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Espionnage : L’Autriche ne fait pas expulser trois employés russes

Le gouvernement autrichien a confirmé à l’AFP lundi l’expulsion de trois employés de l’ambassade de Russie soupçonnés d’espionnage. Selon des informations publiées dimanche soir par le groupe audiovisuel public ORF, les installations russes à Vienne pourraient servir à espionner les organisations internationales présentes en Autriche comme l’ONU, l’OPEP ou l’OSCE.


Le gouvernement autrichien a confirmé lundi à l’AFP l’expulsion de trois employés de l’ambassade de Russie, soupçonnés d’espionnage. La ministre des Affaires étrangères, Beate Meinl-Reisinger, a promis un « changement de cap » face à ce « problème de sécurité ». Selon des informations publiées dimanche soir par le groupe audiovisuel public ORF, les installations russes à Vienne pourraient être utilisées pour espionner les organisations internationales présentes en Autriche, comme l’ONU, l’OPEP ou l’OSCE.

« En ce qui concerne la forêt d’antennes à la représentation russe, il est inacceptable que l’immunité diplomatique soit utilisée pour mener des activités d’espionnage », a ajouté la ministre. Vienne est fréquemment décrite comme un repaire d’espions russes, notamment en raison d’un cadre législatif laxiste, avec environ 220 employés accrédités à l’ambassade de Russie.

Dans son dernier rapport, datant de 2024, le service autrichien du renseignement (DSN) souligne que « l’ambassade de Russie à Vienne est l’une des plus grandes missions diplomatiques russes en Europe ». Elle « constitue un nœud stratégique majeur dans le cadre des activités d’espionnage visant l’Autriche et d’autres pays européens », précise-t-il.

Le grand nombre de personnels ne s’explique pas uniquement par la taille de l’ambassade bilatérale et la présence de nombreuses organisations internationales établies dans la capitale. L’Autriche, qui compte 9,2 millions d’habitants et est membre de l’Union européenne (UE), a expulsé plus d’une dizaine de ces agents depuis l’invasion russe de l’Ukraine en 2022. En Autriche, l’espionnage reste légal, tant qu’il ne nuit pas aux intérêts du pays hôte, mais plusieurs scandales ont terni la réputation de Vienne auprès des services de renseignement occidentaux ces dernières années.

D’après l’ORF, le gouvernement prévoit d’étendre la lutte contre l’espionnage à l’UE et aux organisations internationales basées à Vienne. Il souhaite également pénaliser le recrutement d’agents pour des services de renseignement étrangers. Le gouvernement actuel, constitué en 2025, est une coalition entre les conservateurs, les sociaux-démocrates et les libéraux.