Maroc

African Lion : partenariat militaire remarquable entre Rabat et Washington

Pete Hegseth a déclaré qu’« Il n’existe pas de meilleur partenaire » pour accueillir les plus importantes manœuvres militaires du continent africain. L’exercice militaire African Lion, lancé en 2004, est aujourd’hui l’un des plus importants rendez-vous militaires du continent africain et un pilier central du partenariat stratégique entre le Maroc et les Etats-Unis.


« Il n’existe pas de meilleur partenaire » pour accueillir les manœuvres militaires les plus importantes du continent africain. Cette affirmation de Pete Hegseth illustre la profondeur du partenariat stratégique entre les États-Unis et le Maroc. Lors d’une visioconférence jeudi depuis le siège de l’État-Major de la Zone Sud à Agadir pour honorer les pays participants à la 22ème édition de l’exercice multinational « African Lion », le responsable américain a salué l’engagement « exceptionnel et durable » du Royaume chérifien, qui accueille ces manœuvres d’envergure pour la vingt-deuxième année consécutive.

Il a précisé qu’« African Lion améliore l’interopérabilité et accroît notre capacité à relever ensemble les défis sécuritaires, tout en éradiquant les sanctuaires terroristes », ajoutant que « les menaces auxquelles nous sommes confrontés évoluent rapidement et nous devons devancer nos adversaires grâce à nos propres efforts d’innovation ».

« African Lion est bien plus qu’un simple exercice d’entraînement : c’est une plateforme d’innovation qui nous permet d’explorer collectivement de nouvelles solutions et technologies qui renforcent notre efficacité opérationnelle sur le champ de bataille », a-t-il indiqué, notant qu’« African Lion 2026 » se veut un véritable laboratoire d’innovation, intégrant l’intelligence artificielle, la robotique et les technologies numériques de nouvelle génération dans des scénarios opérationnels multi-domaines en conditions réelles.

« Le message d’African Lion 2026 est clair à ceux qui cherchent à déstabiliser ce continent : notre détermination commune est inébranlable, nos capacités ne cessent de croître, et nous sommes prêts à défendre nos intérêts communs », a soutenu M. Hegseth.

Pour sa part, le Général de Corps d’armée Mohammed Berrid, Inspecteur Général des Forces Armées Royales et Commandant la Zone Sud, a réitéré la détermination inébranlable du Maroc à poursuivre la valorisation des acquis, afin que les manœuvres d’« African Lion » demeurent un cadre renouvelé visant à consolider la préparation, à approfondir les partenariats et à développer l’esprit collectif pour relever les défis présents et anticiper les enjeux futurs dans les espaces africain, méditerranéen et atlantique.

Il a également rappelé que l’année 2027 marquera le 250ème anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre le Royaume du Maroc et les États-Unis d’Amérique, notant que la prochaine édition revêtira une portée symbolique profonde et une signification particulière illustrant la solidité des liens d’amitié entre les deux pays.

De son côté, le Général Dagvin Anerson, Commandant d’USAFRICOM, a souligné qu’« African Lion » est un exercice interarmées, multi-domaines et multinational de premier plan en Afrique, ajoutant qu’il délivre un message clair : « Notre engagement commun en faveur d’une Afrique sûre et prospère n’est pas seulement une promesse, mais une force formidable, prête et unifiée qui en fera une réalité ».

Il est important de rappeler que l’exercice militaire African Lion est aujourd’hui l’un des principaux événements militaires du continent africain et un pilier central du partenariat stratégique entre le Maroc et les États-Unis. Lancé en 2004 dans le cadre de la coopération militaire maroco-américaine, cet exercice conjoint est principalement organisé par les Forces Armées Royales et le commandement américain pour l’Afrique, connu sous le nom d’United States Africa Command (AFRICOM).

Au fil des années, « African Lion » a connu une montée en puissance remarquable, tant par le nombre de pays participants que par la diversité des opérations menées. Initialement centré sur des entraînements bilatéraux entre le Maroc et les États-Unis, l’exercice s’est progressivement transformé en une plateforme multinationale réunissant des dizaines de pays africains, européens et alliés de l’OTAN. Les manœuvres incluent des exercices terrestres, aériens, navals, des opérations spéciales, ainsi que des simulations liées à la lutte contre le terrorisme, à la sécurité régionale et à l’assistance humanitaire.

Pour le Maroc, cet exercice représente un levier stratégique majeur. Il confirme la place du Royaume comme partenaire sécuritaire incontournable des États-Unis en Afrique du Nord et dans le Sahel. La régularité de l’organisation de ces manœuvres sur le territoire marocain témoigne du haut niveau de confiance entre les deux pays et de la solidité de leur coopération militaire. Cette relation particulière s’inscrit dans une longue histoire diplomatique, le Maroc ayant été le premier pays à reconnaître l’indépendance des États-Unis en 1777.

Du côté américain, « African Lion » permet de renforcer la présence stratégique de Washington sur le continent africain dans un contexte marqué par la montée des menaces sécuritaires au Sahel, les défis liés au terrorisme transfrontalier et la compétition géopolitique internationale. Le Maroc se positionne ainsi comme un partenaire stable, bénéficiant d’une position géographique stratégique reliant l’Afrique, l’Europe et l’Atlantique.

Au-delà de l’aspect militaire, cet exercice joue également un rôle diplomatique et politique. Il contribue à consolider l’image du Maroc comme acteur régional de stabilité et de médiation sécuritaire. La participation croissante de plusieurs pays africains aux diverses éditions reflète également l’ambition du Royaume de renforcer la coopération Sud-Sud et son ancrage africain.

Enfin, « African Lion » est devenu un symbole de l’alliance stratégique maroco-américaine. Chaque édition délivre un message politique fort sur la convergence des intérêts des deux pays en matière de sécurité, de lutte contre l’extrémisme et de stabilité régionale, faisant de cet exercice bien plus qu’un simple entraînement militaire : un véritable instrument de diplomatie stratégique.

Elias Rayane