Maroc

Lancement du Forum de l’écriture romanesque à Rabat pour auteurs amazighs

Le Forum de l’écriture romanesque, au profit des auteurs d’expression amazighe, a été lancé lundi à Rabat par l’Institut Royal de la culture amazighe (IRCAM) avec la participation de Mohamed Nedali, Ahmed Boukous et Abdelkrim Jouiti. Cet événement de trois jours, centré sur le thème « L’autofiction et l’écriture romanesque : expériences et approches », inclura des interventions et présentations sur l’œuvre de différents romanciers amazighes.


Le Forum de l’écriture romanesque, destiné aux auteurs d’expression amazighe, a été lancé lundi à Rabat grâce à l’initiative de l’Institut Royal de la culture amazighe (IRCAM). La cérémonie a vu la participation des écrivains Mohamed Nedali, Ahmed Boukous et Abdelkrim Jouiti.

Sous le thème « L’autofiction et l’écriture romanesque : expériences et approches », ce rendez-vous littéraire a pour objectif de favoriser un échange entre les auteurs des différentes régions du Royaume et permettre une interaction directe entre les voix romanesques amazighes et des écrivains reconnus, afin qu’ils puissent bénéficier de leur expérience. Cet événement vise également à initier un débat collectif sur les enjeux de l’écriture romanesque, à partager des perspectives sur des questions artistiques et esthétiques, et à encourager les auteurs à utiliser de manière consciente les différents outils de l’art narratif.

Lors de cette rencontre, le directeur du Centre d’études artistiques, d’expressions littéraires et de production audiovisuelle de l’IRCAM, Ahmed El Mounadi, a insisté sur les perspectives offertes par les essais présentés lors de cette édition pour aborder des questions essentielles du travail romanesque. Ces essais abordent des thématiques majeures telles que l’imaginaire dans l’écriture autobiographique, le roman à thèse, ainsi que la relation entre écriture historique et narration romanesque.

M. El Mounadi a également salué le rôle central des associations littéraires dans le soutien aux écrivains et la diffusion de leurs œuvres, soulignant que de nombreuses transformations dans l’histoire littéraire et critique ont été impulsées par des organismes ayant créé des espaces d’échange et favorisé la créativité.

Le professeur-chercheur à l’Université Mohammed V de Rabat, Mohamed Dahi, a souligné l’intérêt croissant pour l’écriture autobiographique, notant son importance dans la documentation du courant historiographique appelé « Histoire par le bas » et dans la construction de la mémoire collective à travers l’étude des espaces marginaux. Cet intérêt a conduit à des transformations significatives dans l’écriture, évoluant vers la création de textes hybrides qui allient rigueur autobiographique et liberté fictionnelle.

Il a également insisté sur l’importance d’un accompagnement académique des textes afin de fournir aux chercheurs et romanciers des outils méthodologiques modernes pour appréhender les mutations de la littérature contemporaine et enrichir leurs méthodes d’analyse des récits autobiographiques et des témoignages.

De son côté, la professeure à l’Université Mohammed V de Rabat, Fatima Zahra El Youbi, a proposé une analyse de l’œuvre de l’écrivain Mohamed Nedali, soulignant que ses récits dépeignent l’être amazigh en interaction complexe avec son environnement, mettant en avant des personnages qui expriment un fort attachement à leur terre face à des déchirements intérieurs.

Elle a aussi noté la place prépondérante de la femme amazighe dans les œuvres de Nedali, affirmant que ces textes célèbrent une culture de « joie et de vivre-ensemble », reflétant la détermination et la résistance des personnages.

Le forum, qui se déroule sur trois jours, a également prévu une rencontre interactive avec l’écrivain Nedali pour discuter de son expérience créative, en présence des romanciers.

La deuxième journée sera consacrée à deux présentations sur l’expérience romanesque d’Ahmed Boukous, animées par les chercheurs Larbi Moumouch et Abdelilah Karim, tandis que la dernière journée mettra en lumière l’expérience de l’écrivain Abdelkrim Jouiti.