Maroc

Le Point à la Ligne : Mehdi Mezouari en lumière

Mehdi Mezouari, membre du Bureau politique de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), a analysé l’état du champ politique marocain lors de l’émission « Nokta ila satr » sur la chaîne Al Aoula. Il a affirmé que l’USFP, bien qu’étant aujourd’hui dans l’opposition parlementaire, demeure mobilisé sur le terrain et refuse d’être considéré comme un parti déconnecté de la réalité.


Les ratés du gouvernement, l’union de la gauche…

Le Point À La Ligne de Mehdi Mezouari

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Invité de l’émission « Nokta ila satr » sur la chaîne Al Aoula, Mehdi Mezouari, membre du Bureau politique de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), a présenté une analyse sans concession sur l’état de la scène politique marocaine, l’action du gouvernement et les défis internes du parti, à l’approche des élections législatives.

Dès le début du débat animé par les journalistes Sabah Bendaoud et Abdallah Lachgar, Mehdi Mezouari a clarifié le rôle des partis politiques en affirmant qu’il est sans ambiguïté. « Il est clairement défini par la loi et par toutes les règles de l’action politique. Notre mission est d’encadrer la société, de soulever ses problèmes et de défendre ses intérêts. Une fois que nous accédons aux responsabilités, notre devoir est de mettre en œuvre les solutions promises pour répondre aux attentes des citoyens », a-t-il déclaré.
Il a ajoutée que « l’essence même d’un parti politique, c’est d’être issu de la société et de rester à son écoute, ce qui est le cas de l’USFP. Il est donc fondamental que nous restions connectés sur le terrain, en permanence, aux côtés des citoyennes et des citoyens ».

Certes, un décalage s’est accru aujourd’hui. Certaines formations politiques n’existent et ne se manifestent qu’à travers les institutions, soutenues uniquement par les résultats d’un scrutin. « Notre parti, l’USFP, refuse cette logique. Nous sommes un grand parti historique et national. Nous sommes présents dans le tissu social, dans les syndicats, au niveau des universités et du barreau, aux côtés de toutes les catégories de la société. C’est pourquoi nous ne nous considérons pas comme faisant partie de cette catégorie de partis déconnectés de la réalité », a affirmé le membre du Bureau politique de l’USFP, ajoutant : « Certes, nous sommes actuellement dans l’opposition parlementaire, mais nous restons mobilisés sur le terrain. Nous défendons nos convictions, notre idéologie, et nous honorons notre histoire ».

Concernant les récents mouvements de contestation dans plusieurs professions, notamment chez les avocats, Mehdi Mezouari a souligné qu’ils illustrent une dynamique de défense professionnelle. Selon lui, l’USFP entretient des liens historiques profonds avec ce corps. En effet, le parti compte l’un des plus puissants secteurs d’avocats de la scène politique marocaine, et la quasi-totalité de ses Premiers secrétaires, dont Driss Lachguar, sont issus de cette profession. Cette relation privilégiée fait de l’USFP un acteur naturellement engagé aux côtés des avocats dans leurs luttes.

Cette proximité avec les professions ne se limite pas aux avocats. L’USFP a été la première formation politique à publier un communiqué de soutien aux pharmaciens, confrontés à un problème existentiel. Les pharmaciens ittihadis ont récemment exprimé une forte inquiétude face aux tentatives de reconfiguration du secteur pharmaceutique en dehors de toute logique de justice professionnelle et d’équilibre institutionnel, réduisant le médicament à une logique de marché ouvert, de spéculation ou de concentration capitalistique.

Réquisitoire sévère contre l’action gouvernementale

Mehdi Mezouari a également critiqué le bilan du gouvernement, dénonçant son échec dans les secteurs stratégiques. « Dans l’éducation, nous avons les politiques les plus faibles. On nous dit : « nous y avons alloué la plus importante enveloppe », mais la politique et le développement ne se mesurent pas à l’argent dépensé mais à l’investissement dans la société », a-t-il précisé.

Mehdi Mezouari s’est montré sans concession en s’interrogeant sur le décalage entre le niveau élevé des promesses électorales des partis de la coalition gouvernementale et les résultats réels, notant que le taux de chômage a atteint 13 %, que l’éducation n’a pas obtenu les résultats attendus, tandis que le secteur de la santé fait face à des délais d’attente pouvant aller jusqu’à trois mois, tout en considérant que l’État social, au lieu de renforcer la justice, pourrait créer une « bourgeoisie dans le secteur de la santé », et que « le mythe du gouvernement des compétences » s’est effondré face à la réalité.

Motion de censure, une initiative ittihadie

Sur le plan parlementaire, Mehdi Mezouari a abordé la controverse entourant la motion de censure, estimant que le débat a été mené de manière erronée et que la véritable question est la suivante : qui a proposé la motion ?

Il a souligné que le parti est attaché aux constantes de la nation sous la conduite de Sa Majesté le Roi, et à l’intégrité territoriale, rappelant que l’USFP avait fait le choix assumé et responsable de siéger dans l’opposition.

L’union de la gauche, une nécessité

Alors que les élections de 2026 se profilent, la question de l’unité de la gauche a été évoquée. Mehdi Mezouari a réaffirmé la conviction profonde du parti sur la nécessité de rassembler les composantes de la gauche, qu’il considère comme l’allié objectif et naturel de l’USFP.

Il a expliqué qu’il existe un électorat de gauche qui attend un programme clair et que l’édification de la gauche n’est pas seulement tributaire de l’échéance de 2026, mais qu’il s’agit d’un processus qui inclut les partis, les femmes, les jeunes, les mouvements de protestation et les syndicats, soulignant que l’USFP, en tant que plus grande force politique de gauche, est concerné par l’union de la gauche et par la présentation d’une nouvelle offre politique dont le pays a besoin.

Il a également affirmé que l’USFP est ouvert à toutes les idées au service des citoyens, appelant à mettre fin à la corruption électorale, à garantir des conditions équitables lors des élections, et à sanctionner sévèrement toutes les pratiques répréhensibles.

Concernant la vie interne du parti, le membre du Bureau politique a reconnu que la pratique politique n’est pas un luxe et que le parti a traversé une période difficile, mais qu’il a retrouvé sa dynamique après le 11e Congrès national. Il a évoqué le travail intensif sur le plan organisationnel, avec l’organisation de 72 congrès provinciaux, soulignant que la moyenne d’âge au niveau provincial ne dépasse pas 35 ans, tandis que celle du Bureau politique est d’environ 40 ans, ce qui indique l’ouverture du parti à la nouvelle génération.

Il a précisé que la fixation du nombre de mandats est une décision importante et une revendication ittihadie, et que l’USFP est ouvert au débat, mentionnant que le nombre d’adhérents s’élève à 55 000 et que l’adhésion est désormais électronique et simplifiée, dans le cadre de la modernisation des mécanismes de travail au sein de l’USFP.

Mourad Tabet


Le Point À La Ligne de Mehdi Mezouari