Maroc

« Le chant des fraises » : un cri fort contre la servitude moderne

Le 12 février 2026, la pièce « Le chant des fraises », écrite et mise en scène par Adil Madih, a été présentée au Complexe culturel Sidi Belyout à l’occasion de la Journée mondiale de la femme. L’allocution de l’OMDH-Casablanca a souligné « l’importance des arts du théâtre comme moyens nobles et efficaces de sensibilisation, d’expression et de plaidoyer pour les causes humaines, à la tête desquelles figure la question des droits des femmes ».


Le 12 février 2026, le Complexe culturel Sidi Belyout était en émoi lors de la représentation de la pièce « Le chant des fraises », écrite et mise en scène par Adil Madih, à l’occasion de la Journée mondiale de la femme. Pendant une heure, le public a été captivé par l’œuvre interprétée par des acteurs de la Fondation des Arts Vivants, qui a su transformer cette pièce théâtrale en un puissant cri de lutte contre la servitude moderne, la précarité et l’exploitation qui entraînent la jeunesse marocaine vers les dangers de la migration irrégulière.

Dès les premières scènes, les spectateurs ont été plongés dans le drame intime de personnages piégés par le rêve d’un « ailleurs » rédempteur. Des jeunes et des femmes, mus par un espoir désespéré, mettent tout en œuvre pour échapper à un quotidien où prédominent la précarité, les promesses trompeuses et les désillusions.

«Ce soir, nous avons présenté une nouvelle création de la troupe de la Fondation : *Le chant des fraises*. Cette pièce raconte l’histoire d’un groupe de jeunes Marocains face au choix déchirant de partir vers l’autre rive, par tous les moyens», a déclaré Adil Madih, également directeur du Festival international de théâtre de Casablanca.

Il a ajouté : «C’est aussi l’histoire des femmes qui partent travailler dans les champs et subissent des souffrances inouïes. La motivation profonde de ce voyage ? Un déracinement intime : chaque femme porte en elle une histoire qui l’a poussée à quitter son pays.»

«Le théâtre peut plaider pour les droits humains», a affirmé Adil Madih. «Les responsables doivent prendre conscience de cette réalité, comprendre ses causes qu’ils connaissent pourtant bien, et surtout trouver des solutions. Car ils ne sont là que pour ça !»

«Le théâtre n’est pas qu’un divertissement. C’est un appel à la responsabilité collective. Derrière chaque traversée clandestine, il y a une histoire humaine qu’on ne peut ignorer», a-t-il précisé.

Le metteur en scène a ensuite poursuivi : «Nous espérons que ce cri ne restera pas un simple spectacle qui nous émeut un instant. Le vrai but ? Considérer l’art comme une fenêtre pour révéler les préoccupations sociales d’une autre manière, même si nous les voyons déjà partout. Voilà le rôle du théâtre.»

L’allocution de l’OMDH-Casablanca, prononcée au début de cet événement, est sur la même ligne. «L’OMDH croit fermement au rôle de la culture et des arts du théâtre en particulier, comme des moyens nobles et efficaces de sensibilisation, d’expression et de plaidoyer pour les causes humaines, notamment les droits des femmes», a souligné Mourad Tabet, secrétaire de l’OMDH-Casablanca.

Selon lui, « le choix de cette pièce s’explique par notre conviction que la création artistique peut aborder les problématiques sociétales avec profondeur et sensibilité, ouvrant un débat constructif sur les préoccupations et aspirations humaines, en parfaite cohérence avec notre mission de défense des droits humains. Le théâtre reste un espace de dialogue libre et une tribune pour une réflexion collective sur les voies de consolidation de la citoyenneté et des droits humains. »

Le secrétaire de l’OMDH-Casablanca a ajouté : « En exprimant notre fierté pour cette collaboration fructueuse avec la Fondation des Arts Vivants et l’arrondissement Sidi Belyout, nous réaffirmons notre volonté de poursuivre ce travail commun pour faire connaître la culture des droits humains, notamment chez les jeunes. Nous sommes convaincus que l’édification d’une société démocratique et moderne passe par le renforcement de la conscience collective et l’ancrage des valeurs humaines partagées.»

Il est à noter que cette pièce, en plus de la prestation d’Adil Madih, a été brillamment interprétée par Souad Benyahya, Mounia Elmkinsi, Souad Taouil, Jamila Taoufik, Khadija Amrani, Monia Ait Elhaj, Yamina Mahieddine, Fatima Ezzahra Mikou, Yamna Ghabbar, Anas Guessous et Ilias Louzi.

**Elias Rayane**