Bixonimanie : Une maladie fictive a trompé l’IA et des scientifiques.
La bixonimanie, décrite comme une pathologie liée aux écrans, a été entièrement inventée par une équipe de chercheurs suédois pour évaluer la capacité des intelligences artificielles à repérer de fausses informations scientifiques. Plusieurs chatbots populaires ont intégré la bixonimanie à leurs réponses pendant de longs mois, certains la présentant comme une maladie crédible.

Les symptômes de la bixonimanie, tels que les irritations des yeux, les paupières assombries et les effets supposés de la lumière bleue des écrans, sont régulièrement mentionnés dans des contenus en ligne depuis 2024. Cependant, cette maladie n’existe pas. Elle a été complètement inventée par une équipe de chercheurs suédois dans le but de tester la capacité des intelligences artificielles (IA) à détecter de fausses informations scientifiques, selon un article de la revue Nature.
L’expérience a été initiée par la chercheuse Almira Osmanovic Thunström. Avec son équipe, elle a créé un scientifique fictif nommé Lazljiv Izgubljenovic, ainsi que de faux profils et deux prépublications respectant les standards académiques. Ils ont publié des textes utilisant des termes médicaux pour décrire la bixonimanie comme une pathologie liée aux écrans, accompagnés de tableaux et de photos. Ces articles mentionnaient toutefois une université fictive et une ville imaginaire.
Des références fictives
Les publications comprenaient également des remerciements à un personnage de dessin animé, ainsi que des références au Seigneur des anneaux et à Star Trek. L’une des études précisait même que les travaux qu’elle contenait étaient « totalement fictifs ». Malgré cela, plusieurs chatbots populaires ont intégré la bixonimanie dans leurs réponses pendant de nombreux mois, la présentant comme une maladie crédible et associant des symptômes, décrits par les utilisateurs, à cette pathologie imaginaire.
Cette situation ne s’est pas limitée aux IA conversationnelles, qui ont depuis reconnu que la bixonimanie n’existe pas. Des articles scientifiques authentiques ont ensuite cité ces faux travaux comme des sources valides. Certaines revues spécialisées ont donc dû retirer ou corriger des publications après la révélation de cette supercherie, rapporte TF1 Info. Pour les chercheurs à l’origine des études fallacieuses, cette expérience met en lumière la confiance excessive accordée aux IA et le manque de vérification dans le domaine académique.

