Maroc

Gestion de l’eau : OCP, un acteur engagé

Face au stress hydrique, des champions nationaux s’engagent pour assurer un approvisionnement normal en eau à des villes entières. C’est le cas pour OCP qui mène des projets novateurs depuis quelques années. Les détails.

L’OCP s’engage dans la lutte contre le stress hydrique au Maroc. Les chiffres sont édifiants. Le ministère de l’équipement et de l’eau avait indiqué qu’en matière de production d’eau potable en 2023, 10 millions de mètres cubes d’eau dessalée seront fournis à la ville de Safi et 30 millions de m³ à la ville d’El Jadida, conformément à un protocole d’accord et à un contrat de concession conclus entre le gouvernement et le Groupe Office Chérifien des Phosphates (OCP) pour approvisionner Safi, El Jadida et les zones environnantes en eau potable par dessalement de l’eau de mer, signés le 5 juillet 2023 sous la présidence du chef de gouvernement. Le ministère a précisé, dans un communiqué que le début de l’approvisionnement en eau potable pour la ville de Safi par dessalement de l’eau de mer a débuté le 16 août 2023, notant que la production prévue atteindra, au cours des années 2024 et 2025, 15 millions de m³ par an pour Safi et 32 millions de m³ par an pour El Jadida. A partir de 2026, ce volume atteindra 30 millions de m³ par an pour Safi et 45 millions de m³ pour El Jadida. Selon la même source, ce contrat vise à assurer la production de 35 millions de m³ par an pour un usage industriel par OCP.
Pour mettre en œuvre cet accord, signé dans le cadre de la mise en œuvre des Directives Royales énoncées lors le discours du 12 octobre 2022 à l’occasion de l’ouverture de la 1ère session de la 2ème année législative de la 11ème législature sur le recours aux eaux non conventionnelles pour répondre aux besoins du Royaume en eau, la station de dessalement de l’eau de mer à Safi a été progressivement mise en service, dans le but de produire environ dix millions de m³ d’eau potable en 2023, relève le communiqué. Ce projet, qui a vu le jour grâce à l’engagement et à la collaboration des parties concernées, vise à garantir un approvisionnement durable en eau potable dans le contexte des changements climatiques qui entraînent une diminution croissante des ressources en eau conventionnelles, souligne le ministère. Le contrat de concession susmentionné accorde à OCP Green Water le droit de procéder au dessalement d’eau de mer afin de fournir de l’eau potable à des tarifs compétitifs, sur la base des efforts déployés pour utiliser les dernières technologies dans ce domaine et recourir aux énergies renouvelables, ainsi que pour la recherche & développement. Cette initiative ambitieuse représente une étape importante dans la quête d’une source durable d’eau non conventionnelle pour répondre aux besoins de la région, soutient le ministère, ajoutant que le début progressif de l’exploitation du projet de dessalement de l’eau de mer à Safi constitue un pas important vers la gestion intégrée et efficace des ressources en eau disponibles face aux défis liés aux changements climatiques, environnementaux et à la justice territoriale, ce qui permettra de soulager la pression sur les ressources en eau du bassin d’Oum Er-Rbia.

Financement
L’engagement du Groupe séduit les bailleurs de fonds internationaux. En février dernier, la Banque africaine de développement et le Groupe OCP avaient signé, à Rabat, trois accords de prêt d’un montant total de 188 millions de dollars dans le cadre du financement du Programme d’investissement vert du Groupe OCP. Le premier prêt, d’un montant de 150 millions de dollars provenant des ressources de la Banque africaine de développement, et le deuxième prêt d’un montant de 18 millions de dollars provenant des ressources du Fonds climatique Canada – Banque africaine de développement, serviront au financement de la construction de trois usines modulaires de dessalement de l’eau de mer. Ces usines du Groupe OCP, leader mondial en solutions de fertilité des sols et nutrition des plantes, auront une capacité annuelle totale de 110 millions de m3. Outre une autonomie des sites industriels et miniers du Groupe OCP en eau non conventionnelle, le projet permettra de fournir jusqu’à 75 millions de m3 d’eau potable aux villes de Safi, El Jadida et les zones avoisinant les usines de Safi et Jorf du Groupe OCP. Plus de 1,5 million de personnes bénéficieront de cette eau potable.
Le troisième prêt, d’un montant de 20 millions de dollars provenant des ressources du Fonds pour les technologies propres, servira au financement de systèmes de stockage d’énergie générée par des sources renouvelables. Ces systèmes alimenteront en énergie des usines de dessalement et d’autres unités productives du Groupe OCP. Ce financement est un exemple du soutien que la Banque africaine de développement, le Fonds climatique Canada-Banque africaine de développement (CACF) et le Fonds pour les technologies propres (CTF) entendent apporter à la lutte contre le changement climatique, tant en termes d’adaptation que d’atténuation de ses effets. Il vise également à soutenir les populations les plus vulnérables, entre autres, par l’approvisionnement en eau potable et par la création d’emplois, y compris pour les jeunes et les femmes, ainsi qu’en milieu rural.
Les projets sont des composantes essentielles du Programme d’investissement vert du Groupe OCP et font partie du Plan d’urgence pour l’approvisionnement en eau potable initié par le gouvernement marocain. Ces nouveaux financements représentent un véritable gage de confiance dans l’économie marocaine de la part des bailleurs de fonds internationaux. Les accords de financement ont été signés par Ousmane Fall, directeur du département de l’industrialisation et du développement du commerce de la Banque africaine de développement, et Karim Lotfi Senhadji, directeur financier du Groupe OCP.
Des représentants du gouvernement du Canada ont également assisté à la signature du contrat actant la contribution du CACF et renforçant les engagements communs contre le changement climatique et pour l’autonomisation des femmes. En outre, la clôture de cette opération de financement représente le premier financement non souverain signé dans le cadre du CACF.