Rachat à 1,1 centime le kWh : l’État ne met-il pas fin aux panneaux solaires pour les particuliers ?
L’État prévoit une modification de l’arrêté S21, qui pourrait réduire le tarif de rachat à 1,1 ct €/kWh et supprimer les primes à l’investissement. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a présenté, le 10 avril 2026, un plan d’investissement de 10 milliards d’euros pour accélérer l’électrification des usages.
L’État semble vouloir définitivement mettre fin à la revente de surplus d’électricité solaire. Les aides aux petites installations pourraient subir une nouvelle modification radicale. Ceux qui envisagent d’installer des panneaux photovoltaïques devront désormais prévoir une batterie de stockage.
Un nouveau coup dur s’annonce pour le petit photovoltaïque. L’année dernière, des baisses drastiques avaient déjà été appliquées sur les primes à l’autoconsommation ainsi que sur les prix de rachat du surplus solaire, ce qui a constitué une véritable douche froide pour les particuliers souhaitant investir dans des panneaux solaires.
Une réforme encore plus sévère pourrait être mise en œuvre. Le Gouvernement a en effet présenté un projet d’arrêté modifiant l’arrêté S21 au Conseil Supérieur de l’Énergie. Si ce texte est adopté, le prix de rachat ne serait plus qu’une infime somme, tandis que les primes seraient quasiment supprimées.
### Des tarifs de rachat proches de zéro et des primes supprimées
Le projet d’arrêté prévoit un tarif de rachat réduit à 1,1 ct €/kWh, contre 4 ct € actuellement. En d’autres termes, le rendement d’une installation solaire pourrait être divisé par quatre, après une baisse de 66 % en 2025.
De plus, le surplus ne serait plus acheté durant les périodes de prix négatifs sur le marché, c’est-à-dire principalement lorsque la production solaire est à son maximum, généralement au printemps. Concrètement, le surplus de production serait alors injecté gratuitement dans le réseau électrique.
Les primes à l’investissement seraient également supprimées pour l’ensemble des installations. À titre de rappel, les montants actuellement en vigueur s’élèvent à 80 €/kWc pour les petites installations, 120 €/kWc pour les systèmes de 9 à 36 kWc, et 60 €/kWc pour ceux compris entre 36 et 100 kWc.
La possibilité de revendre la totalité de la production serait également supprimée. Si les petites installations de moins de 9 kWc ne peuvent déjà plus bénéficier de cette option, il en ira de même pour celles allant jusqu’à 100 kWc, pour lesquelles le prix est actuellement fixé entre 7 et 8 ct €/kWh.
Autant dire que toutes les rémunérations sur lesquelles les particuliers comptaient pour amortir rapidement leur installation seraient supprimées.
### Vers un modèle centré sur l’autoconsommation
Comme l’ont noté de nombreux observateurs depuis un certain temps, l’État cherche à réorienter les consommateurs vers l’autoconsommation, les encourageant à se tourner vers le stockage énergétique.
Ce virage est d’ailleurs en phase avec le rapport Lévy-Tuot, récemment remis au Premier ministre. Ce document formule plusieurs recommandations visant à optimiser le soutien public aux énergies renouvelables, en mettant l’accent sur la promotion de l’autoconsommation et le développement du stockage pour les petites installations. Sur le plan fiscal, le rapport recommande une TVA à 5,5 % sur les batteries ainsi qu’un prêt à taux zéro pour les installations solaires intégrant un système de stockage.
Quoi qu’il en soit, les installations solaires restent très rentables grâce à la baisse continue des prix des panneaux solaires depuis plusieurs années. C’est en partie pour cette raison que le gouvernement souhaite réduire les aides.
### Freiner le déséquilibre entre production et consommation
Cette réforme peut également être perçue comme un levier pour maîtriser le risque croissant de déséquilibre entre l’offre et la demande d’électricité sur le réseau. L’objectif serait de ralentir la cadence des nouvelles installations solaires chez les particuliers. En effet, si le parc de production continue de s’étendre, la consommation, elle, stagne, en raison du retard pris dans l’électrification des usages.
C’est dans ce contexte que le Premier ministre Sébastien Lecornu a présenté, le 10 avril 2026, une série d’annonces destinées à accélérer cette électrification, s’appuyant sur un plan d’investissement de 10 milliards d’euros.

