Les voitures ne protègent pas les femmes comme les hommes.
En 2026, un mannequin féminin de crash-test sera officiellement présenté, ce qui pourrait augmenter la sécurité pour l’intégralité de la population. La NHTSA a signalé qu’entre 2000 et 2022, les femmes sont statistiques plus touchées que les hommes, avec une augmentation des risques de blessures modérées et graves de 46 % en cas de collision frontale.
Si les fabricants de voitures ont toujours mis en avant la sécurité de leurs véhicules, il a fallu attendre 2026 pour qu’un mannequin féminin de crash-test soit présenté officiellement. Cela laisse entrevoir une meilleure sécurité pour l’ensemble de la population.
Les crash-tests, où des véhicules sont lancés à grande vitesse contre un mur dans un laboratoire, permettent aux marques de communiquer sur la sécurité de leurs derniers modèles.
Les avancées en matière de sécurité sont indéniables : les voitures modernes n’ont jamais été aussi sûres, tant avant, pendant qu’après un accident. Tout semble parfait ? Ce n’est pas l’avis de la NHTSA, l’agence américaine équivalente à la Sécurité Routière, qui a demandé l’approbation d’un mannequin de crash-test… féminin.
En effet, bien que les crash-tests officiels, tant aux États-Unis qu’en Europe via l’Euro NCAP, utilisent des mannequins « femmes », ces derniers reprennent en réalité une morphologie masculine, ce qui a des conséquences concrètes.
La NHTSA part d’un constat simple : en cas d’accident, les femmes sont statistiquement plus exposées que les hommes. En analysant les données d’accidents sur la route entre 2000 et 2022, l’agence a conclu qu’une femme avait un risque accru de « blessures modérées et graves » :
– + 46 % en cas de collision frontale ;
– + 55 % en cas de tonneau ;
– + 62 % de blessures aux membres inférieurs lors d’une collision frontale (genou, cuisse, hanche, jambe, pied et cheville), dont + 128 % de blessures uniquement pour les pieds et les chevilles.
De plus, la NHTSA souligne que, plus un véhicule est récent, plus la disparité dans les risques de décès diminue. Si cette différence était de 18,3 % pour les voitures produites entre 1960 et 2009, elle se réduit à 6,3 % pour les modèles de la période 2010-2020, et même à 2,9 % entre 2015 et 2020.
En réponse à cela, la NHTSA a demandé l’approbation d’un nouveau type de mannequin de crash-test, le THOR-05F, développé par la société Humanetics. Ce mannequin est accompagné d’une brochure explicative.
THOR signifie Test device for Human Occupant Restraint, ou « Dispositif d’essai pour système de retenue d’occupant humain ». Le « 05F » représente le cinquième percentile de la population féminine, ce qui signifie que 5 % de cette population est plus petite et plus légère que ce mannequin.
Jusqu’à présent, les mannequins féminins reprenaient la morphologie masculine en étant simplement réduits en taille et en poids. Le THOR-05F mesure 1,51 m et pèse 47,3 kg, incorporant plusieurs innovations.
Loin d’être un simple gabarit réduit, le mannequin dispose d’une anatomie mieux adaptée au corps féminin à plusieurs niveaux (abdomen, thorax, os pelvien, bras et jambes), tout en présentant une augmentation significative des capteurs, passant de « moins de 75 » pour l’Hybrid III à « plus de 150 » pour le THOR-05F, ce qui permet de mesurer plus précisément les efforts subis par chaque partie du corps.
Parallèlement, Humanetics a créé un clone numérique de son THOR-05F, facilitant l’intégration des caractéristiques du mannequin dans des simulations de crash-tests virtuels.
À cet égard, des mannequins féminins virtuels existent déjà, leurs développements étant beaucoup plus rapides et économiques. Volvo, par exemple, en utilise depuis 2001, et a même conçu un modèle virtuel de femme enceinte. Son nouveau modèle EX60 intégrera d’ailleurs une ceinture de sécurité adaptative, capable de s’ajuster à la morphologie de la personne assise.
De son côté, l’Euro NCAP, organisme indépendant européen, a mis à jour ses critères d’évaluation en 2026, incluant désormais « un plus large éventail de morphologies de conducteurs et de passagers, y compris les personnes âgées et les enfants, grâce à des essais sur chariot et à des simulations virtuelles avancées. »
Quant au THOR-05F, il attend l’adoption d’une réglementation officielle définitive pour être utilisé dans les crash-tests américains, y compris ceux pour l’homologation des nouveaux modèles de voitures.

