Guerre en Iran : Netanyahou convainc Trump d’attaquer malgré les doutes de la CIA et de Vance
Le processus qui a conduit à la décision de Donald Trump de suivre Israël dans une guerre ouverte contre l’Iran est décrit dans un livre à paraître intitulé Regime Change : Inside the Imperial Presidency of Donald Trump, écrit par deux journalistes du New York Times. Deux jours avant l’attaque israélo-américaine sur l’Iran, le vice-président J.D. Vance a averti Trump : « Vous savez que je pense que c’est une mauvaise idée, mais si vous voulez le faire, je vous soutiendrai. »
Qu’est-ce qui a motivé la décision de lancer une guerre en Iran ? Une bonne présentation de Benyamin Netanyahou à Donald Trump, un excès de confiance suite à l’enlèvement réussi du président vénézuélien Nicolas Maduro, la préférence de son instinct plutôt que des conseils de la CIA, ainsi que l’absence de véritable opposition parmi les conseillers proches du président américain, à l’exception du vice-président J.D. Vance…

Dans un livre à paraître, intitulé Regime Change : Inside the Imperial Presidency of Donald Trump (Changement de régime : Dans les coulisses de la présidence impériale de Donald Trump), écrit par deux journalistes du New York Times, les auteurs éclairent le processus qui a conduit Donald Trump à suivre Israël dans une guerre ouverte contre l’Iran. Ce conflit vient tout juste de connaître une pause, avec la conclusion d’un accord de cessez-le-feu de deux semaines.
La présentation de Netanyahou convainc Trump
La réunion a eu lieu le 11 février dernier à Washington. Dans la Situation Room de la Maison-Blanche, Donald Trump écoute attentivement Benyamin Netanyahou, qui conclut sa présentation d’une heure par un « Sounds good to me » (« Ça me paraît bien »).
Le Premier ministre israélien a exposé son plan d’attaque contre l’Iran : détruire le programme de missiles, maintenir le détroit d’Ormuz ouvert, décapiter le gouvernement iranien, provoquer un soulèvement populaire, éventuellement aidé par le Mossad, le tout illustré par une vidéo présentant des candidats potentiels pour diriger un Iran laïque après la chute du régime, dont Reza Pahlavi, le fils du dernier shah.
Les réserves discrètes de la CIA
Si Trump a été convaincu par Netanyahou, les agences de renseignement américaines ont fait part de leurs conclusions au président dès le lendemain de cette réunion. Ils ont estimé qu’éliminer l’ayatollah Khamenei et détruire les capacités militaires iraniennes était réalisable. En revanche, l’espoir de provoquer un soulèvement populaire en vue d’un changement vers un régime laïque a été qualifié de « grotesque », conclut John Ratcliffe, le directeur de la CIA, traduire par le ministre des Affaires étrangères Marco Rubio en « In other words, it’s bullshit » (« Autrement dit, c’est des conneries »).
J.D. Vance, le seul à s’opposer ouvertement
Deux jours avant l’attaque israélo-américaine contre l’Iran, le vice-président J.D. Vance met en garde Trump lors d’une réunion finale : « Vous savez que je pense que c’est une mauvaise idée, mais si vous voulez le faire, je vous soutiendrai. »
Auparavant, Vance, qui a construit sa carrière politique en s’opposant explicitement à l’aventurisme militaire américain, a averti Trump et ses conseillers qu’un conflit pourrait engendrer un chaos régional, être perçu comme une trahison par les électeurs qui avaient soutenu la promesse de ne pas entrer dans de nouvelles guerres, et a souligné les risques concernant le détroit d’Ormuz et la probabilité d’une augmentation des prix de l’essence.
Constatant qu’il n’était pas entendu, Vance a plaidé en dernier recours pour une utilisation brutale et écrasante de la force, dans l’espoir de mettre rapidement un terme au conflit.

