Wahoo Elemnt Roam 3 testé : peut-il vraiment détrôner Garmin ?
Garmin occupe une position de leader sur le marché des compteurs pour vélo, tandis que Wahoo a lancé son nouveau compteur vélo GPS Elemnt Roam 3 en avril 2025. Le Wahoo Elemnt Roam 3 est vendu au prix de 449,99 euros, soit 50 euros de plus que l’ancien Elemnt Roam 2 et 50 euros de moins que le Garmin 850.

En avril 2025, Wahoo a introduit son compteur GPS Elemnt Roam 3, peu après la sortie du modèle haut de gamme Elemnt Ace, que j’ai eu l’occasion de tester avec son grand écran et sa mesure du vent.
Logiquement, j’ai testé le Wahoo Elemnt Roam 3 quelques semaines après le Garmin 850, son rival principal.
Design du Wahoo Elemnt Roam 3 : un petit Elemnt Ace
Lors de ma première rencontre avec le Wahoo Elemnt Roam 3, j’ai été frappé par sa ressemblance avec l’Elemnt Ace. Les deux compteurs montrent une évidente parenté, tout comme les modèles Garmin Edge 850 et 1050.
La principale distinction entre les deux modèles réside dans la taille de l’écran, ce qui fait que le GPS de l’Elemnt Roam 3 est plus petit. Il est équipé de trois boutons frontaux pour revenir en arrière, mettre en pause la sortie et changer de page, deux boutons sur le côté droit pour faire défiler les menus, un bouton de démarrage à gauche et la prise de charge en bas de l’appareil.
Le logo de Wahoo figure en haut, non pas sur la façade comme chez Garmin, et le capteur de vent de l’Elemnt Ace est absent. De plus, par rapport à l’Elemnt Roam 2, les LED de couleur autour de l’écran, utiles pour les zones de puissance et cardiaques, ne sont plus présentes.
En termes de dimensions, le Roam 3 est moins volumineux qu’un Elemnt Ace mais plus que le Garmin Edge 850, mesurant 96 x 53 x 24 mm pour 110 grammes. Cela reste bien en dessous des 208 grammes de l’Elemnt Ace, équivalent au Garmin 850, bien qu’il paraisse plus massif en raison de son design rectangulaire, ressemblant à une petite brique.
Concernant le système de fixation, bien qu’il semble similaire à celui des Garmin, il nécessite un quart de tour pour le montage, les dimensions du support étant différentes, rendant les Wahoo incompatibles avec les supports Garmin. Ce choix est regrettable, car ces derniers sont les plus répandus. Par exemple, j’ai dû acheter un support Wahoo Look pour ce test après avoir perdu le mien à cause d’une casse avec le Wahoo Elemnt Ace, trop lourd. Il est dommage que Wahoo ait choisi un système de fixation proche mais distinct, contrairement au Coros Dura Solar.
Dans la boîte, un support pour guidon est inclus, nécessitant deux colliers Rilsan, ce qui donne un aspect bricolage une fois monté. Un support déporté est également fourni, mais uniquement compatible avec des cintres ronds.
Écran du Wahoo Elemnt Roam 3 : ça fait le job
Le Wahoo Elemnt Roam 3 utilise un écran MIP transflectif de 2,8 pouces couleur, offrant 16 millions de pixels, différent de l’écran LCD du Garmin 850. Bien que cet écran soit identique à celui de l’Elemnt Ace, il est légèrement plus petit.
On perd ainsi l’espace d’affichage avantageux de l’Elemnt Ace, utile pour la lecture des cartes, par exemple.

La réactivité de l’écran tactile est généralement bonne, mais elle diminue sous la pluie, rendant son utilisation difficile avec des doigts mouillés. Heureusement, les nombreux boutons sont efficaces pour pallier ce problème.
Logiciel du Wahoo Elemnt Roam 3
Le Wahoo Elemnt Roam 3 ne propose pas autant de menus de configuration que certains de ses concurrents Garmin. Après un allumage un peu long, il affiche directement la page précédemment configurée, permettant de partir rapidement à vélo. La conception de Wahoo repose sur une application mobile qui est essentielle à l’expérience utilisateur.

