High-tech

Le MacBook Neo peut-il faire tourner Cyberpunk 2077 ? Test de sa puce.

Le MacBook Neo, équipé d’une puce A18 Pro et de 8 Go de RAM, est principalement destiné à un usage bureautique mais peut faire tourner des jeux modestes en 3D. Les performances de Cyberpunk 2077 sur le Neo oscillent autour de 30 FPS en 1024p, mais la qualité d’image est souvent compromise, notamment avec l’activation de l’upscaling MetalFX.

Et si nous faisions tourner des jeux AAA sur le MacBook Neo ? Ce modèle, le plus abordable d’Apple, utilise une puce d’iPhone et, malgré cela, affiche de bonnes performances.
Source : Chloé Pertuis pour Frandroid

Le MacBook Neo est manifestement conçu pour un usage bureautique, propulsé par sa puce A18 Pro et ses 8 Go de RAM. Cependant, ses performances dans des scénarios multitâches (dans une certaine mesure) nous ont agréablement surpris et il est possible d’y jouer à des jeux 3D modestes.

Mais qu’en est-il des jeux nécessitant plus de ressources, tant du côté du processeur que du GPU ? Peut-il faire tourner des titres AAA spécialement optimisés pour Mac avec des réglages adéquats ? Nous avons décidé de soumettre la machine à l’épreuve avec trois jeux récents connus pour leur forte consommation de ressources : Cyberpunk 2077, Resident Evil 4 et Control.

Le MacBook Neo peut-il faire tourner des jeux AAA ?

Pour jouer dans des conditions optimales sur Mac, il est essentiel que le jeu soit optimisé pour l’API graphique Metal. Introduite il y a environ dix ans avec OS X El Capitan pour offrir un réel équivalent à DirectX dans l’environnement Apple, cette API a connu plusieurs évolutions afin d’accueillir des améliorations et fonctionnalités permettant de faire tourner davantage de jeux, cherchant à rivaliser avec la plateforme technique de Windows.

Bien que la puce A18 Pro provienne de la gamme iPhone 16 Pro de 2022, elle est compatible avec Metal 4, la dernière version de l’API intégrée à macOS 26 Tahoe. Elle devrait donc théoriquement pouvoir exécuter les jeux récents optimisés pour Mac.

Cyberpunk 2077, le baptême du feu

Cyberpunk 2077 est considéré comme une vitrine technologique par de nombreux utilisateurs. Nvidia l’utilise encore comme démonstration technique pour les avancées de son DLSS, et Apple en a fait un pilier de son offensive dans le domaine du jeu vidéo en 2022. Si jouer à Cyberpunk (hors ray tracing) est envisageable sur des puces M d’un MacBook Air avec une combinaison adéquate de réglages, qu’en est-il du Neo ?

D’emblée, il faut abandonner la définition native de l’écran, soit 2408 sur 1506 pixels. Cela procure un réel confort pour la navigation ou le travail, mais demeure totalement irréaliste pour le jeu. Il est préférable, sur un écran de 13 pouces, de se rapprocher d’une résolution 1080p avec des réglages de 1920 sur 1200 ou même, de 1637 sur 1024.

blank
Source : CD Projekt Red

Au lancement, Cyberpunk 2077 choisit automatiquement un ensemble de réglages entre Bas et Moyen, tout en activant l’upscaling MetalFX de manière dynamique pour atteindre les 30 FPS. En ajustant légèrement ces réglages et en réglant le MetalFX sur « Équilibré », la moyenne s’établit à 25 FPS en 1200p. Cette moyenne peut grimper à 30 FPS en 1024p, mais il faut alors sacrifier d’avantage la qualité d’image. L’activation du mode MetalFX Performance peut offrir quelques FPS supplémentaires, mais cela ne suffit pas à transformer l’expérience de jeu.

Il s’agit ici d’une moyenne, car les performances oscillent de manière importante, passant par de larges variations selon les scènes, avec un frame pacing totalement irrégulier. Réduire la définition n’apporte guère d’amélioration, avec une moyenne de 41 FPS.

En outre, MetalFX représente un véritable obstacle pour la qualité d’image, entraînant un rendu graphique flou et scintillant dans les scènes les plus complexes. Il est déjà impressionnant de réussir à faire tourner Cyberpunk 2077 autour des 30 FPS sur une puce d’iPhone.

