Réduction des heures creuses nocturnes : mauvaise nouvelle pour propriétaires de voitures électriques
La tarification dynamique d’Electra sur ses stations ultra-rapides passe le prix en heures creuses à 0,19 euros le kWh, mais nécessite un abonnement Smart facturé 4,99 euros par mois, sans quoi le tarif augmente à 0,39 euros le kWh. Environ 14,5 millions de foyers français ont souscrit à un contrat heures pleines/heures creuses pour bénéficier d’une tarification réduite la nuit, mais une réforme à partir du 1er novembre 2025 changera les créneaux tarifaires.
La période dorée de la recharge nocturne pour les voitures électriques touche à sa fin. Les abonnements complexes sur les bornes rapides, la modification des heures creuses en plein après-midi et l’augmentation nécessaire de la puissance du compteur vont obliger les propriétaires de véhicules électriques à s’adapter rapidement pour éviter de subir les effets de ces nouvelles tarifications.
Jusqu’à présent, recharger son véhicule à domicile la nuit représentait un avantage significatif pour les acheteurs de voitures électriques, car cela coûtait très peu. Cependant, ce modèle économique est en train de vaciller, risquant de transformer cette recharge nocturne en véritable piège financier.
Electra, un opérateur français, fait figure de proue dans ce changement. Il a en effet décidé de généraliser une tarification dynamique sur ses stations de recharge ultra-rapides les plus fréquentées. Sur le papier, cette offre peut sembler attrayante, avec un prix plancher de 0,19 euros le kWh en heures creuses. Cependant, un abonnement Smart, au tarif de 4,99 euros par mois, est requis pour bénéficier de cette offre. Sans cet abonnement, le prix des heures creuses grimpe à 0,39 euros le kWh.
Pour rentabiliser cet abonnement par rapport à l’option de base d’EDF, un automobiliste doit charger environ 1 000 kWh par mois sur ces heures creuses spécifiques, ce qui équivaut à parcourir environ 5 000 km par mois si son véhicule consomme 20 kWh/100 km. Pour atteindre les 6 000 km mentionnés par Electra, une consommation plus sobre de 17 kWh/100 km est nécessaire.
Il est à noter que les évolutions des prix ne seront visibles que sur l’application avant le branchement, fluctuant selon le moment de la journée et les stations pour éviter les pics de fréquentation. Electra ne fixe pas un calendrier standard pour ses heures creuses ; le prix est bloqué une fois la session entamée, mais les usagers qui rechargeraient en heures de pointe sans abonnement devront s’acquitter d’un tarif de 0,61 euro le kWh, ce qui alourdit considérablement la facture.
D’autre part, la recharge à domicile, en particulier la nuit, apparaît toujours plus avantageuse, mais elle est aussi menacée. Près de 14,5 millions de foyers français bénéficient actuellement des tarifs heures pleines/heures creuses (HP/HC), selon la Commission de régulation de l’énergie (CRE). Cependant, des modifications tactiques des plages de ces heures creuses sont à prévoir à partir du 1er novembre 2025. Cet été, par exemple, certaines heures creuses seront repositionnées entre 11h et 17h, lorsque la production solaire est maximale, supprimant les créneaux matinaux et nocturnes habituels.
Pour les travailleurs qui passent leur journée au bureau, profiter de cette électricité à prix réduit en milieu d’après-midi sera impossible. La réduction des heures creuses nocturnes signifie que les conducteurs vont devoir changer leurs habitudes et recharger à un prix plus élevé pendant la nuit, ce qui pourrait entraîner une hausse de leurs factures de 8 à 15 % selon le modèle de leur véhicule.
De plus, l’adaptation de son contrat d’électricité pour accueillir un véhicule électrique ressemble de plus en plus à une hausse déguisée. Les propriétaires devront investir dans une borne de recharge renforcée ou une Wallbox efficace, ce qui entraîne une augmentation de la puissance nécessaire (de 6 kVA à 9 kVA ou 12 kVA), causant une hausse immédiate et pérenne du coût de l’abonnement annuel.
Ainsi, à vouloir profiter des kilowattheures à prix réduit, les automobilistes se retrouvent piégés dans une situation financière instable. Cela dit, il est important de souligner qu’en heures creuses, la recharge d’une voiture électrique à domicile revient à environ 2,5 euros pour 100 km (environ 3,5 euros en heures pleines), contre près de 14 euros pour un plein d’essence ou de diesel, ce qui demeure une économie considérable.

