Viols et torture sur Laëtitia R. : 25 ans de réclusion pour Guillaume Bucci
Guillaume Bucci a été condamné à vingt-cinq ans de réclusion criminelle, avec une période de sûreté des deux tiers, pour viols aggravés, actes de torture et de barbarie, ainsi que proxénétisme sur Laëtitia R. Après plus de quatre heures de délibération, le verdict a été annoncé, et Laëtitia, mère de famille de 42 ans, a fondu en larmes tandis que l’accusé est resté impassible.
Le verdict est connu. Guillaume Bucci a été condamné à une peine de vingt-cinq ans de réclusion criminelle, avec une période de sûreté des deux tiers, par la cour d’assises des Alpes-de-Haute-Provence. Il était jugé pour viols aggravés, actes de torture et de barbarie, ainsi que pour proxénétisme à l’encontre de son ancienne compagne, Laëtitia R.
Agé de 51 ans et ancien directeur d’une agence bancaire, Bucci a été jugé depuis lundi pour avoir infligé de nombreux sévices à Laëtitia, sa compagne pendant sept ans, affirmant qu’ils avaient une relation sadomasochiste et qu’elle était consentante. Le ministère public avait requis une peine de réclusion criminelle à perpétuité.
### Des faits reconnus par l’accusé
Après plus de quatre heures de délibération, Laëtitia, mère de famille de 42 ans, a pleuré en entendant le verdict, tandis que l’accusé est resté de marbre. Au cours d’une semaine de débats publics, la majorité des actes – notamment des coups, un tatouage dégradant, de la zoophilie, des brûlures, des étranglements ou de la scatophilie – ont été admis par Guillaume Bucci. Il a également reconnu avoir imposé à son ex-compagne des relations sexuelles tarifées avec d’autres hommes, près de 500 selon Laëtitia.
« Les faits ne sont pas contestés, la question, c’est le consentement », a plaidé l’un des avocats de la défense, Arnaud Lucien. Sa collègue Charlotte Barriol a reconnu qu’il était « difficile de comprendre que certaines personnes puissent s’adonner à ces pratiques », mais elle a soutenu que les nombreux messages échangés entre le couple « démontrent que Laëtitia a été consentante ».
### Des « violences pures et dures »
Cependant, Laëtitia a contesté cette version durant la semaine de débats, auxquels ses quatre enfants ont assisté en partie. Avant le verdict, Bucci, avec des cheveux grisonnants et une fine moustache, a déclaré « regretter certaines choses », tout en niant, en larmes, être le monstre décrit. « Je ne pensais pas faire mal », a-t-il ajouté, malgré de nombreux documents attestant de la souffrance de son ex-compagne durant les pratiques qu’il lui imposait.
L’avocat de Laëtitia R., reconnue handicapée entre 50 et 80 %, a indiqué que sa cliente avait souhaité des débats publics, inspirée par le courage de Gisèle Pelicot, devenue une figure mondiale de la lutte contre les violences sexuelles en ayant témoigné publiquement des viols commis par son ex-mari et d’autres hommes.
Les enquêteurs ont contesté l’argument du sadomasochisme en soulignant qu’aucun « safe word » n’avait été établi pour interrompre les rapports. « Qu’il arrête de se cacher derrière le sadomasochisme », a déclaré Laëtitia à la barre, qualifiant les actes de « violences pures et dures ».