Il permet d’accéder à plusieurs réglages via son interface, comme la connexion Bluetooth ou ANT+, la gestion de la luminosité, le lancement d’un entraînement ou la navigation GPS. Mais pour la personnalisation des écrans de données, l’application mobile est nécessaire, ce qui demande une petite adaptation, l’organisation des menus étant parfois peu claire et ne permettant pas un aperçu immédiat des résultats sur le compteur.
En termes de mémoire, le Wahoo Elemnt Roam 3 dispose de 64 Go pour stocker diverses cartes et activités, tout en maintenant une navigation fluide grâce à ses 2 Go de RAM.
Données sportives du Wahoo Elemnt Roam 3 : tout pour performer
Avec un écran plus petit que l’Elemnt Ace, l’Elemnt Roam 3 se destine davantage à des sportifs compétitifs. À cet égard, les données affichées sont significatives.
GPS et navigation
Le Wahoo Elemnt Roam 3 incorpore une puce GPS compatible avec plusieurs réseaux satellites, dont le GPS, Galileo et GLONASS, et il est compatible GPS double-fréquence. C’est un équipement essentiel dans ce segment, permettant au compteur de maintenir une bonne précision, même dans des environnements complexes, comme sous les arbres ou en montagne. Cependant, il perd encore le signal dans les tunnels de Monaco ou entre Nice et Monaco que j’emprunte régulièrement.
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Au fil de mes sorties, le compteur a été rassurant à ce niveau. Les traces enregistrées correspondaient parfaitement aux parcours empruntés, sans perte de signal hors tunnels ni erreurs de suivi notables.
J’ai aussi testé un Garmin Edge 850 en parallèle pour comparer les relevés. Les deux appareils offrent des mesures globalement similaires, avec quelques variations mineures sur le dénivelé total enregistré. Notamment, j’ai constaté une différence en faveur du Wahoo, qui a ajouté près de 20 % de dénivelé supplémentaire sur cette sortie. Toutefois, lors d’utilisations plus longues, aucune incohérence n’a été remarquée.


Le guidage est similaire à celui de l’Elemnt Ace, bien que moins lisible à cause de l’écran plus petit. En cas de déviation, le recalcul est rapide sans nécessiter le téléphone, et le guidage est clair. Le compteur peut également offrir des indications vocales et générer un itinéraire vers une destination sélectionnée sur la carte. Il n’est donc pas surprenant que ces fonctionnalités soient identiques sur l’Elemnt Roam 3 et l’Elemnt Ace.
Dénivelé
Le Wahoo Elemnt Roam 3, grâce à son GPS multibande et un altimètre barométrique, gère l’altitude avec fiabilité. Lors de mes sorties en montagne et sur routes escarpées, les données enregistrées sont restées cohérentes, sans variations étranges ni erreurs dans le cumul, sauf en comparaison directe avec un autre compteur, où une légère différence est possible. Les altitudes enregistrées au sommet des cols correspondaient à celles indiquées sur les panneaux routiers ou relevées par d’autres compteurs GPS.

Le compteur intègre aussi une fonction dédiée aux ascensions, qui aide à mieux gérer l’effort dans les cols. Dès que la route monte, le Wahoo active la fonction Summit, affichant le profil de la montée et des informations utiles telles que le pourcentage de pente, la distance restante et le dénivelé à gravir. Une caractéristique particulièrement utile pour anticiper les zones difficiles et éviter de se fatiguer trop tôt.
J’ai également apprécié la possibilité de personnaliser cet écran avec mes propres données, notamment la puissance et la fréquence cardiaque. Cela permet de surveiller ses zones d’effort tout en suivant l’avancement de l’ascension. Les utilisateurs venant de Garmin retrouveront une logique similaire à ClimbPro, mais la disposition du Wahoo offre plus d’informations sans nuire à la lisibilité.
Fonctions sportives
Bien que son écran compact de 2,8 pouces limite la taille de certaines informations, le Wahoo Elemnt Roam 3 affiche néanmoins une large gamme de données durant l’effort. L’approche est clairement orientée vers la performance, avec des pages facilement personnalisables. Lors de mes sorties, par exemple, j’ai configuré un écran comprenant la vitesse, la puissance, la fréquence cardiaque, le temps de sortie, le dénivelé et la cadence. Malgré la taille réduite par rapport à d’autres modèles, l’affichage demeure clair, même à grande vitesse.

