originaire d’Essaouira, cette plasticienne simplifie les formes abstraites et figuratives de ses toiles et sculptures afin d’obtenir des coloris vibrants et lumineux à travers diverses matières. Dans ses sculptures créées par upcycling, elle laisse libre cours à son imagination, faisant preuve d’une grande créativité.

Il n’est pas nécessaire de maîtriser l’anglais pour comprendre le concept d’upcycling. Il s’agit d’une forme de recyclage, mais avec une approche différente : donner une nouvelle vie à un objet en l’améliorant. Avec une conscience croissante autour du zéro déchet, de plus en plus de personnes cherchent à consommer moins et mieux. Cependant, cette tâche peut s’avérer complexe, car certains objets ne peuvent pas être réutilisés indéfiniment. C’est le défi que l’artiste Mariam Elbahaoui a relevé ces dernières années, choisissant de transformer les déchets en œuvres d’art à grande échelle. Grâce à un réalisme remarquable, ses créations, à la fois esthétiques et poétiques, véhiculent un message fort : chaque ressource a le potentiel de se transformer en une création originale.

Pour Mariam Elbahaoui, les déchets sont un sujet central, car la poubelle symbolise ce que nous préférons ignorer. «Ce sont des fragments de notre existence que l’on choisit de ne pas inclure dans le récit familial. Ils appartiennent à une dimension invisible, toujours dissimulée. On justifie souvent cela par des raisons pratiques, comme les besoins d’hygiène. Mais en réalité, ce n’est pas uniquement pour ces motifs : c’est surtout parce qu’on refuse de faire face à nos propres déchets», explique-t-elle.

De plus, dans cette démarche picturale unique, elle accorde une grande importance à l’équilibre rythmique des couleurs, qui reflète son dynamisme sur toile. La mise en relation peinture-mémoire, autrement dit la connexion au vécu, conduit Mariam à faire émerger une réalité humaine provenant d’un abandon réfléchi, où le tressage des couleurs et des graphismes véhicule un sens profond ancré dans la conscience.

Mais au-delà des mots, ce qui reste de cette approche est le plaisir de peindre, de susciter émotions et sentiments, à travers lesquels se dessine une histoire, une expérience mûrie, dont le sens s’éclaire lorsqu’on sait faire silence en soi. Pour s’en rendre compte, il suffit de contempler ses œuvres, où elle a su intégrer ses émotions, ses passions, ses souvenirs d’enfance, ainsi que ses idéaux, rêves et rêveries. Ici, il n’est pas nécessaire de recourir à l’infini des mots pour entrer en poésie ; le pinceau se révèle aussi expressif qu’une plume, ouvrant la voie à un monde captivant.

Mariam Elbahaoui partage son expérience en peinture et en sculpture non seulement au Maroc, mais également à l’étranger, à travers de nombreuses expositions, rencontres artistiques, festivals, salons et ateliers. Elle a même été honorée lors de la 7e édition de Rihlat Fannane, qui s’est tenue à Lalla Takerkoust, située à 30 kilomètres de Marrakech, parmi d’autres distinctions.

**Ayoub Akil**