Resident Evil 4 Remake, le plus jouable

Resident Evil 4 Remake est le troisième remake de la saga Resident Evil basé sur le moteur RE Engine, introduit avec Resident Evil 7. Optimisé pour PC, il l’est également pour Mac où tous les jeux de la saga ont été portés sur l’API Metal de macOS pour de meilleures performances. À noter qu’il est nécessaire de racheter ces jeux sur l’App Store d’Apple, les versions Steam n’étant pas encore compatibles avec Mac.

Ne bénéficiant pas du statut de jeu le plus récent de la franchise, il fonctionne plutôt bien sur le MacBook Neo. Il est à noter qu’aucune des résolutions proposées (y compris le réglage natif) ne permet d’afficher le jeu réellement en plein écran, chacune affichant des barres noires, même en mode plein écran. Certains modes présentent même des barres noires sur les côtés de l’écran.

Nous avons donc configuré le jeu à 1920 sur 1080 pixels sans activer l’upscaling MetalFX dans un premier temps. Avec les réglages de base entre Bas et Moyen, la qualité d’image est très bonne sur l’écran du Neo. Dans ce cas, le framerate oscille entre 20 et 35 FPS, rendant particulièrement difficile la survie dans le village lorsque le framerate ne dépasse pas les 25 images par seconde.

blank
Source : Capcom

Il est possible de diminuer la définition ou d’ajuster certains réglages, mais l’activation de l’upscaling MetalFX permet une expérience jouable. En mode Qualité, la technologie reste temporelle (se basant sur les images précédentes pour la mise à l’échelle), offrant ainsi un rendu bien plus convaincant et permettant de dépasser les 50 FPS dans certains cas.

Les performances restent cependant très inégales, avec des fluctuations de frametime impactant la stabilité générale. Le jeu est toutefois bien plus agréable visuellement que Cyberpunk 2077 sur le Neo, se rapprochant du cadre du « jouable ».

Control Ultimate à la peine

Control bénéficie depuis un an d’optimisations pour l’API Metal, tant sur l’App Store que dans sa version Steam, facilitant ainsi nos tests. Dans sa configuration d’origine, le jeu associe lui aussi des réglages graphiques entre Bas et Moyen, tout en activant de base l’upscaling MetalFX en mode Performance.

En 1080p sans upscaling, le jeu fournit une performance variant entre 20 et 25 FPS. L’activation de MetalFX rend le jeu jouable, en particulier avec le mode Performance qui permet d’atteindre facilement les 60 FPS. Cependant, cette option dégrade visiblement la qualité visuelle, même sur l’écran 13 pouces du Neo, car elle fonctionne sur une résolution de rendu interne de 960 sur 540 pixels (soit environ 540p).

blank
Source : Remedy Entertainment

Le gain de fluidité pourrait toutefois se heurter à une qualité de rendu discutable. Avec MetalFX réglé sur Équilibré ou Qualité, il est possible d’atteindre entre 30 et 40 FPS, et il est même envisageable d’améliorer ce score en réduisant la qualité des ombres.

Il est possible de jouer à une résolution proche de la native sur Control (2560 sur 1600) sans barres noires, permettant ainsi de bénéficier d’une qualité d’image supérieure, mais dans ce cas, la barre des 20 FPS est souvent difficile à franchir.

Une machine étonnamment capable

Nous nous attendions à voir le MacBook Neo peiner sur des jeux aussi exigeants, mais ses performances de la puce A18 Pro nous ont véritablement surpris en lui permettant d’exécuter des titres exigeants malgré leurs exigences techniques.

La stratégie d’Apple sur le marché des jeux vidéo ces trois dernières années repose principalement sur ses architectures de processeurs et graphiques, capables de faire fonctionner des jeux AAA tant sur mobile que sur Mac. Bien sûr, le confort d’un PC moderne (ou d’un MacBook Pro M5 Max) reste inégalé, avec des réglages au minimum et une qualité d’image souvent déplorable. Toutefois, la machine peut très bien s’en sortir dans certaines situations.

Pour des jeux moins ambitieux, elle pourrait s’avérer entièrement capable, notamment si ceux-ci sont optimisés pour l’API Metal de macOS. En résumé, il s’agit d’une plateforme de jeu complémentaire, à l’instar d’un iPhone.