Les pages secondaires permettent de suivre de manière plus précise certaines données comme la puissance moyenne ou la vitesse moyenne de la sortie.
Le compteur devient d’autant plus intéressant lorsqu’il est connecté à Strava, ce qui se fait directement grâce à l’application Wahoo. Les segments Live Segments apparaissent automatiquement à l’approche de certains tronçons, offrant un suivi en temps réel de vos performances, ainsi que le profil et l’écart par rapport à votre meilleur temps. C’est un atout majeur pour les cyclistes cherchant à se défier durant leurs entraînements ou leurs sorties rapides.

Wahoo mise sur une interface simple et efficace, conçue pour consulter rapidement ses données sans perdre de vue la route. Les boutons physiques sous l’écran s’avèrent très pratiques lors de la conduite, notamment avec des gants ou sous la pluie. Je m’imagine facilement les utiliser en course, comme je l’avais fait avec l’Elemnt Ace, qui était peut-être un peu trop grand pour un tel usage.
La fonction sonnette, moins utile à Montélimar, a été bien plus appréciée à Nice, sur la piste cyclable de la Promenade des Anglais. Un double tap sur l’écran tactile permet de simuler un bruit de sonnette, avertissant ainsi les piétons distraits de votre passage.
Connectivité du Wahoo Elemnt Roam 3
Le Wahoo Elemnt Roam 3 offre une connectivité complète, incluant Bluetooth, ANT+ et Wi-Fi, facilitant son intégration dans un écosystème d’entraînement déjà bien équipé. Le smartphone joue un rôle central, notamment pour la configuration initiale, la personnalisation des pages et la synchronisation automatique des sorties sur des plateformes comme Strava.
Sur le terrain, cette compatibilité permet de connecter facilement des capteurs essentiels à l’entraînement : capteur de puissance, cardiofréquencemètre, radar arrière, ou home-trainer connecté. Le Roam 3 gère également les accessoires compatibles ANT+, facilitant l’utilisation avec du matériel existant, sans être limité à un seul écosystème. La reconnaissance des équipements est rapide à chaque démarrage. J’ai toutefois constaté davantage de déconnexions avec ma ceinture cardiaque Bryton qu’avec le Coros Dura testé précédemment.
La possibilité de synchronisation automatique via Wi-Fi évite de passer par le téléphone après chaque sortie, le transfert étant presque instantané. Pour les utilisateurs exigeants, les fichiers d’activité peuvent également être exportés au format .fit pour une analyse plus approfondie sur ordinateur.
En définitive, le Wahoo Elemnt Roam mise sur une connectivité complète, pensée pour les cyclistes utilisant déjà plusieurs capteurs et plateformes d’entraînement, tout en conservant une configuration simple au quotidien. À cet égard, il se compare bien au Garmin Edge 850.
Autonomie du Wahoo Elemnt Roam 3
Wahoo annonce une autonomie allant jusqu’à 25 heures pour le Wahoo Elemnt Roam 3, un atout le positionnant comme un compteur idéal pour les longues sorties et journées d’entraînement intensives. En réalité, cette promesse se vérifie facilement lors d’une utilisation classique, même en utilisant la navigation GPS et en connectant plusieurs capteurs.

Sur mes longues sorties, en maintenant un usage mixte d’itinéraires, d’affichage de données et de synchronisation des capteurs, l’autonomie s’est révélée robuste, sans besoin de recharge avant d’atteindre 20 heures d’utilisation. En limitant le rétroéclairage, on peut optimiser davantage la consommation sans nuire à l’expérience en plein jour. Je l’ai rechargé lorsqu’il a atteint environ 30 % de batterie après trois semaines d’utilisation. Cette autonomie est deux fois supérieure à celle mesurée avec le Garmin Edge 850.
Le Elemnt Roam 3 est capable de soutenir les longues sorties, les week-ends intensifs ou même des épreuves d’ultra-distance sans inquiétude sur l’autonomie. Cependant, il ne parvient pas à égaler le Coros Dura, dont l’autonomie m’a impressionné.
Prix et disponibilité du Wahoo Elemnt Roam 3
Le Wahoo Elemnt Roam 3 est proposé à 449,99 euros. Cela représente 50 euros de plus que l’ancien Elemnt Roam 2, mais 50 euros de moins que le Garmin 850.
Cela ne semble pas être une mauvaise affaire, mais est-il crucial de débourser autant alors que le Coros Dura répond à de nombreux besoins pour deux fois moins cher ? Désolé, mais depuis que j’ai essayé ce dernier, je risque d’être plus critique sur les tarifs des compteurs GPS.

