Trump et l’Allemagne : critiques sur le départ de soldats.
Donald Trump a multiplié les déclarations à l’encontre du chancelier allemand Friedrich Merz, l’accusant de son manque d’efficacité sur plusieurs dossiers majeurs et l’exhortant à « redresser son pays en ruine ». Le pays accueille actuellement environ 35.000 soldats américains, répartis sur plusieurs bases clés pour les opérations américaines en Europe et au Moyen-Orient.
La relation transatlantique traverse un nouvel épisode de tension. En l’espace de quelques jours, Donald Trump a enchaîné les déclarations contre le chancelier allemand Friedrich Merz, mêlant critiques diplomatiques, désaccords stratégiques et menaces concernant la présence militaire américaine en Allemagne. Cette séquence fragilise un partenariat essentiel au sein de l’Otan. 20 Minutes fait le point sur ce conflit entre alliés.
Critiques directes de Trump sur la stratégie allemande
Jeudi, le président américain a de nouveau ciblé Friedrich Merz, lui reprochant de ne pas être efficace sur plusieurs enjeux majeurs. Sur son réseau Truth Social, Donald Trump a déclaré que « le chancelier allemand devrait consacrer plus de temps à mettre fin à la guerre entre la Russie et l’Ukraine (où il s’est montré totalement inefficace ! », tout en l’exhortant à « redresser son pays en ruine, notamment en matière d’immigration et d’énergie ». Cette critique va au-delà de la simple question ukrainienne.
Dans le même message, le dirigeant américain a aussi accusé le chancelier allemand de s’immiscer dans le dossier iranien, l’invitant à « passer moins de temps à interférer dans les efforts déployés pour éliminer la menace nucléaire iranienne ». Ces commentaires interviennent après que Friedrich Merz a fait part de son opinion selon laquelle « les Américains (n’avaient) visiblement aucune stratégie » en Iran et que Téhéran « humiliait » les Etats-Unis, des critiques qui semblent avoir particulièrement agacé Donald Trump.
Menace de retrait des soldats américains en Allemagne
Au-delà de ces échanges verbaux, la crise a également une dimension stratégique avec la question de la présence militaire américaine en Allemagne. Donald Trump a annoncé mercredi qu’une réduction des effectifs pourrait être décidée rapidement, affirmant qu’« une décision sera prise très prochainement ». Actuellement, environ 35.000 soldats américains sont stationnés dans plusieurs bases clés pour les opérations américaines en Europe et au Moyen-Orient.
Cette éventualité rallume un débat ancien. Lors de son premier mandat, en 2020, Donald Trump avait déjà envisagé de ramener ce contingent à 25.000 militaires, invoquant notamment des désaccords sur les dépenses de défense allemandes. Ce projet n’avait finalement pas été concrétisé, son successeur Joe Biden n’ayant pas donné suite. Cependant, le sujet reste sensible, car cette présence est un pilier de la sécurité européenne et un élément crucial de la coopération militaire transatlantique.
Les réactions de Berlin
Face à ces déclarations, les autorités allemandes ont adopté une attitude mesurée, évitant toute escalade verbale. Le ministre des Affaires étrangères Johann Wadephul a ainsi affirmé que le gouvernement était « préparé » à une éventuelle réduction des forces américaines, précisant que les discussions se poursuivent « de manière étroite et en toute confiance dans toutes les instances de l’Otan ». Il a également insisté sur le fait que cette situation était abordée « avec sérénité », soulignant la volonté de Berlin de maintenir un dialogue ouvert avec Washington.
Sans répondre directement aux critiques de Donald Trump, Friedrich Merz a réaffirmé son attachement à la coopération transatlantique. « En cette période troublée nous suivons une ligne claire, cette ligne reste fondée sur l’Otan et un partenariat transatlantique fiable. Vous le savez, ce partenariat transatlantique nous tient particulièrement à cœur, à nous tous, et à moi personnellement », a-t-il déclaré lors d’un déplacement. Le chancelier a également rappelé que l’armée allemande contribuait activement à cet objectif, notamment « sur des sites stratégiques en Allemagne aux côtés des Etats-Unis ». Il s’est cependant abstenu de répondre directement à Donald Trump.

