Maroc

Le Maroc et le Brésil mettent en place un dialogue stratégique

Dans une déclaration conjointe publiée à l’issue des entretiens des chefs de diplomatie des deux pays

Consécration : Le ministre des affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, et le ministre des affaires étrangères de la République Fédérative du Brésil, Mauro Vieira, ont eu des entretiens à Rabat. Les détails.

Le Maroc et le Brésil ont décidé de mettre en place un dialogue stratégique visant la consécration du partenariat solide et de longue date qui lie les deux pays et dont les modalités et groupes de travail seront précisés ultérieurement. C’est ce qui ressort du communiqué final à l’issue des entretiens bilatéraux entre les chefs de diplomatie des deux pays. Le Maroc et le Brésil partagent la même vision en faveur d’un ordre international équilibré et une coopération Sud-Sud plus ambitieuse, a affirmé vendredi à Rabat le ministre des affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita.

S’exprimant lors d’un point de presse à l’issue de ses entretiens avec son homologue brésilien, Mauro Vieira, en visite officielle au Maroc, M. Bourita a souligné que Sa Majesté le Roi Mohammed VI et le président de la République Fédérative du Brésil, Luiz Inácio Lula da Silva, cultivent «la même vision pour un ordre international équilibré, une gouvernance mondiale plus équitable et des relations Sud-Sud plus solides et plus ambitieuses». Les chefs d’État des deux pays partagent également la même approche en matière de protection de l’environnement et des droits des migrants, et de coopération avec l’Afrique selon une approche optimiste, a poursuivi le ministre, qualifiant le Brésil de «voix constructive» pour ce qui est des questions régionales et internationales.
Il a, dans ce sens, relevé que SM le Roi est convaincu quant au rôle prépondérant du Brésil au sein des institutions internationales, dans la réforme du Conseil de sécurité de l’ONU et d’autres instances de gouvernance internationale, eu égard à la position distinguée de ce pays sur la scène mondiale.

Le Maroc, a dit M. Bourita, a toujours considéré le Brésil comme un acteur international majeur, qui défend les droits des pays du Sud et œuvre en faveur de solutions constructives et équitables aux questions internationales et régionales, ainsi qu’un partenaire clé au niveau multilatéral.
Dans le même contexte, le ministre des affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger a fait observer que les relations maroco-brésiliennes sont profondément ancrées dans l’histoire, en ce sens qu’elles remontent au 19e siècle à l’époque du Sultan Moulay Slimane, notant que le Royaume figure parmi les premiers pays qui ont reconnu l’indépendance du Brésil en 1860, date qui coïncidait avec l’arrivée des premiers migrants marocains dans ce pays.

En ce qui concerne la visite à Rabat du ministre brésilien des affaires étrangères, M. Bourita a indiqué qu’elle intervient dans un contexte très important, vingt ans après la visite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI à Brasilia en novembre 2004 et la rencontre du Souverain avec le président M. Lula da Silva. La rencontre de Sa Majesté avec le président brésilien à l’occasion de cette visite a marqué un tournant majeur dans les relations bilatérales, dans la mesure où elle a insufflé une nouvelle dynamique aux relations entre les deux pays, mais aussi à la coopération régionale, internationale et multilatérale, a-t-il relevé. Cette visite, qui s’inscrit également dans la dynamique très positive que traversent les relations bilatérales sur les plans politique, économique, sécuritaire et niveau militaire, «nous a permis de réaliser des avancées significatives sur de nombreuses questions et a ouvert des perspectives pour le lancement d’autres initiatives en phase avec les ambitions de Sa Majesté le Roi Mohammed VI et de Son Excellence le Président brésilien», a-t-il poursuivi.

Sur le plan économique, les échanges commerciaux ont doublé depuis 2017, enregistrant un bond significatif dans les domaines de la sécurité alimentaire et des engrais, a-t-il ajouté, notant que l’Office chérifien des phosphates (OCP) initie des projets très importants avec le Brésil, l’un des principaux partenaires du Royaume en la matière.
S’agissant du tourisme, il a été procédé ce vendredi à l’annonce de la reprise du vol du groupe Royal Air Maroc entre Casablanca et Sao Paolo à partir du mois de décembre. Aux niveaux sécuritaire et militaire, M. Bourita a souligné qu’un mémorandum d’entente portant sur la promotion de la coopération bilatérale et l’échange d’expertises dans le domaine de la sécurité a été récemment signé. Par ailleurs, il a indiqué que le communiqué conjoint rendu public à l’issue des entretiens entre les deux parties permettra d’établir un mécanisme de dialogue stratégique entre le Maroc et le Brésil et offre un cadre pour mettre en place des initiatives communes tant au niveau régional que multilatéral. Abordant la dynamique positive et les relations bilatérales qui ont connu un essor significatif, il a fait savoir que le ministre brésilien des affaires étrangères lui a adressé une invitation pour visiter le Brésil, annonçant à cette occasion qu’il se rendra dans ce pays vers la fin de cette année ou au début de l’année prochaine, afin de consolider les relations bilatérales et de renforcer la coordination entre les deux pays.

Sur un autre registre, le ministre a indiqué avoir aussi examiné avec son homologue brésilien la situation au Moyen-Orient, compte tenu de l’intérêt accordé à cette région par SM le Roi, Président du Comité d’Al Qods, soulignant que la Vision Royale converge avec celle du Brésil, en ce qui concerne la nécessité de parvenir à un cessez-le-feu, de mettre fin aux souffrances des civils, d’acheminer l’aide internationale et d’amorcer une nouvelle dynamique en faveur de la solution à deux États, avec l’établissement d’un État palestinien sur la base des frontières de 1967, avec Al Qods-Est comme capitale, vivant côte à côte avec l’État d’Israël.