La palette orchestrale d’Ottorino Respighi ne sera pas mise à l’honneur
Le Théâtre Mohammed VI de Casablanca a accueilli un programme symphonique consacré à trois œuvres majeures du compositeur italien Ottorino Respighi, dans le cadre de la 16ᵉ saison artistique 2025-2026 de l’Orchestre Symphonique Royal. Le pianiste russe Evgeny Mikhaylov a exprimé son plaisir de collaborer avec l’OSR et a qualifié le programme proposé de « choix audacieux et assez risqué ».
La richesse du génie créatif du compositeur italien Ottorino Respighi s’est déployée avec éclat au Théâtre Mohammed VI de Casablanca, à travers un programme symphonique dédié à trois de ses œuvres majeures, dans le cadre de la 16ᵉ saison artistique 2025-2026 de l’Orchestre Symphonique Royal (OSR).
Sous la direction du maestro Oleg Reshetkin, l’orchestre et le pianiste Evgeny Mikhaylov ont offert au public une immersion dans l’univers orchestral flamboyant de Respighi, marqué par une écriture raffinée, une palette sonore foisonnante et une forte expressivité émotionnelle.
La soirée a débuté avec le Concerto per Pianoforte in la Minore, composé en 1902, alors que Respighi n’avait que 22 ans. Cette œuvre romantique et virtuose, structurée en trois mouvements, révèle déjà la maîtrise du langage symphonique et l’imagination orchestrale du compositeur, influencées par son passage au sein de l’Orchestre impérial de Russie et son apprentissage auprès de Rimski-Korsakov.
Dans cette pièce exigeante, le pianiste Evgeny Mikhaylov a présenté une interprétation alliant puissance, sensibilité et précision technique, déployant un jeu à la fois flamboyant et introspectif, soutenu par un orchestre aux couleurs riches et contrastées.
Le public s’est ensuite laissé séduire par Rossiniana, une suite orchestrale composée en 1925, dans laquelle Respighi rend un hommage subtil à Gioachino Rossini, s’inspirant de plusieurs pièces issues des Péchés de vieillesse. À travers quatre mouvements – Capriccio, Lamento, Intermezzo et Tarantella – le compositeur revisite l’esprit léger et ironique de Rossini, tout en y ajoutant une orchestration moderne, éclatante et néoclassique.
La soirée s’est poursuivie avec La Balade des Gnomes, une œuvre de caractère fantastique inspirée d’un poème de Claudio Clausetti. À travers une écriture très imagée, Respighi dépeint un univers sombre et inquiétant, oscillant entre agitation nerveuse, ironie et menace sourde. L’orchestre a donné vie à cette fresque sonore aux textures envoûtantes, transportant le public dans un récit musical empreint de mystère et de tension dramatique.
Dans une déclaration à la MAP, le pianiste russe Evgeny Mikhaylov a exprimé sa grande satisfaction et son honneur de retrouver l’OSR, rappelant leur précédente collaboration. « J’aime beaucoup jouer avec cet orchestre, dont les musiciens sont formidables et extrêmement talentueux », a-t-il souligné, ajoutant également son plaisir à collaborer avec le maestro Oleg Reshetkin, qu’il a qualifié de « musicien remarquable » et de chef animé par « une grande passion pour la programmation musicale ».
L’artiste a de plus mis en avant le caractère singulier du programme proposé durant cette soirée, estimant qu’il s’agissait d’un choix « audacieux et assez risqué », rarement entendu sur les scènes de concert. « C’est surprenant, car cette musique est magnifique, et c’est vraiment dommage qu’on ait si peu l’occasion de l’écouter », a-t-il noté.
En ce qui concerne le Concerto per Pianoforte in la Minore d’Ottorino Respighi, Evgeny Mikhaylov a confié son attachement particulier à cette œuvre, soulignant la beauté de son écriture et la rareté de ses interprétations. « Je pense que ce sera aussi un immense plaisir pour le public de découvrir cette musique », a-t-il ajouté.
Figure majeure de la musique italienne du XXᵉ siècle, Ottorino Respighi (1879-1936) s’est distingué par son attachement à un langage néoclassique, rejetant les avant-gardes de son époque au profit d’une musique profondément humaine et émotionnelle. Professeur de composition à l’Académie de Sainte-Cécile à Rome, il fut l’un des artisans du renouveau de la symphonie italienne, notamment avec des œuvres emblématiques telles que Les Fontaines de Rome et Les Pins de Rome.
De son côté, Evgeny Mikhaylov, pianiste russe de renommée internationale, est reconnu pour la profondeur émotionnelle et le lyrisme de ses interprétations. Avec une carrière marquée par plus de 800 concerts à travers le monde, il est également un pédagogue confirmé, professeur et chef du département de piano au Conservatoire de Kazan.

