High-tech

Le composant de 40 % de la batterie électrique sera « Made in France »

La construction de la première usine de matériaux actifs de cathode pour batteries de véhicules électriques, Neomat CAM, a débuté à Dunkerque, avec une capacité prévue de 40 000 tonnes par an dès 2028. Ce projet représente un investissement d’environ 500 millions d’euros pour la première phase et devrait générer 400 emplois directs une fois l’usine en exploitation.

Une avancée significative pour le secteur du stockage énergétique en France et en Europe. La France a lancé la construction de sa première usine de matériaux actifs de cathode pour les batteries de véhicules électriques. Ce projet devrait permettre d’approvisionner jusqu’à 500 000 véhicules par an.
Vue 3D du projet industriel Orano – XTC New Energy // Source : Orano/XTC New Energy

Située au sein du grand port de Dunkerque, l’usine Neomat CAM sera installée dans la « Vallée de la batterie » et fabriquera des matériaux actifs de cathode. Ce site des Hauts-de-France intégrera un écosystème industriel en pleine expansion, déjà composé de plusieurs gigafactories et acteurs du secteur.

Annonce faite en 2023, l’usine entre maintenant en phase de construction. La première pierre a été posée, en présence de plusieurs personnalités politiques, dont le ministre de l’Économie, Roland Lescure, qui a décrit le projet comme « maillon essentiel de l’électrification ». Neomat CAM est détenu à 49 % par le groupe français Orano, expert en combustible nucléaire, et à 51 % par le groupe chinois XTC New Energy, filiale d’un grand industriel spécialisé dans les matériaux de cathodes.

Le projet représente un investissement d’environ 500 millions d’euros pour cette première phase, dont près d’un quart provient du crédit d’impôt français pour l’industrie verte (C3IV). De plus, Neomat CAM a été labellisé « projet stratégique » au titre du Net Zero Industry Act européen en 2025.

500 000 véhicules électriques par an et des centaines d’emplois générés

Concrètement, l’usine ne produira pas les matériaux de A à Z : elle mélangera, dans des conditions contrôlées, du lithium avec un précurseur (le P-CAM) importé, à base de nickel, de cobalt et de manganèse. La technologie est celle de XTC, exploitée sous licence exclusive pour l’Europe, sans transfert de brevets : Orano mise sur un centre de R&D local pour acquérir progressivement le savoir-faire. En d’autres termes, la souveraineté visée est encore partielle au démarrage.

Les matériaux actifs de cathode (ou CAM pour Cathode Active Materials) sont des composants essentiels des batteries lithium-ion. Ils correspondent aux matériaux formant la cathode, composés de nickel, de cobalt et de manganèse.

Ces CAM représentent environ 40 % de la valeur de la batterie, selon l’entreprise, et leur rôle est tellement crucial qu’ils déterminent l’autonomie et la vitesse de recharge de la voiture. Avec une mise en service prévue fin 2028, cette nouvelle usine à Dunkerque prévoit de produire 40 000 tonnes par an. Une production capable de donner naissance à 64 GWh de batteries, suffisantes pour alimenter près de 500 000 véhicules électriques chaque année.

À plus long terme, le projet envisage une forte montée en puissance si les conditions de marché sont favorables, avec une capacité pouvant atteindre 80 000 tonnes par an, ce qui correspondrait à environ un million de véhicules électriques.

Le projet promet également des retombées économiques significatives pour la région des Hauts-de-France. Le chantier créera environ 400 emplois, et une fois l’usine exploitée, 400 emplois directs devraient être générés.

Sécuriser les approvisionnements européens

Ce projet s’inscrit dans l’ambition de compléter la chaîne de valeur des batteries en Europe et vise principalement les fabricants locaux. Le directeur général d’Orano affirme voir dans cette initiative « une avancée décisive pour sécuriser les approvisionnements européens, accélérer la transition énergétique et faire émerger à Dunkerque un savoir-faire stratégique au service de la mobilité décarbonée ».

L’entreprise cible particulièrement les gigafactories déjà présentes dans les Hauts-de-France, notamment dans la Vallée de la batterie, un immense pôle industriel dédié aux véhicules électriques et aux batteries en cours de création dans la région. Trois des usines établies seront approvisionnées par Neomat CAM.

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Source : Neomat

Bien que le projet se réalise sur le territoire européen, la Chine en détient la part majoritaire. Selon JIANG Long, directeur général de XTC New Energy, Neomat CAM souhaite être perçu comme la preuve que cette coopération entre acteurs européens et chinois peut générer de la valeur pour les deux parties. L’un bénéficie de la technologie et de l’expérience industrielle chinoises, tandis que l’autre bénéficie de l’implantation locale et de l’accès au marché européen.


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