France

Ziegler France en liquidation judiciaire, 1.500 salariés touchés

Ziegler France et l’une de ses filiales ont été placés en liquidation sans poursuite d’activité par le tribunal de commerce de Lille métropole ce mardi, menaçant plus de 1.500 emplois. Deux autres filiales, Ziegler Services et Dornach, ont obtenu la poursuite de leur période d’observation jusqu’au 28 avril.


Plus de mille emplois en danger. Ce mardi, Ziegler France et l’une de ses filiales ont été placés en liquidation sans poursuite d’activité par le tribunal de commerce de Lille métropole, ce qui représente une catastrophe pour leurs environ 1.500 salariés en France.

La décision du tribunal a été accueillie par des cris de mécontentement de la part des salariés présents lors de l’audience, certains s’exclamant « sales voleurs » et « assassins ». « C’est un gâchis absolu », a déclaré Me Jean-Louis Borie, l’avocat représentant les salariés de Ziegler France.

« Si la situation avait été prise à bras le corps bien avant… »

Cependant, « le débat ne porte pas sur ce qui vient de se passer aujourd’hui » mais « sur ce qui s’est passé avant : pourquoi le bilan n’a-t-il pas été déposé il y a deux ans », lorsque la société était déjà en cessation des paiements ? s’est demandé Me Borie.

« Si la situation avait été prise à bras le corps bien avant, il aurait pu y avoir un plan social avec peut-être un peu de casse mais moindre que celle que nous allons subir actuellement », a ajouté David Clairet, délégué syndical central CGT de Ziegler France.

Malgré un placement en redressement judiciaire le 2 mars et seulement moins d’un mois pour trouver des repreneurs viables, la liquidation judiciaire était « inéluctable », a précisé Me Borie.

« Comme une tornade »

Amandine Damay, salariée de Satra, une filiale de Ziegler France également en liquidation mardi et basée dans les Hauts-de-France, était en larmes à la sortie de l’audience.

« Ça veut dire que c’est fini et que les portes se ferment dès ce soir […]. On s’y attendait, mais on ne voulait pas forcément y croire », a-t-elle exprimé.

« C’est arrivé comme une tornade […] Du jour au lendemain on n’a plus de travail », a commenté Xavier, salarié chez Ziegler France depuis huit ans, exprimant sa « colère » envers « un patron qui s’en fiche de nous » et qui « nous a laissés couler ».

Retrouver des repreneurs : mission impossible

Les difficultés de Ziegler France ne sont pas récentes, le tribunal de commerce ayant fixé la date de cessation de paiements au mois de septembre 2024. L’entreprise, dont le siège social est à Roncq près de Lille, n’a été placée en redressement judiciaire que début mars.

Les représentants du personnel ont été laissés « totalement dans l’ignorance » de la situation économique de l’entreprise, qui a affiché des « pertes abyssales » au cours des exercices 2023 et 2024, a encore signalé mardi Me Borie.

Avec l’augmentation actuelle des prix des carburants due à la guerre au Moyen-Orient, trouver un ou plusieurs repreneurs solides en moins d’un mois était presque impossible.

Il y avait des propositions de reprise pour certaines des cinquante agences que compte Ziegler France sur le territoire national, mais celles-ci étaient jugées « tellement dérisoires » par rapport à l’entreprise dans son ensemble, avait observé Me Borie avant l’audience.

Deux autres filiales en danger

Deux autres filiales, Ziegler Services et Dornach (services informatiques), ont également obtenu mardi la prolongation de leur période d’observation jusqu’au 28 avril. Le sort d’une autre filiale, Transco, sera examiné le 13 avril, d’après Me Borie.

Ziegler France fait partie du groupe familial belge Ziegler, fondé en 1908 et actif dans l’ensemble de la chaîne logistique mondiale. Début février, le groupe avait signalé qu’une « réflexion » était en cours pour stabiliser la situation de sa branche française et envisager un « remodelage possible » des activités.

« Monsieur Ziegler a essayé de faire son maximum mais malheureusement il n’est pas magicien », a commenté mardi son avocat, Me Ralph Boussier, affirmant que la volonté du groupe était « de sauver le plus de salariés possible ».