High-tech

L’Univers s’étend, nous ne savons pas pourquoi.

En 1929, l’astronome américain Edwin Hubble a montré que les galaxies s’éloignent d’autant plus vite qu’elles sont lointaines. Selon les mesures basées sur le rayonnement du Big Bang, l’expansion de l’Univers est d’environ 67 à 68 kilomètres par seconde et par mégaparsec, tandis que les observations de l’Univers proche donnent une valeur plus élevée, autour de 73 km/s/Mpc.


C’est l’un des grands mystères de la cosmologie moderne. Tout a débouché en 1929 avec l’astronome américain Edwin Hubble qui a démontré que les galaxies s’éloignent d’autant plus rapidement qu’elles sont éloignées.

Cette découverte représente un tournant fondamental : elle prouve que l’Univers n’est pas figé, mais en expansion continue. Depuis lors, les chercheurs s’efforcent de mesurer précisément la vitesse de cette expansion.

### Deux méthodes pour mesurer l’expansion de l’Univers

Les scientifiques s’appuient sur deux approches principales. La première consiste à observer les régions proches de l’Univers, en mesurant les distances de certaines étoiles, galaxies ou explosions stellaires dont la lumière est bien documentée.

La seconde méthode remonte beaucoup plus loin dans le temps. Elle repose sur l’analyse du rayonnement fossile du Big Bang, qui a été émis environ 380 000 ans après sa naissance.

En théorie, ces deux approches devraient fournir des résultats similaires. En pratique, elles entraînent un véritable casse-tête. En effet, la vitesse d’expansion de l’Univers varie selon la méthode utilisée.

Une étude récente, portant sur des décennies de mesures indépendantes, révèle que cet écart ne peut plus être attribué à de simples erreurs. Il pourrait, au contraire, signaler des limites dans notre modèle cosmologique actuel.

### Un écart minime… mais impossible à ignorer

Les mesures basées sur le rayonnement du Big Bang suggèrent une expansion d’environ 67 à 68 kilomètres par seconde par mégaparsec, alors que les observations de l’Univers proche fournissent une valeur plus élevée, aux alentours de 73 km/s/Mpc.

Ce désaccord, désigné sous le nom de « tension de Hubble », persiste malgré des mesures de plus en plus précises. Bien que l’écart puisse paraître faible, il dépasse largement ce que l’incertitude statistique peut expliquer.

« C’est ce qui rend la tension de Hubble si intéressante », explique Richard Anderson, astrophysicien à l’université de Göttingen. « Comparer les valeurs provenant de l’Univers primordial et de l’Univers actuel revient à tester les lois fondamentales de la physique à l’échelle cosmique, et cela suggère qu’il manque encore quelque chose. »

### Vers une nouvelle physique pour expliquer l’Univers

Le fait que cet écart perdure pourrait indiquer que les mesures de l’Univers primordial doivent être réévaluées en profondeur.

Ces résultats relancent également une hypothèse majeure : celle d’une nouvelle physique, encore inexplorée, capable d’expliquer l’énergie noire et l’expansion du cosmos.

Les prochaines générations d’observatoires pourraient éventuellement résoudre ce mystère, ou du moins, apporter des éléments de réponse.