Maroc

L’Iran prévient qu’un accord est encore éloigné, à trois jours de la fin du cessez-le-feu.

L’Iran a déclaré que « nous sommes encore loin d’avoir bouclé le débat » sur un éventuel accord de paix avec les Etats-Unis, à trois jours de la fin d’un cessez-le-feu. Un militaire français a été tué samedi et trois autres blessés dans une embuscade au Liban, attribuée au Hezbollah, qui a nié toute implication.


L’Iran a déclaré qu’un accord de paix avec les États-Unis restait éloigné, à trois jours de l’expiration d’une trêve entre les deux parties, tandis que le détroit d’Ormuz était verrouillé dimanche. « Nous sommes encore loin d’avoir bouclé le débat », a affirmé Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien : « Nous avons fait des progrès dans les négociations, mais il subsiste de nombreuses divergences et certains points fondamentaux restent en suspens. » Le responsable a participé à des pourparlers à Islamabad avec une délégation américaine dirigée par le vice-président JD Vance, qui se sont soldés par un échec le 12 avril.

Lors de cette réunion, « nous avons souligné que nous n’avons absolument aucune confiance dans les États-Unis », a déclaré M. Ghalibaf, les exhortant à « renoncer à l’unilatéralisme et à l’esprit d’imposition dans leur approche du dialogue ». La méfiance envers Washington est forte à Téhéran, cible de frappes israélo-américaines en juin 2025 puis du 28 février au 8 avril, période durant laquelle les deux parties étaient engagées dans des discussions.

Face à la poursuite du blocus américain de ses ports, l’Iran a annoncé samedi qu’il allait reprendre « le strict contrôle » du détroit d’Ormuz, revenant sur sa décision de la veille de rouvrir cette voie maritime par laquelle transite habituellement un cinquième du commerce mondial de pétrole et de gaz. Peu après cet annonce, au moins trois navires commerciaux qui tentaient de traverser le détroit ont été pris pour cible. « Toute tentative d’approche du détroit d’Ormuz sera considérée comme une coopération avec l’ennemi et le navire contrevenant sera pris pour cible », ont averti les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de l’Iran.

 » Ils jouent au plus malin », a réagi le président américain Donald Trump, dénonçant un « chantage ». Cependant, il a également mentionné avoir eu « de très bonnes conversations » avec Téhéran, en contraste avec le ton iranien. Après plus d’un mois de conflit ayant causé des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, ainsi qu’une grave perturbation de l’économie mondiale, l’annonce de la réouverture du détroit vendredi avait suscité une hausse sur les marchés financiers et une forte baisse des cours du pétrole. Ce nouveau durcissement pourrait entraîner des turbulences supplémentaires sur les marchés, en pleine dynamique diplomatique visant à ramener l’Iran et les États-Unis à la table des négociations.

Donald Trump a affirmé vendredi que les principaux points de blocage avaient été levés, notamment en ce qui concerne le dossier nucléaire, qui a été au cœur des différends entre les deux pays durant des années. Selon lui, l’Iran, qui nie vouloir acquérir la bombe atomique, a accepté de restituer son uranium hautement enrichi, un enjeu crucial, ce qu’a démenti Téhéran.

Au Liban, autre théâtre du conflit, la situation demeure très instable. Un militaire français a été tué samedi et trois autres blessés, dont deux grièvement, dans une embuscade contre des Casques bleus dans le sud du pays. L’attaque, survenue au lendemain de l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu de dix jours au Liban, a été attribuée au Hezbollah pro-iranien, qui a pourtant nié toute implication.

Malgré la trêve, l’armée israélienne est toujours présente sur le territoire libanais : elle a établi une « ligne jaune » de démarcation dans le sud du pays, similaire à celle de la bande de Gaza, et a annoncé avoir « éliminé une cellule terroriste » à proximité de ses troupes. Elle a également fait état de la mort de deux de ses soldats dans la région depuis vendredi. « Un cessez-le-feu signifie une cessation complète de toutes les hostilités. Comme nous ne faisons pas confiance à cet ennemi, les combattants de la résistance resteront sur le terrain, le doigt sur la gâchette, et répondront aux violations », a averti le chef du Hezbollah, Naïm Qassem.

Profitant de l’accalmie, l’armée libanaise répare les routes et les ponts auparavant endommagés par les frappes israéliennes. Cependant, de nombreux habitants semblent hésiter à revenir définitivement, compte tenu de la fragilité du cessez-le-feu, qui a suspendu des hostilités en cours depuis le 2 mars. « Si nous rentrons définitivement, nous avons peur de perdre notre place dans l’école où nous nous sommes réfugiés », confie Hassan, 29 ans, dans la capitale. Le Hezbollah avait alors riposté à l’offensive israélo-américaine contre l’Iran. Les frappes israéliennes ont causé au moins 2 300 morts et déplacé plus d’un million de personnes, selon les autorités.